Comme annoncé dans une dépêche de Guineematin.com, le ministre de l’Energie, Cheick Taliby Sylla, a lancé hier, jeudi 30 mai 2019, les activités de la semaine de l’électricité. C’est le complexe Kaléta-Souapiti, dans la sous-préfecture de Tondon, à Dubréka, qui a servi de cadre à la rencontre. L’occasion a été mise à profit pour saluer les actions engagées ces dernières années dans le secteur de l’énergie, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La délégation comprenait également Dr Ibrahima Kourouma, ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, des responsables du Projet d’Aménagement Hydroélectrique de Souapiti et de nombreux cadres du département de l’énergie.

La visite a commencé par la cité du maître d’ouvrage à quelques encablures du site où se construit le gigantesque barrage de Souapiti, d’une puissance estimée à 450 MW. Là, à l’aide d’une projection, les techniciens ont dégagé les caractéristiques de ce barrage hydroélectrique en cours de réalisation sur le fleuve Konkouré. C’est Le chef du département Génie Civil et celui du département Hydro-électro mécanique qui ont procédé à un brillant exposé dans ce sens.

Pour sa part, Amara Camara, directeur général du Projet d’Aménagement Hydroélectrique de Souapiti, a fait savoir que cette visite de terrain doit permettre de dissiper les incompréhensions et autres mauvaises interprétations de la réalité en ce qui concerne ce qui est entrain d’être fait dans le secteur de l’énergie.

Cheick Taliby Sylla

Le ministre Cheick Taliby Sylla, pendant plus de ¾ d’heure, est revenu sur le potentiel électrique de la Guinée, sur l’historique des études pour l’aménagement du fleuve Konkouré. Le ministre de l’énergie a vanté les progrès réalisés depuis 2015, lancement du barrage de Kaléta, à nos jours.

Toutefois, Cheick Taliby Sylla a regretté le fait que l’électricité soit vendue à un prix dérisoire en Guinée. « Il faut qu’on se dise la vérité, notamment en matière de subvention apportée à EDG (Electricité De Guinée). Dans les prévisions d’EDG, pour qu’on puisse donner de l’électricité sur la ligne interconnectée de Conakry à Labé, compte-tenu du fait qu’il y a un disfonctionnement par rapport au coût d’exploitation et au coût de revient, c’est-à-dire le tarif aux consommateurs finaux… EDG achète à 1400 francs guinéens l’énergie aux producteurs indépendants pour le revendre à 700 francs guinéens. Je n’ai jamais vu ça dans un commerce, sauf en Guinée. Mais, on a fait ça pour que le citoyen guinéen, quelque soit son revenu, puisse avoir accès à l’électricité. Donc, ce gap qu’on ne peut pas appliquer aux consommateurs, l’Etat guinéen subventionne, apporte de l’argent à EDG », a-t-il expliqué.

Pour faire face à cette subvention qui coûte chère à EDG, le ministre a demandé aux abonnés de faire un effort. « Les consommateurs guinéens doivent aider, puis qu’on ne peut pas augmenter le tarif, sinon le problème se résout par le tarif. Le Premier ministre l’a dit, cette subvention représente 300 millions d’Euros ».

Interpellé sur les menaces qui pèsent sur le fleuve Konkouré, Cheick Taliby Sylla a dénoncé la destruction de l’environnement immédiat avec les feux de brousse et la coupe abusive du bois pour faire le charbon. Il a intimé de prendre des mesures urgentes pour freiner cette hémorragie. « Dans le cadre du projet Kaléta, nous avons reboisé les têtes de sources ici. Je sais quelles sont les difficultés aux auxquelles on a été confronté. Des 280 ha reboisés, il n’y a plus rien. Les feux de brousse ont détruit complètement. Le bassin du Konkouré doit être classé bassin à préserver, où on doit tout faire pour équilibrer l’écosystème, afin de sauver le Konkouré. C’est grave ce qui se passe. Il faut très rapidement stopper cette déforestation massive dans le bassin et restaurer le couvert végétal. Ces flancs de collines, s’il n’y a pas de couverts végétal, c’est le drainage du sable et graviers, qui va créer l’ensablement de la retenue que vous voyez ».

Abdenbi Attou, DG EDG
Abdenbi Attou

De son côté, l’administrateur général d’EDG a tenté de justifier les délestages par le fait que la quantité produite ne suffit pas pour faire face à la demande de plus en plus croissante en électricité. Selon Abdenbi Attou, les délestages sont causés notamment par le déficit hydrique, les incidents d’origine atmosphérique et les dégradations volontaires de personnes mal intentionnées.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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