Abdoulaye Barry, secrétaire général de la FESATEL
Abdoulaye Barry, secrétaire général de la FESATEL (Fédération Syndicale Autonome des Télécommunications)

Il s’agit pour l’heure d’une simple proposition non encore confirmée, mais elle préoccupe déjà plus d’un. La recommandation faite récemment au cours des ateliers préparatoires des prochains examens nationaux et qui est relative à l’interruption des réseaux sociaux pendant ces examens ne laisse pas indifférente la Fédération Syndicale Autonome des Télécommunications (FESATEL).

Abdoulaye Barry, le secrétaire général de cette structure, n’exclut pas de déclencher une grève si cette proposition arrivait à être validée. Il l’a dit au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com ce vendredi, 31 mai 2019.

Couper les réseaux sociaux de 09 heures à 16 heures pendant tout le déroulement des examens nationaux prévus en juillet prochain, c’est l’une des recommandations faites pour le bon déroulement de ces examens. Une proposition surprenante et étonnante pour Abdoulaye Barry, secrétaire général de la Fédération Syndicale Autonome des Télécommunications (FESATEL). Selon lui, si cette proposition est appliquée, elle risque de porter un coup dur aux chiffres d’affaires des sociétés de téléphonie en Guinée. « Nous, en tant que fédération responsable au sein du secteur des postes et télécommunications, nous trouvons cette proposition du comité vraiment pas bonne. Parce que cela risque de jouer sur le chiffre d’affaire de nos différentes entreprises. Et, si le chiffre d’affaire est impacté, cela peut impacter le bilan de l’entreprise.

Donc, je pense que l’Etat étant responsable, ils ne vont pas accéder à cette demande de ce comité. Parce que comme vous le savez, partout dans le monde, il y a l’internet pendant les périodes des examens. Ça se passe ainsi partout : en France et même dans les pays de la sous-région. Ce comité aurait dû proposer au ministère d’autres facteurs allant dans le sens de sécuriser plus ces examens, plutôt que de penser à interrompre l’internet. La DATA, (Facebook, WhatsApp, Imo, Viber, Instagram) c’est ce qui fait le chiffre d’affaire aujourd’hui des entreprises. Donc, si cela est coupé, ça va jouer sur les chiffres d’affaires de ces entreprises de téléphonie », soutient-il.

C’est pourquoi, le secrétaire général de la FESATEL annonce que sa structure va rencontrer le ministre en charge des Postes, Télécommunications et de l’Economie Numérique pour échanger avec lui sur la question. Cependant, si le gouvernement accède à cette proposition, la FESATEL ne restera pas les bras croisés, souligne le syndicaliste. « Nous, en tant que dépositaires du pouvoir au sein de ces entreprises de téléphonie, nous avons un interlocuteur qui est là, le ministre en charge des postes et télécommunications. Nous allons le saisir de façon officielle à travers un courrier pour vraiment lui signifier l’impact négatif sur le chiffre d’affaire de nos différentes entreprises.

Perdre aujourd’hui un chiffre d’affaire même d’une journée, c’est coûteux, à plus forte raison trois semaines, nos salaires en dépendent. Ces entreprises ont aujourd’hui beaucoup de charges, trois semaines pour nous, c’est beaucoup. Je suis sûr que l’Etat guinéen ne va pas accéder à cette demande parce qu’elle pourrait impacter aussi négativement à d’autres corporations. Mais, si l’Etat accède à cette demande, la FESATEL va se réunir pour prendre une décision. Et, une grève n’est pas exclue », a-t-il prévenu.

A rappeler que c’est à l’occasion des ateliers régionaux préparatoires des examens nationaux session 2019, organisés par le ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation que la proposition d’interrompre les réseaux sociaux lors des examens nationaux session 2019 a été faite. Reste à savoir si elle sera adoptée ou rejetée.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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