La mort du jeune Amadou Boukariou Baldé à l’université de Labé, suite à l’intervention des forces de l’ordre, continue d’occuper l’actualité. Le député uninominal, Cellou Baldé, a réagi aux propos acerbes tenus contre lui par le gouverneur de la région. Madifing Diané a prédit que le député « va traverser une vie amère », rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

A l’occasion d’une conférence de presse, le gouverneur de Labé s’en est pris violemment au député uninominal. A l’occasion de cette conférence de presse, Madifing a déploré les propos tenus par le député suite à la bastonnade mortelle de l’étudiant Amadou Boukariou Baldé, le 31 mai 2019.

Selon Madifing Diané, à l’occasion de la fête de fin de Ramadan, il a eu un échange avec Cellou Baldé. « J’ai dit, monsieur Honorable, je ne suis pas un prophète, mais avec le comportement que vous avez, j’ai la certitude que vous allez traverser une vie amère, amère. Vous, député de cette ville, un problème aussi grave se présente dans cette ville, vous n’avez même pas la gentillesse pour votre population de vous adresser aux autorités qui gèrent cette affaire pour connaitre ce qui s’est passé. Vous vous contentez des racontars, des ragots, vous diffamez des gens ».

Des propos qui ne passent pas chez Cellou Baldé. Dans sa réaction, le député a exprimé sa surprise avant de donner sa version des faits. « Je suis surpris qu’un responsable de son niveau puisse mentir délibérément pour faire plaisir à sa conscience. Parce que, le gouverneur ne m’a jamais adressé de tels propos. Voilà ce qui s’est passé pour revenir aux faits : nous nous sommes rencontrés à la prière de l’Aïd-el-Fitr. Je suis venu le premier, quand il est venu me trouver, je me suis levé, on s’est salué. Il m’a dit, toi et moi, aujourd’hui on va parler et on va prier avec le cœur. J’ai dit d’accord, il n’y a pas de problème. En ce moment, l’imam n’était pas arrivé. Il m’a dit, il se raconte ici que les forces de l’ordre sont venus tirer, tuer à bout portant l’étudiant Boukariou ? J’ai dit, ça je ne sais pas. Seulement, moi j’ai dit que le jeune est mort par bastonnade, les forces de l’ordre ont été réquisitionnés et ils n’avaient pas le droit de venir dans le cadre du rétablissement ou du maintien de l’ordre publique, tué un jeune et j’assume mes propos. Il m’a dit non. Tout ce qui se dit dans les radios et des réseaux sociaux, ce n’est pas ce qui s’est passé. Si vous voulez la vérité, venez à la source, mon bureau est ouvert. C’est lui qui a sollicité à ce qu’on se rencontre », a expliqué le député.

Par ailleurs, Cellou Baldé dit avoir été au bureau du gouverneur où ils ont eu un long échange. « Le lendemain, quand je suis parti à son bureau de 11 heures à 14 heures, on était dans son bureau. Il a passé presque tout son temps à parler de sa vie et du PDG. La seule chose que Madifing m’a dite, c’est ce que je suis jeune, mais je suis passionné. Je lui ai répondu que c’est la première fois que quelqu’un me dit que je suis passionné. J’ai dit, au contraire, je suis un homme suffisamment objectif et pondéré. J’ai dis, mais néanmoins, je n’ai jamais insulté une personne. Mais les critiques, je vais les formuler. A chaque fois qu’il y a des dérapages, je vais les faire, je vais interpeler, je vais tirer à boulets rouges sur la mauvaise gouvernance. Il dit non, non je ne vous demande pas de sursoir à votre conviction. Qu’il n’est pas venu à Labé pour faire la politique et qu’il aime Labé plus que moi. J’ai répliqué directement que non, j’aime bien Labé, c’est pourquoi les citoyens m’ont élu et qu’ils savent que j’aime du bien pour Labé. Finalement, un groupe venu de l’université est venu interrompre notre conversation », a relaté le député.

En outre, ce proche de Cellou Dalein a démenti un aspect de l’intervention du gouverneur. « J’ai été très surpris d’entendre que Madifing m’a regardé dans les yeux pour me dire que je vais traverser une vie amère. Je m’inscris en faux. Ce sont des allégations mensongères. Il ne peut pas me dire cela ; et s’il me le disait, la réplique n’allait pas se faire attendre. Il n’est pas mon père, il n’est pas quelqu’un de saint, ni un prophète, comme il l’a dit. Je prends ces propos comme s’il avait l’intention de me le dire. Mais, il n’a pas osé me le dire en face. Je l’invite à ôter sa tenue de policier et porter sa tenue de gouverneur ».

Pour conclure, Cellou Baldé attire l’attention de l’opinion publique sur les menaces proférées contre lui par Madifing Diané. « Madifing a dit à une autorité locale qu’il va me briser, qu’il va me casser. Que cela soit connu. J’attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur cet état de fait. Mais, qu’il se tient bon, il ne pet pas m’intimider, il ne m’ébranle point. Son masque est en train de tomber et sa mission à Labé n’est pas pour le développement de cette préfecture. Il est là pour des fins politiques inavouées. Je suis au regret de constater que Madifing Diané est très léger. Je suis déçu qu’il puisse avancer des contre-vérités ».

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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