Le meurtre de l’étudiant, Amadou Boukariou Baldé, battu à mort par des agents des forces de l’ordre à l’université de Labé, continue de susciter de l’indignation et de la protestation dans le milieu estudiantin. Après la manifestation des étudiants de l’université de Labé, leurs collègues de Conakry se sont également fait entendre.

Plusieurs étudiants des institutions d’enseignement supérieur de la capitale ont manifesté ce mercredi, 12 juin 2019, pour réclamer justice dans cette affaire, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Vêtus de T-shirts portant l’effigie du jeune étudiant, Amadou Boukariou Baldé, et munis des pancartes sur lesquelles sont mentionnés les noms des universités publiques et privées de la capitale, les étudiants se sont rassemblés dans l’enceinte de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Ils ont entamé leur mouvement par la lecture d’une déclaration, avant d’effectuer une marche pacifique de là jusqu’au niveau du cimetière de Cameroun, dans le quartier Camayenne.

Mafoudia Touré, étudiante en licence 1 à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée, ISSEG
Mafoudia Touré

Dans leur déclaration lue par Mafoudia Touré, étudiante en licence 1 à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée (ISSEG), les manifestants interpellent leurs camarades sur le triste sort de leur collègue, mort à Labé le 31 mai 2019 par suite d’une bastonnade qui lui a été administrée par les services de sécurité. « Nous sommes interpellés. Notre conscience, notre solidarité et notre redevabilité sont urgemment interpellés suite à la mort de notre ami et camarade étudiant, Amadou Boukariou Balé, âgé de 21ans, en Licence 2 informatique, bastonné à mort et abandonné dans la rue par les forces de sécurité et de maintien d’ordre du côté de Labé », a-t-elle dit.

Ces étudiants rappellent que leur ami a été tué alors qu’il était sorti manifester en guise de solidarité à deux autres de ses collègues qui étaient malades, mais qui furent convoqués par leur chef de département pour prendre part à une évaluation, malgré leur situation sanitaire. « Lui Amadou et d’autres de nos amis étudiants avaient estimé que cette décision du chef de département était injuste et avaient donc jugé nécessaire de passer par tous les moyens légaux pour faire fléchir le chef de département. C’est ainsi que le 31 mai, lors d’une manifestation pacifique organisée par les étudiants de Labé, Amadou Boukariou fut assassiné sur champ de la solidarité envers la corporation estudiantine », a expliqué Mafoudia Touré.

Elle souligne que les deux étudiants malades pour lesquels la manifestation a été organisée sont moralement abattus aujourd’hui et Amadou, lui, est dans sa tombe. « C’est dommage, regrettable et pathétique », a regretté la porte-parole des manifestants, qui estime que la faute n’incombe pas aux deux étudiants malades, mais plutôt aux auteurs et commanditaires du crime.

De ce fait, les étudiants exigent que tous les auteurs et commanditaires de cette forfaiture soient identifiés, arrêtés, jugés et condamnés à la hauteur de leur acte. « Il serait lâche de notre part de nous laisser dominer par la peur sans faire un retour d’ascenseur, de solidarité à l’endroit de notre ami, Amadou Boukariou Baldé », lance-t-elle à l’encontre des autres étudiants du pays.

Ainsi donc, les étudiants promettent d’organiser d’autres séries de manifestations jusqu’à la satisfaction de leur revendication, qui est la justice pour le jeune Amadou Boukariou Baldé.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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