Avec pour chef de file la BICIGUI et Afriland First Bank, l’emprunt obligataire 2019-2022 de la République de Guinée portant sur le montant de 1 600 milliards de francs guinéens a été officiellement lancé hier, lundi 10 Juin 2019, dans un réceptif hôtelier à Conakry. Cet emprunt obligataire dénommé « emprunt dette publique 12,5% » s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique d’endettement du gouvernement guinéen, dont le but est de mettre au service du développement du pays des ressources financières qui lui sont nécessaires sans pour autant compromettre la soutenabilité de la dette publique de l’Etat, a-t-on appris.

La cérémonie de lancement de cet emprunt a été présidée par le ministre des finances, Mamadi Camara, en présence de son collègue des travaux publics, Moustapha Naïté et du premier vice-gouverneur de la banque centrale de la République de Guinée, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a pris part à ce lancement.

Depuis 2015, l’Etat guinéen est à sa troisième expérience de levée d’emprunt obligataire. Et, pour ce présent emprunt qui s’étale sur trois ans, le montant est de 1 600 milliards de francs guinéens (en deux tranches), repartis en 320 mille obligations de 5 millions chacune.

Guy Laurent Fondjo

Selon Guy Laurent Fondjo, le président de l’association professionnelle des établissements de crédit de Guinée, cet emprunt doit servir à l’amélioration des infrastructures énergétiques et routières du pays pour un montant de 300 milliards de francs guinéens, à la réduction de la pauvreté pour la somme de 200 milliards de francs guinéens et renforcer la trésorerie de l’Etat avec un montant de 300 milliards de francs. Tout cela au titre de la première tranche dont le montant s’élève à 800 milliards de francs guinéens pour 16 000 obligations de 5 millions de francs guinéens chacune.

« La période de souscription pour lever ces fonds (800 milliards au compte de la première tranche) va du 10 Juin au 10 Juillet 2019. Donc, nous avons un mois pour pouvoir permettre à l’Etat de réaliser ces projets de développement. Cet emprunt n’est pas une affaire de banque, d’institution ou de l’Etat. Tout le monde peut y souscrire à partir de 5 millions de francs guinéens. Et, le taux d’intérêt annuel est de 12,5% affranchi de tout impôt et taxe », a expliqué Guy Laurent Fondjo, tout en précisant que cette émission bénéficie de la garantie souveraine de l’Etat guinéen au même titre que les bons du trésor.

Par ailleurs, Guy Laurent Fondjo indique qu’on peut souscrire à cet emprunt obligataire pour deux raisons fondamentales. « Premièrement, sur le plan individuel, c’est une opération rentable. Et, deuxièmement, c’est un acte citoyen parce que les fonds que vous allez investir vont aider à améliorer le cadre de vie des guinéens », a-t-il précisé.

Nyangha Komata Gomou, premier vice-gouverneur de la BCRG,
Nyangha Komata Gomou

De son côté, Nyangha Komata Gomou, premier vice-gouverneur de la BCRG, affirme que le recours à l’emprunt obligataire permet d’obtenir un financement en dehors du circuit bancaire classique. « Il est notamment utilisé en raison de sa souplesse au niveau des conditions et des modalités, comparativement au mode de financement ordinaire. Et, les opérations d’appels publics à l’épargne sur le marché financier guinéen sont soumises au visa préalable de la banque centrale. Ainsi, la souscription à cet emprunt est ouverte aux investisseurs institutionnels et aux personnes physique et morale sans distinction de nationalité (…) et, le remboursement est entièrement garanti », a-t-il assuré.

Pour Mamadi Camara, le ministre de l’économie et des finances, la cérémonie de lancement de cet emprunt obligataire consacre la mise en œuvre de l’une des actions majeures du développement économique et social (PNDS 2016-2020) du gouvernement guinéen, dont la mise en œuvre repose sur la mobilisation des ressources publiques et leur utilisation efficiente dans les secteurs qui contribuent significativement à la réduction de la pauvreté. Et, donc, indique-t-il, « cet emprunt obligataire permettra au gouvernement de préparer l’avenir en construisant des infrastructures économiques et disposer de fonds pour soutenir la très bonne croissance que nous enregistrons depuis quelques années ».

Mamadi Camara

En outre, le ministre de l’économie et des finances indique que « les ressources traditionnelles » de l’Etat, constituées essentiellement de prélèvements obligatoires, « s’avèrent insuffisantes » au regard de nos besoins d’investissement. « Leur contribution au financement des investissements dégage des besoins qui ne peuvent pas être entièrement couvert par les ressources extérieures. D’où la nécessité de rechercher sur le plan local de nouveaux instruments de financement dont l’efficacité est avérée. Il s’agit de l’appel public à l’épargne (…) dont plusieurs pays confrontés au problème de financement des infrastructures de base nécessaires à leurs développements ont utilisé et continuent d’en faire usage », a dit Mamadi Camara.

Présent à cette cérémonie, le ministre des travaux publics, Moustapha Naïté, s’est réjoui du lancement de la présente levée de fonds dont son département serait l’un des bénéficiaires directs.

Moustapha Naïté

« Je suis convaincu d’avance que tous les titres de créance émis feront l’objet de souscriptions qui viendront conforter tant soit peu, les prévisions financières destinées à l’entretient ou la réhabilitation du réseau routier guinéen. Car, pour la mise en œuvre de la stratégie de sauvegarde et de développement du réseau routier national sur les dix prochaines années, incluant entre autres les projets inscrits au PNDS, il y a un besoin total de financement d’environ 47 mille milliards de francs guinéens. Et, seulement 6385 milliards de francs ont été mis en place par les bailleurs de fonds traditionnels (les fonds arabes, la BAD, l’Union européenne, etc) », a confié Moustapha Naïté.

A noter que les deux précédents emprunts obligataires de la Guinée ont été gérés par seulement la BICIGUI. Des emprunts qui font visiblement l’unanimité dans le secteur financier à cause de leurs succès.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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