Kabinet Camara a comparu à nouveau ce lundi, 10 juin 2019 devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma. Il est accusé avec Ousmane Bangoura, en fuite, d’association de malfaiteurs, vol à main armée, recel, détention et consommation de chanvre indien. A l’issue des débats, le ministère public a requis 30 ans de réclusion criminelle contre Ousmane Bangoura et 5 ans contre Kabinet Camara, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A la précédente audience dans cette affaire, il était prévu qu’un témoin comparaisse ce lundi pour édifier davantage le tribunal. Mais finalement, ce dernier qui est un agent de police, n’a pas répondu présent. Il aurait expliqué à l’avocat qu’il est en mission de travail et qu’il n’a rien à dire au tribunal. La juridiction a décidé de poursuivre les débats en appelant à nouveau Kabinet Camara à la barre.

« Monsieur Kabinet Camara, vous avez dit que vous êtes nouveau dans votre quartier. A quelle occasion Ousmane Bangoura (l’autre accusé en fuite, ndlr) vous a confié ses effets assimilés à des tenues militaires ? Oui ou non vous avez participé à cette opération ? », demande le procureur, Bakary Camara. L’accusé répond d’abord qu’il n’a jamais participé à cette attaque. Ensuite, il indique que « c’est en revenant d’une cérémonie la nuit que Ousmane Bangoura et moi avons passé chez moi, comme il se faisait tard. En rentrant chez lui, il a dit, comme ses habits sont sales, il va prendre les miens. C’est ainsi qu’il s’est changé et a laissé ses effets chez moi ».

L’avocat de la partie interroge à son tour l’accusé : « vous avez reconnu que vous connaissez le nom des parents de Ousmane Bangoura. Ça veut dire que vous vous connaissez depuis longtemps et que vous êtes des amis intimes ? »

L’avocat de la défense, maître Emanuel Bamba, réplique en disant que connaître le nom des parents d’Ousmane Bangoura ne veut nullement dire que son client a participé à cette attaque dont Ousmane Bangoura est accusé d’être l’auteur principal.

Après les débats, le tribunal a ouvert la phase des plaidoiries et réquisitions. Dans ses plaidoiries, l’avocat de la partie civile a demandé à la juridiction de condamner les accusés au payement de 150 millions de francs guinéens, représentant la valeur des biens volés au domicile de la victime, Mamadou Samba Diallo, avec des dommages intérêts en faveur de son client.

De son côté, le procureur Bakary Camara, dans ses réquisitions, a demandé au tribunal de retenir Ousmane Bangoura, en fuite, coupable des faits qui lui sont reprochés et Kabinet Camara coupable de recel des objets volés. Pour la répression, le ministère public sollicite la condamnation le premier à 30 ans de réclusion criminelle avec un mandat d’arrêt à l’appui et le second à 5 ans d’emprisonnement.

Pour sa part, l’avocat de la défense a estimé que les arguments fournis par le ministère public et la partie civile ne démontrent pas la culpabilité de son client. Maître Emmanuel Bamba a sollicité donc la libération de son client, Kabinet Camara. « Le ministère public et la partie civile n’ont fourni aucun argument pour démontrer la culpabilité de mon client. Mon client, Kabinet Camara, a reconnu que la police est venue à son domicile, frapper à sa porte, c’est lui-même qui a ouvert la porte et c’est Ousmane Bangoura qui a pris la poudre d’escampette.

Concernant l’association de malfaiteurs, est-ce que le fait de jouir de leurs droits de loisir ensemble fait de mon client un associé ? Non ! Pour ce qui est du vol à main armée, l’arme à laquelle la victime a fait allusion n’est pas retrouvée avec mon client. Parlant du recel, mon client ne peut pas être poursuivi parce qu’il a dit qu’il ne connait pas que les biens qui sont retrouvés chez lui sont des biens volés.

En ce qui concerne la détention et la consommation de chanvre indien, mon client ne peut pas aussi être poursuivi pour cela également. Où est-ce qu’on l’a vu avec du chanvre indien ou bien en train d’en consommer ? Non ! Je vous demande de libérer mon client afin que je rentre aujourd’hui avec lui puisqu’il innocent », a plaidé maître Bamba.

L’affaire a été mise en délibéré et la décision va être rendue le 17 juin 2019.

A rappeler que c’est le 18 décembre 2018 que des hommes se sont rendus au domicile de Mamadou Samba Diallo, à Conakry. Ils ont ligoté son gardien, mis toute le monde au respect avant de fouiller minutieusement la maison et prendre tout ce qu’ils ont vu d’important pour s’enfuir avec. Les enquêtes menées par la police ont conduit à l’arrestation de Kabinet Camara qui a été placé sous mandat de dépôt le 21 janvier 2019. Ousmane Bangoura qui est considéré comme étant l’auteur principal de l’attaque, lui, s’est enfui et reste toujours introuvable.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622919225 / 6669192225

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin