Politique : le parti de Mouctar Diallo dit oui à une nouvelle constitution

9 juin 2019 à 18 06 50 06506

Le parti Nouvelles Forces Démocratique (NFD), dirigé par l’actuel ministre de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, Mouctar Diallo, se déclare officiellement favorable à une nouvelle constitution. La formation politique l’a fait savoir à travers une déclaration publiée ce dimanche, 09 juin 2019 à Conakry. La formation politique justifie son adhésion au projet de nouvelle constitution notamment par le non-respect de la procédure d’adoption de la loi fondamentale en vigueur depuis 2010 dans notre pays et des lacunes constatées dans le texte.

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de la déclaration lue devant la presse par le président du parti NFD et ministre de la jeunesse, Mouctar Diallo.

Guinéennes et Guinéens :

Considérant que le mode d’adoption d’une Loi fondamentale d’un Etat est aussi important que son contenu ;

Prenant en compte les nombreuses contestations sur la légitimité de la Constitution du 7 Mai 2010 en raison notamment de l’absence totale du peuple et de ses représentants dans son élaboration et son adoption ;

Considérant que le Conseil National de la Transition (CNT) et le Président de la Transition par intérim n’avaient aucun mandat et ne bénéficiaient d’aucune légitimité pour promulguer une Constitution au nom du peuple ;

Constatant que le passage « Libre de déterminer ses Institutions, le Peuple de Guinée adopte la présente Constitution » contenu dans le préambule de la constitution du 7 Mai 2010 n’est que pure imposture car le peuple n’a jamais adopté ladite Constitution ;

Considérant d’autres lacunes de l’actuelle Constitution notamment dans l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics et la nécessité d’améliorer substantiellement son contenu ;

Considérant que l’article 2 al.1er, de Constitution reconnaît la souveraineté nationale au peuple qui a le pouvoir non seulement de réviser la Constitution, mais surtout de la faire et de la défaire ; et qu’il a un « droit imprescriptible de changer sa constitution » ;

Considérant que la démocratie est « le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple » ;

Considérant l’inexistence de texte interdisant le recours au référendum pour l’adoption d’une nouvelle Constitution et le principe général de droit selon lequel « tout ce qui n’est pas interdit est permis » ; Tenant compte du silence de la Constitution de 2010 sur sa procédure d’abrogation, et partant du principe général de droit qu’« il ne faut pas distinguer là où la loi ne distingue pas », nous soutenons qu’il n’existe aucun obstacle juridique

qui empêche au Président de la République d’utiliser son pouvoir d’initiative en matière de révision constitutionnelle (article 152 de la Constitution) pour proposer au peuple une révision (modification) totale de la Constitution, un changement de constitution ;

Considérant que conformément à l’article 152 de la Constitution, la consultation du peuple à la suite d’un référendum initié par le Président de la République qui bénéficie d’une légitimité incontestable et incomparable reste la voie la plus démocratique pour procéder à un changement de Constitution ou pour trancher sur une contradiction majeure entre deux positions divergentes sur une question aussi importante qu’est la Constitution ;

Considérant l’article 28 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 : ‘’un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures’’ ;

Adhérant aux propos de Jean Jacques Rousseau qui déclarait que : ‘’Un peuple est toujours maître de changer ses lois, mêmes les meilleures’’ ;

Considérant qu’en tant que gardien de la Constitution et garant du fonctionnement régulier des institutions (Article 45 de la Constitution), le Président de la République est l’autorité la mieux placée, la plus légitime pour initier et proposer à la Nation un projet de nouvelle Constitution ;

Respectant la position de ceux qui sont opposés à l’idée d’une nouvelle Constitution ce qui dénote de la vigueur démocratique de notre pays ;

Regrettant que le débat actuel sur une nouvelle Constitution soit biaisé par certains acteurs politiques et leurs acolytes alors qu’il a, en réalité, un enjeu plus politique que juridique ; Considérant que l’opportunité politique du référendum relève du pouvoir discrétionnaire du Président de la République ;

Nous affirmons que l’occasion est donc opportune de restaurer le Peuple dans ses prérogatives de détenteur du pouvoir constituant originaire et de donner toute la légitimité requise à la Loi suprême de notre pays.

Le Parti Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), membre de la mouvance présidentielle, après un débat interne ouvert, inclusif et démocratique impliquant toutes ses structures basées à Conakry, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, décide de soutenir vigoureusement l’idée d’une nouvelle Constitution exprimée par le parti au pouvoir, le RPG Arc en ciel, en vue de favoriser un meilleur fonctionnement de l’Etat pour le bonheur du peuple de Guinée.

Le Bureau Politique National de NFD demande ardemment à nos militants, sympathisants et au brave peuple de Guinée de soutenir sans réserve l’adoption d’une nouvelle Constitution conformément aux lois de la République.

NFD dit oui à une nouvelle et meilleure Constitution qui favorisera l’émergence d’une Guinée unie, paisible, démocratique et prospère.

Vive la République !

Conakry, le 8 Juin 2019.

Le Bureau Politique National de NFD

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Le FNDC-Siguiri menace : « les promoteurs d’un 3ème mandat seront battus »

9 juin 2019 à 18 06 43 06436

Le Front National pour la Défense de la Constitution poursuit son implantation sur le terrain afin de barrer la route au projet de nouvelle constitution visant à octroyer un troisième mandat au président Alpha Condé. La structure qui regroupe des partis politiques d’opposition, des activistes de la société civile, des syndicats et des artistes entre autres, a désormais une représentation à Siguiri. Cette antenne a été mise en place ce dimanche, 09 juin 2019 dans cette préfecture, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

Malgré la sortie du maire de Siguiri, Koumba Sékou Magassouba, qui a passé un communiqué à la radio, interdisant l’installation d’une antenne du FNDC dans la ville, la structure a été mise en place. La cérémonie a eu lieu au siège de l’Union des Forces Républicaines (UFR). Après la mise en place du bureau de cette antenne préfectoral, le porte-parole de la structure, Amadou Guissé, a salué l’engouement suscité par le Front National pour la Défense de la Constitution auprès de la jeunesse de Siguiri.

Amadou Guissé

« La mobilisation de ce matin est un avertissement pour tous les marchands d’illusions. Aujourd’hui plus qu’hier le peuple de Siguiri, à travers sa vaillante jeunesse, aura déjoué le coup d’État constitutionnel en préparation. Le front national pour la défense de la constitution dont nous installons aujourd’hui l’antenne préfectorale à Siguiri est un creuset pour unir tous les Guinéens patriotes en transcendant les clivages politiques, ethniques, religieux.

Ceux qui ont utilisé l’ethno-stratégie comme front politique trouveront le FNDC sur leur chemin tortueux. Comme en 1958, le peuple guinéen dit non aux promoteurs d’une nouvelle constitution », a dit Amadou Guissé, membre de l’UFDG.

Dr Moussa Oriya Keïta
Dr Moussa Oriya Keïta

Egalement membre de ce front anti-3ème mandat, Dr Moussa Oriya Keïta, influent activiste de la société civile de Siguiri, a déclaré que « certains disent qu’ils sont prêts à l’affrontement, nous aussi nous sommes prêts à l’affrontement. La Guinée n’appartient à aucune personne, elle n’appartient à aucune ethnie, elle appartient aux guinéens. Il y a 26 ans, ce qui s’est passé aujourd’hui était inimaginable, Siguiri a prouvé aujourd’hui que Siguiri n’appartient à aucun parti politique, Siguiri appartient aux Siguirikas, elle appartient à la vérité et non aux mensonges.

La constitution qui est en vigueur aujourd’hui, c’est une constitution qui a été rédigée en présence des amis d’Alpha Condé, des membres du RPG, il y a même une disposition qui a été enlevée en sa faveur : c’est la limitation d’âge. Au-delà d’être politiciens, soyons musulmans, soyons croyants. Lorsque conté a introduit le Koudaïsme en 2001, les personnes qui soutiennent la nouvelle constitution aujourd’hui l’avaient combattu.

Ils nous avons trompés par des idées tordues hier pour combattre Lansana conté, ils ont monté les Malinkés contre lui qui a dit « N’fattara ». Aujourd’hui, ils disent si vous laissez Dalein prendre le pouvoir il va combattre les Malinkés, tout est faux. Aujourd’hui, le FNDC est l’arme fatale, il est incolore, inodore et sans saveur, il est venu pour sauver la Guinée », a-t-il assuré.

Baba Fofana, responsable de l’UFR et coordinateur du FNDC à Siguiri,
Baba Fofana

De son côté, Baba Fofana, responsable de l’UFR et coordinateur du FNDC à Siguiri, a annoncé la poursuite de ce processus d’implantation dans toute la préfecture, afin de barrer au projet de changement de constitution et de troisième mandat pour Alpha Condé. « Rien ne peut nous arrêter dans notre combat. Après cette antenne préfectorale, nous installerons des antennes dans toutes sous-préfectures. Les promoteurs d’un troisième mandat seront battus parce que le peuple de Siguiri s’est réveillé », a prévenu l’opposant.

A noter que malgré son interdiction par le maire, cette cérémonie d’installation du FNDC à Siguiri s’est déroulée sans aucun incident.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Meurtre de Boukariou : le maire de Hafia charge des forces de l’ordre : « c’est eux qui l’ont tué »

9 juin 2019 à 11 11 01 06016
Elhadj Mouhamadou Tambata Diallo, maire de la commune rurale de Hafia
Elhadj Mouhamadou Tambata Diallo, maire de la commune rurale de Hafia

La mort par bastonnade de de l’étudiant Amadou Boukariou Baldé, à l’université de Hafia a créé l’émoi au sein de l’opinion guinéenne, particulièrement à Labé. Pour le maire de la commune rurale de Hafia, il n’y a l’ombre d’aucun doute : ce sont les forces de l’ordre qui ont tué ce jeune étudiant, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Labé.

Elhadj Mouhamadou Tambata Diallo, maire de la commune rurale de Hafia, a commencé par présenter ses condoléances à la famille biologique de cet étudiant et au peuple de Guinée.

Selon le maire, c’est depuis Conakry où il séjournait qu’il a appris ces malheureux évènements qui ont endeuillé sa circonscription. Mais, rappelle-t-il, des informations qu’il a pu collecter depuis son retour il y a près d’une semaine, les revendications portées par les étudiants ne devraient pas aboutir à mort d’un homme. « C’est vrai qu’il y a eu de nombreux dégâts ; mais, cela ne devait pas aboutir à la mort de notre compatriote. La vie humaine est très chère pour être ôtée de cette façon. Selon ce qui nous a été rapporté, les responsables de l’université ont pêché par endroit. Nous savons tous que quand quelqu’un est accidenté et qu’il est gravement blessé, qu’il y a même une victime qui a la jambe amputée, ceux-ci ne peuvent pas passer l’examen. On ne devait pas les convoquer dans l’état qu’ils sont pour une évaluation », déplore-t-il.

Pour Elhadj Mouhamadou Tambata Diallo, l’attitude des agents de la sécurité dans le rétablissement de l’ordre a été chaotique. « Quand quelqu’un a des problèmes, il doit compter sur la sécurité pour le protéger. Tout le monde sait quand les élèves sont en colères, ce n’est pas facile de les maitriser. Les forces de l’ordre devaient donc agir avec tact et non pour tuer quelqu’un. Si ces forces de l’ordre qui ont été amenées pour rétablir l’ordre ne pouvaient pas, ils pouvaient trouver d’autres moyens que de tuer. Mais, ils ont pêché en tuant ce jeune. Ça, ça ne nous a pas plus du tout plu. Les gens sont unanimes que ce sont les forces de l’ordre qui l’ont tué. Ils l’ont mortellement frappé. On nous parlé d’enquête. C’est du faux parce qu’ils connaissent ceux qui sont venus à l’université, ils connaissent le nombre de pick-up et l’effectif des agents qui sont venus, s’ils veulent aujourd’hui arrêter ceux qui ont tué cet étudiant, ils l’auraient fait il y a longtemps », a-t-il renchéri.

Enfin, le maire de Hafia invite les responsables de l’université de Hafia à beaucoup plus de responsabilité dans la prise de décisions. « Les encadreurs de l’université de Hafia doivent savoir raison garder. Nous sommes aujourd’hui dans un monde où personne ne peut obéir aveuglement à des ordres illégaux. Toutes les choses sont aujourd’hui à portée de main, les gens sont à présent éveillés. Les gens connaissent leurs droits et leurs devoirs aujourd’hui. Donc, on ne peut plus imposer des mesures impopulaires à quelqu’un. Les encadreurs de l’université doivent œuvrer à unir les gens. Aux étudiants, ils doivent éviter de réagir de telles façons. On ne doit pas sous l’effet de la colère gâter les biens publics », a-t-il dit.

A noter qu’une réunion qui a regroupé encadreurs, le gouverneur de la région administrative de Labé et la mission du ministère de l’enseignement supérieur venue de Conakry a été tenue hier, samedi 08 mai 2019, au siège du Gouvernorat de Labé. L’objectif était de trouver une solution rapide à cette crise pour la reprise des cours à l’université à partir de demain, lundi.

De Labé, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Madifing Diané, gouverneur de Labé, au député Cellou Baldé : « vous allez traverser une vie amère »

9 juin 2019 à 10 10 58 06586

En conférence de presse hier samedi, 08 juin 2019 au sujet du meurtre de Boukariou Baldé, battu à mort par des policiers à l’université de Labé, le gouverneur de la région a évoqué ses relations avec le député uninominal de Labé. Madifing Diané est revenu notamment sur un échange qu’il a eu avec l’honorable Cellou Baldé le jour et le lendemain de la fête marquant la fin du Ramadan. Un échange très tendu qui s’est terminé par des conseils, selon les révélations du gouverneur Madifing Diané.

Madifing Diané et Cellou Baldé à la prière

« Le jour de la fête, j’ai eu la chance d’avoir le député uninominal (Cellou Baldé, ndlr), par la grâce de Dieu, à côté de moi, sur la natte de prière. J’ai été amère avec lui, amère. J’ai dit monsieur Honorable, je ne suis pas un prophète, mais avec le comportement que vous avez, j’ai la certitude que vous allez traverser une vie amère, amère. Vous, député de cette ville, un problème aussi grave se présente dans cette ville, vous n’avez même pas la gentillesse pour votre population de vous adresser aux autorités qui gèrent cette affaire pour connaitre ce qui s’est passé. Vous vous contentez des racontars, des ragots, vous diffamez des gens. C’était tellement tendu, il a dit je viendrai demain à votre bureau, on est à la mosquée. J’avais oublié qu’on est sur la place de prière tellement que j’étais excité.

Il est venu jusqu’à mon bureau, ça s’est bien passé. Je lui ai donné seulement des conseils. En le regardant, je lui ai dit moi que vous voyez, j’ai cinquante ans de service. Ma promotion est là. Professeur Bonata est là. Nous sommes de la troisième, quatrième et cinquième promotion de cette université. Je lui ai dit que j’aime Labé plus que toi, il a non, j’ai dit si. Par trois fois on revient sur le même sujet. La quatrième fois, il dit pourquoi vous dites ça monsieur le Gouverneur ? Je lui ai dit, j’attendais justement cette question. J’ai dit toi, tu es né dans cette ville, tu ne l’as pas choisi, tu t’es vu dedans. Ce qui est bon colle à toi, ce qui est mauvais encore colle à toi. Mais moi je ne suis pas d’ici, je suis de l’est de ce pays, très loin d’ici.

Mais moi j’ai regardé de dehors cette région et je l’ai aimée, je l’ai adoptée et elle m’a adopté. C’est ici que j’ai débuté ma grande carrière. C’est de ce petit bureau de la sûreté ici que je suis allé à Conakry comme directeur général des services de police depuis le deuxième régime jusqu’au troisième régime j’ai été ministre et j’ai occupé toutes les fonctions. Donc moi j’ai aimé (Labé), ça ce n’est pas biologique. Toi (Cellou Baldé, ndlr), que tu le veuilles ou pas, ça colle à toi. Moi je l’ai choisi, si ça ne me plais pas, je jette dehors. Mais ça me plais, c’est pourquoi je m’y accroche. Ce qui justifie ma nomination à ce poste de Gouverneur qui n’était pas dans mon objectif (…)

Refusez de vous accommoder à cette vie politique qui, à mes yeux, est inutile et futile alors que les préoccupations sont majeures. J’ai visité la région de bout en bout en quelques mois. Je n’ai vu que la misère et la grande pauvreté. Je n’ai entendu que des mensonges. Vous ne vous aimez pas. C’est ça la réalité des choses », a dit Elhadj Madifing Diané.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Une responsable de l’Université de Labé : « j’ai dit à Amadou Boukariou, si tu meurs aujourd’hui… »

9 juin 2019 à 9 09 19 06196
Madame Diallo Fatoumata, responsable des relations extérieures et de la coopération scientifique de l’université de Labé

La mort par bastonnade d’Amadou Boukariou Baldé, étudiant en Licence 2 informatique à Labé, continue de faire couler ancre et salive dans la ville de Karamoko Alpha Mö Labé. La responsable des relations extérieures et de la coopération scientifique de ladite université vient de réagir par rapport à ces émeutes qui ont conduit à la mort à la fleur de l’âge de cet étudiant. C’était à l’occasion d’un entretien accordé à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Labé, hier, samedi 08 juin 2019.

Madame Diallo Fatoumata a commencé par présenter ses condoléances à l’encadrement, à la famille de la victime et à ses proches. Selon elle, tout a commencé lorsque le rectorat a été saisi d’une réunion le vendredi avec des étudiants mécontents par rapport à une évaluation qui devait être faite. « Nous sommes venus, ils (les étudiants) nous ont narré l’histoire de la chose que nous ne connaissions pas bien, que moi personnellement je ne connaissais pas. Qu’il y a la présence de deux étudiants victimes d’un accident qui s’était produit au mois d’avril dernier pendant les congés de pâques. Nous étions en négociations, les points de revendication des étudiants étaient les suivants : que les enfants-là obtiennent leurs diplômes, qu’un conseil d’université soit créé dans l’enceinte universitaire, que le transport aller-retour des enfants victimes lors de leur déplacement soit remboursé et qu’il n’y ait aucune poursuite. Nous étions tombés d’accord sur la non poursuite des étudiants et le paiement du transport des enfants. Pendant que nous étions dans ces discussions, les étudiants ont commencé à lancer des pierres en scandant : Diplôme ou la mort ! Recteur zéro ! Quand j’ai voulu ouvrir la porte, le planton qui était là m’a demandé de ne même pas essayer. A un moment, nous avons entendu du bruit, parce qu’il y avait les pick-up de la sécurité qui étaient arrivés. Et, nous avons vu les étudiants se ruer vers ces pick-up… », a-t-elle expliqué.

A l’issue de cette intervention des forces de l’ordre, indique madame Fatoumata Diallo, « les étudiants se sont dispersés. Mais, vous savez que derrière l’université, il y a des buissons. Donc, moi, je voyais les pierres venir de tous les côtés ; mais, je ne voyais pas ceux qui les lançaient. Un moment après, ils nous ont envoyé Amadou Boukariou Baldé, il saignait. Moi, je lui ai parlé. Ce que je lui ai dit, Dieu m’est témoin, je lui ai dit : regarde ce que vous vous êtes faits maintenant ? On vous a demandé d’arrêter de jeter les pierres, si tu meurs aujourd’hui, tu aurais perdu. Les gens pour lesquels tu te bats aujourd’hui sont dans la salle de réunion ici. J’avoue que, je ne savais pas qu’il serait mort aujourd’hui. C’est ensuite que moi-même je me suis retournée dans la salle de réunion, j’ai pris les clés de la voiture des mains du secrétaire général je les ai remis à notre chef des travaux. J’ai dit à Adama Condé, un jeune étudiant qui nous menaçait de l’accompagner. Parce que si les étudiants le voient seul dans la voiture aussi, ils risquent de lui faire du mal. C’est ainsi qu’ils sont allé chercher Boukariou au centre de santé pour l’envoyer à l’hôpital régional », a-t-elle dit.

Enfin, la responsable des relations extérieures et de la coopération scientifique a précisé qu’Amadou Boukariou Baldé était conscient lorsqu’il a été transporté par une moto de l’université pour le centre de santé de Hafia. « Quand je lui parlais, il ne m’a rien dit. Mais, il marchait lui-même, il est venu s’asseoir lui-même. Et, quand ils l’ont envoyé parce qu’ils l’ont pris sur une moto pour l’envoyer au centre de santé. Il a marché lui-même pour monter sur la moto, pour aller au centre de santé. Parce que c’est après qu’ils sont revenus pour nous dire que sa situation s’aggrave, que le chef du centre de santé dit qu’il faut le référer à l’hôpital », a ajouté madame Fatoumata Diallo.

Entretien réalisé à Labé par Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

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Un burkinabé retrouvé mort dans un motel à Siguiri : 16 suspects interpellés

9 juin 2019 à 8 08 11 06116

Youssouf Kaboré, un ressortissant burkinabé a été retrouvé mort hier, samedi 08 juin 2019, dans un motel à Tonbökö, un district relevant de la sous-préfecture de Doko, dans la préfecture de Siguiri. La gendarmerie qui parle d’une mort suspecte a interpellé 16 personnes, a appris le correspondant de Guineematin.com à Siguiri.

C’est dans la matinée de ce samedi qu’un groupe de personnes a transporté le corps de la victime, qui est décédée dans une chambre d’un motel, au centre de santé de Tonbökö. Le sergent-chef Aboubacar Bachir Condé, médecin légiste en service à la gendarmerie de Siguiri, est allé faire l’autopsie du corps. Après son travail, il n’a fait aucune conclusion sur les circonstances de la mort de Youssouf Kaboré, mais s’est fait tout de même deux hypothèses.

« Lorsque nous avons reçu le corps, nous avons trouvé des plaies sur sa langue et du sang sur sa dentitions. Nous avons donc fait deux hypothèses : soit il a bu, il est tombé et sa tête s’est cogné contre un objet dur qui a causé sa mort, ou alors il a frappé par quelqu’un. Ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est qu’il est mort par suite d’un traumatisme crânien », a-t-il indiqué.

Le médecin a ajouté toutefois que cette mort est suspecte. C’est pourquoi, 16 suspects ont été interpellés. « Je qualifie cela d’une mort suspecte. Un groupe est venu déplacer le corps de la chambre du motel au centre de santé de Tonbökö. Pourquoi ils ont déplacé le corps sans informer les autorités ou les services de sécurité ? C’est ainsi que ces personnes ont été donc interpellées par la gendarmerie de Siguiri », a dit le sergent-chef Aboubacar Bachir Condé.

Les 16 suspects ont été entendus par la gendarmerie puis déférés immédiatement au tribunal de première instance de Siguiri.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Débat autour d’une nouvelle constitution : ce que Saikou Yaya de l’UFR demande à l’armée

9 juin 2019 à 7 07 30 06306

La question d’un changement de constitution visant à permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat continue de préoccuper et de focaliser les attentions des partis politiques d’opposition. C’est le cas de l’Union des Forces Républicaines, parti dirigé par Sidya Touré.

La formation politique a évoqué encore une fois le sujet lors de son assemblée générale d’hier samedi, 08 juin 2019. L’honorable Saikou Yaya Barry, député de l’UFR et secrétaire administratif du parti, a indiqué qu’il n’y a pas de débat possible sur cette question, lançant un appel aux forces de défense et de sécurité du pays.

« L’affaire de modification de la constitution ou de troisième mandat, il n’y a pas de débat possible sur ça. On n’est pas dans un débat, on ne fait pas le débat parce que notre constitution, c’est nous qui avons la vérité. Nous défendons une constitution qui a permis l’élection d’un président pendant deux mandats.

Nous défendons une constitution sur laquelle il se base pour avoir une armée à côté de lui, pour avoir la police autour de lui, et nous en appelons à la bonne conscience des forces de défense et de sécurité aujourd’hui. Ils sont guinéens comme nous, ils ont leurs familles en Guinée comme nous, ils ont des enfants en Guinée comme nous, ils souffrent comme nous. Je leur demande de défendre la constitution guinéenne. C’est notre constitution.

Nous demandons aux forces de défense et de sécurité de défendre le peuple de Guinée, pas des délinquants machiavels qui veulent prendre notre pays en otage, pas des gens qui veulent utiliser les ressources du pays pour leur profit personnel (…) Nous demandons aux forces de défense et de sécurité de défendre le peuple, de défendre l’État, de défendre la nation et donc notre pays au détriment de quelques individus qui veulent transformer notre pays en un champ de bataille. Tout citoyen doit défendre la constitution », a lancé l’opposant.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622919225 / 666919225

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