25 villages de la commune de convergence de Bangouya, dans la préfecture de Kindia, ont déclaré officiellement l’abandon des mutilations génitales féminines/excision et le mariage d’enfants. L’annonce a été faite hier lundi, 10 juin 201, à l’occasion d’une cérémonie organisée à cet effet dans la sous-préfecture, rapporte un correspondant de Guineematin.com qui était sur place.

Docteur Doman Traoré, directeur de cabinet du gouvernorat de Kindia
Docteur Doman Traoré

Organisée par les autorités de la commune rurale de Bangouya, avec l’appui technique de l’UNICEF, sur financement du Comité National Suisse, cette cérémonie s’inscrit dans le cadre du projet de promotion des initiatives en faveur de l’abandon de la pratique de l’excision. Elle a connu la présence des leaders religieux, des chefs coutumiers, des sages et de nombreux habitants de la localité. Docteur Doman Traoré, directeur de cabinet du gouvernorat de Kindia qui a présidé cette rencontre, a indiqué que la lutte contre l’excision peut contribuer au développement de notre pays.

« Comme vous le savez qu’en Guinée et dans la plupart des pays de notre sous-région, les femmes représentent plus de la moitié de la population totale. C’est autant dire qu’aucun programme de développement local ne peut être mis en œuvre sans la participation des femmes. Or, il n’y a pas de participation lorsque ces femmes continuent d’être violentées. La question de la violence, particulièrement celle des mutilations génitales féminines/excision est un problème de développement, au regard de l’ampleur et des conséquences que ce fléau est en train de prendre dans nos communautés. Il est donc évident que l’éradication d’un tel phénomène passe nécessairement par une prise conscience collective et la conjugaison des efforts de l’ensemble des acteurs de la vie sociale », a-t-il dit.

Docteur Doman Traoré se dit convaincu que l’exemple de ces 25 villages de la CR de Bangouya fera des échos favorables dans la région administrative de Kindia. Toute chose qui motive l’autorité régionale à s’engager et à accompagner les autorités préfectorales, sous préfectorales et communales pour l’abandon total des mutilations génitales féminines/excision et le mariage d’enfants au niveau de toutes les collectivités de notre ressort ».

Dr Guy Marie Modeste YOGO, représentant adjoint de l’UNICEF en Guinée
Dr Guy YOGO

Cette déclaration publique des 25 villages concernés a été saluée par Dr Guy Marie Modeste YOGO, représentant adjoint de l’UNICEF en Guinée. « Nous sommes très heureux aujourd’hui d’être à la commune de convergence de Bangouya avec l’ensemble des communautés, des leaders religieux, des notables, des groupements et l’ensemble des autorités pour célébrer la déclaration de fin des mutilations génitales féminines par 25 villages.

C’est réellement un motif de satisfaction dans le cadre de la célébration de ce mois de l’enfant parce que cet engagement fort qui est pris par l’ensemble des communautés d’abandonner la pratique de l’excision va dans le sens de la promotion et de l’amélioration des droits des enfants et surtout des jeunes filles. Nous sommes là pour encourager donc ces communautés d’abord, les féliciter d’avoir pris cet engagement et dire que la commune de convergence de Bangouya est sur la bonne voie, la Guinée est sur la bonne voie pour la fin de la pratique des MGF », a dit le responsable onusien.

Elhadj Kerfala Soumah, maire de la commune de convergence de Bangouya,
Elhadj Kerfala Soumah

De son côté, Elhadj Kerfala Soumah, maire de la commune de convergence de Bangouya, s’est dit heureux que sa localité soit désignée comme commune de convergence, avant de remercier le gouvernement guinéen et ses partenaires dans la mise en œuvre de ce programme. « Nous sommes très du travail qui vient d’être fait aujourd’hui. Nous sommes très contents du gouvernement et des bailleurs de fonds. A Cette cérémonie, le Comité National Suisse, le gouvernorat de la région de Kindia, le préfet, le SERACCO, la presse, tous ceux-ci ont pris part à la mobilisation de Bangouya. Nous avons été honorés, car il y a 342 communes en Guinée, et nous faisons partie des communes d’essais.

Depuis 1962, il n’y a jamais eu un tel événement à Bangouya. Ils sont venus pour dire que les filles ne doivent pas être mariées sans avoir 18 ans. Ensuite, les filles ne doivent pas être excisées. Et, nous autorités et la population, nous avons accepté tout en respectant notre religion. Les sages et les imams étaient même présents. Nous remercions également l’UNICEF qui nous a offert 12 frigos, des panneaux solaires, 13 motos et d’autres aides financières pour appuyer nos structures sanitaires et la population à Bangouya », s’est-il réjoui.

De retour de Bangouya, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628516796

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