Balla Moussa Dioubaté, informaticien, diplômé en Malaisie et président du Conseil des Guinéens de la Malaisie
Balla Moussa Dioubaté, informaticien, diplômé en Malaisie et président du Conseil des Guinéens de la Malaisie

Depuis quelques années, la Malaisie est devenue une destination privilégiée des Guinéens. Nombreux sont nos compatriotes qui vivent aujourd’hui dans ce pays, qui a connu un développement fulgurant dans différents domaines, notamment celui de l’éducation. Ils sont étudiants, salariés mais aussi hommes d’affaires, et travaillent dur pour avoir une vie meilleure. Mais comment vivent ces ressortissants guinéens très loin de leur pays ? Pour en parler, Guineematin.com a reçu comme invité Balla Moussa Dioubaté, ingénieur informaticien et président du Conseil des Guinéens de la Malaisie (CGM), en séjour à Conakry.

Décryptage !

Guineematin.com : les Guinéens deviennent de plus en plus nombreux en Malaisie, dites-nous comment vivent-ils dans ce pays asiatique ?

Balla Moussa Dioubaté : il faut d’abord dire que la majorité des guinéens vivant en Malaisie, sont là-bas dans le cadre des études. Donc, la plus part sont internés dans les universités pour suivre les études normalement ; d’autres aussi sont logés en dehors des campus des universités. Ce sont ceux-là qui constituent la majorité des guinéens vivant en Malaisie. En plus de ceux-là, il y a bien évidemment d’autres guinéens qui sont dans d’autres activités : certains font du business et d’autres sont là-bas en tant que fonctionnaires.

Une fois diplômés, certains ont eu la chance de travailler dans des entreprises. Il y en aussi qui sont dans des activités personnelles. Des gens qui se sont arrangés à faire des salons de coiffure ou du moins se faire des boutiques où ils vendent des produits locaux, qui attirent aussi l’attention des malaisiens, en plus des africains qui sont là-bas. Donc pratiquement ce sont là les activités que mènent les guinéens vivant en Malaisie. Mais la plupart quand même sont dans le cadre des études.

Guineematin.com : vous avez décidé de vous unir pour mieux faire aux difficultés qui peuvent survenir. C’est ainsi que vous avez mis en place le Conseil des Guinéens de la Malaisie. Que fait concrètement cette structure ?

Balla Moussa Dioubaté, informaticien, diplômé en Malaisie et président du Conseil des Guinéens de la Malaisie

Balla Moussa Dioubaté : en Malaisie, il y a des groupements, le Conseil des Guinéens de la Malaisie, est régi par le Haut Conseil des Guinéens de l’étranger qui avait été initié par le gouvernement. Initiative qui a permis la mise en place de conseils dans tous les pays où il y a une forte communauté guinéenne. Donc, tel a été le cas de la Malaisie. Et, ce conseil regroupe en quelque sorte toutes les autres associations de guinéens se trouvant en Malaisie. C’est une sorte de fusion des associations qui se voient regroupées au sein du conseil. Donc, ce conseil se permet de gérer tous les problèmes liés à la communauté en général, et c’est l’interlocuteur direct des autorités diplomatiques et la communauté guinéenne.

Dans ce cadre, nous gérons beaucoup de cas sociaux. Que ça soit des problèmes d’arrestations, des cas de dépassement de séjour et aussi beaucoup d’étudiants qui sont diplômés mais qui ont du mal à retourner au pays. Malheureusement, certains se retrouvent dans le dépassement de séjour. Et quand ils sont arrêtés, les autorités malaisiennes ne leur donnent pas des billets retour pour les rapatrier. Donc ces cas, nous les gérons. Et niveau de la communauté, surtout au bureau du conseil, la plupart des cas on se lève, on fait des contributions volontaires. Et, pour certains cas particuliers, l’ambassade intervient. Donc, c’est comme ça que nous fonctionnons.

En ce qui concerne le cas des guinéens arrêtés et qui se trouvent en prison, nous menons des démarches, et il arrive par moment où nous prenons des avocats pour nous aider afin qu’ils recouvrent leur liberté. Et, s’il y a des cas de rapatriements qui se posent, on essaye de gérer ça à notre niveau. Si nous n’arrivons pas à le gérer, on remonte l’information à l’ambassade qui vient au secours. Mais aussi, il y a certaines particularités : si on trouve que les parents de la personne sont joignables, on les contacte, pour qu’ils prennent en charge les frais de rapatriement. Dans ce cas, nous, nous menons uniquement les démarches sur le terrain. De l’année passée jusqu’à l’heure où je vous parle, nous avons eu à gérer 8 à 9 cas de ce genre.

Guineematin.com : à part la gestion de ces problèmes, le conseil des guinéens de la Malaisie mène-t-il d’autres activités ?

Balla Moussa Dioubaté : nous avons à eu à faire beaucoup d’autres activités, notamment la mise en place de beaucoup de commissions de travail, la création d’un club culturel qui représente la Guinée au cours des différentes cérémonies. En plus de ça, nous avons créé notre site web, nous avons eu à mener des activités culturelles, sportives, et aussi nous avons eu à organiser avec brio la célébration du soixantième anniversaire de l’indépendance de la Guinée qui a été un grand succès parmi les célébrations de l’extérieur.

Guineematin.com : quelles sont les perspectives ?

Balla Moussa Dioubaté : en perspectives, nous avons un grand projet que nous avons entamé. Nous sommes actuellement sur les phases préparatoires. Il s’agit de l’organisation, courant cette année, du forum d’investissement Guinée-Malaisie. Et ce projet, nous l’avons bien entamé, nous travaillons de connivence avec l’ambassade, la direction des guinéens de l’étranger ainsi que toutes les structures gouvernementales qui sont liées à ça. Nous avons aussi spécifié quelques domaines d’intervention. Comme vous le savez, chaque pays a ses réalités. Ce n’est pas dans tous les domaines que nous allons faire intéresser les gens.

Il y a quelques domaines, à savoir : l’éducation, l’agriculture mais aussi les infrastructures. Dans ce cas, nous allons avoir le temps de nous concentrer plus et nous avons la certitude que dans ces domaines, les malaisiens seront intéressés à venir investir dans notre pays. Ça, c’est dans nos projets. Nous avons commencé les démarches, aussi bien du côté guinéen que du côté malaisien. Il s’agit des rencontres en cours avec les investisseurs malaisiens qui se font à notre niveau, et chaque fois qu’on finit ces rencontres, on fait un rapport au niveau de l’ambassade. Et en fin de compte, quand tout le projet sera prêt, la date finale sera communiquée.

Guineematin.com : quel sont vos rapports avec les autorités de Conakry dans ce sens ?

Balla Moussa Dioubaté : les rapports que nous entretenons avec les autorités de Conakry, je peux dire que ce ne sont pas des rapports directs, mais plutôt à travers la représentation diplomatique guinéenne en Malaisie. Il faut reconnaître qu’ils nous soutiennent pour certains cas. Mais dans d’autres cas, ils disent qu’il n’y a pas un fonds spécial lié au bureau de l’ambassade pour les rapatriements par exemple, contrairement aux autres pays de l’Europe où l’Organisations Internationale pour les Migrations (OIM) donne des fonds pour faciliter le retour et l’intégration.

Mais les pays comme la Malaisie, il n’y a pas ce genre de soutien. C’est ce qui fait que la communauté est tout le temps devant pour faire des contributions afin de faciliter leur retour. Et, ça cause un autre problème parce que l’intégration au sein de la communauté devient difficile. Mais de toutes les façons, à notre niveau, on s’arrange à ce que tout soit fait pour ne pas que les gens restent en prison.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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