Coupe nationale : le Horoya succède à lui-même

18 juin 2019 à 20 08 24 06246

Le Horoya AC de Conakry a remporté la 60ème édition de la coupe nationale 2019. Le club de la commune de Matam a battu le Club Industriel de Kamsar (3-0) ce mardi, 18 juin 2019, au stade du 28 septembre à Conakry. L’attaquant nigérian, Simeon Bolaji a signé un doublé et le Guinéen, Abdoulaye Paye Camara, a inscrit la dernière réalisation du HAC dans les derniers instants d’un match complètement dominé par les rouge et blanc.

Avec cette victoire, le Horoya AC signe un nouveau doublé championnat-coupe nationale, comme il l’avait fait l’année dernière. Le club de Matam a désormais 9 coupes nationales dans son palmarès.

A l’issue de cette saison sportive, le Horoya se qualifie avec le Hafia à la prochaine ligue des champions africaine. Le Club Industriel de Kamsar et le Santoba FC, eux, joueront la coupe de la CAF.

Abdoul Aziz Sow pour Guineematin.com

Lire

Kindia : 23 policiers formateurs référents à l’école de la police de proximité

18 juin 2019 à 20 08 19 06196

23 policiers formateurs référents, issus des commissariats centraux de Kindia, Mamou, Labé, Kankan et Siguiri prennent part à une session de formation qui a démarré hier lundi, 17 juin 2019 à Kindia. Cette rencontre qui va durer 10 jours, s’inscrit dans le cadre de l’appropriation et l’extension de la doctrine de la police de proximité en Guinée, a appris Guineematin.com, à travers un de ses correspondants à Kindia.

Cette formation est organisée par le projet« Partenaires pour la sécurité en Guinée : la réforme de la police au service du citoyen », financé par le Département d’Etat américain et mis en œuvre par Partners Global, COGINTA et CECIDE, en étroite collaboration avec le ministère de la sécurité et de la protection civile.

Hippolyte SIB, coordinateur du projet,
Hippolyte SIB

Selon Hippolyte SIB, coordinateur du projet, « dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, nous sommes en train de favoriser la formation des policiers formateurs référents. Ce sont des policiers qui ont été sélectionnés, identifiés à partir du nouvel organigramme des commissariats centraux comme le veut la doctrine de la police de proximité. Parce qu’aujourd’hui dans les commissariats, il y a une nouvelle organisation. C’est ce qu’on appelle les services de sécurité des quartiers, le service général, les brigades d’information de la voie publique et également la gouvernance locale », a-t-il expliqué.

Philippe Murate, conseiller technique de police à COGINTA
Philippe Murate

Pendant 10 jours de formation, plusieurs thèmes seront abordés. Philippe Murate, conseiller technique de police à COGINTA et formateur, déroule le programme des travaux. « Nous avons commencé par former des formateurs guinéens. Et ce sont eux qui vont faire la formation. Ce sont eux qui vont faire la formation des policiers de Kankan qui sont venus là. On fera trois ateliers.

Pendant deux jours, il y aura une formation commune aux 23 participants. On va parler de déontologie, de la doctrine de la police de proximité. Et ensuite, les trois autres ateliers, il y a un atelier où on va parler des services de police judiciaire, le deuxième concernera la gouvernance locale et le troisième sera sur le service général », a-t-il indiqué.

Mamadou Camara, contrôleur général de la police, directeur central de la sécurité publique,
Général Mamadou Camara

Présidant la cérémonie d’ouverture de cette formation, Mamadou Camara, contrôleur général de la police, directeur central de la sécurité publique, a rappelé d’abord que la police de proximité n’est pas une nouvelle police qui est en train d’être créée, mais plutôt un changement des méthodes de travail de la police. Il a invité les participants « de pérenniser les acquis parce que c’est une formation stratégique (…)

A ce niveau, il faut mettre en exergue également la mise en place des pools de formateurs qui sont au nombre de 5 et qui seront à côté du coordinateur régional. Et, ce sont des personnes sont formées dans toutes les disciplines, en principe qui doivent être appliquées au niveau d’un commissariat de police. Donc leur mise à niveau, c’est cette formation qu’ils sont en train de faire. Ce que nous souhaitons, ce que ces policiers qui vont suivre cette formation soient fixes à leur postes », a dit le directeur central de la sécurité publique.

A noter que les autorités judiciaires de Kindia, des partenaires et d’autres personnalités ont pris part au lancement de cette session de formation des policiers formateurs référents.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 67 96

Lire

Papa Koly à Yomou : « acceptons le référendum, la nouvelle constitution »

18 juin 2019 à 19 07 07 06076

La délégation gouvernementale, conduite par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Papa Koly Kourouma, poursuit sa tournée en Guinée forestière. Après la sous-préfecture de Diecké hier, la mission était dans la commune urbaine de Yomou ce mardi, 18 juin 2019. Elle a exhorté les populations à adhérer au projet de nouvelle constitution prôné par le pouvoir, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Après deux reports de leur visite, c’est finalement ce mardi que les émissaires du président de la République sont arrivés dans la commune urbaine de Yomou. Elhadj Papa Koly Kourouma, ministre d’Etat, ministre de l’hydraulique et de l’assainissement ; Frédéric Loua, ministre des pêches, de l’aquaculture et de l’économie maritime ; et Christine Sagno, ancienne ministre de l’environnement et actuelle directrice générale de la l’ANAFIC ont été accueillis par une foule en liesse dans la ville.

Dans son discours de circonstance, le chef de mission, Papa Koly Kourouma, a invité les populations de Yomou à accepter le projet de nouvelle constitution que le président Alpha Condé compte soumettre à un référendum. « Nous sommes des émissaires du président et nous ne pouvons pas vous tromper. Les réalisations qui se font à Yomou actuellement, c’est la première fois que vous les voyez depuis l’indépendance. A savoir : l’installation des lampadaires, l’adduction d’eau potable, l’électrification de la ville.

La commune de Yomou n’avait jamais eu un budget de plus de 50 millions de francs, mais cette fois-ci la commune a reçu plus de 1 milliard 100 millions francs guinéens comme plan annuel d’investissement. Ce sont des initiatives du président de la République, Professeur Alpha Condé. Chères populations, soutenons toutes les actions du président, acceptons la nouvelle constitution et acceptons le referendum », a lancé l’ancien opposant à Alpha Condé.

Mathieu Kpoghomou, maire de la commune urbaine de Yomou,
Mathieu Kpoghomou

En réponse, Mathieu Kpoghomou, le maire de la commune urbaine de Yomou, a exprimé l’adhésion de sa population au projet de nouvelle constitution. « Au nom des 18.441 habitants de Yomou, nous disons que nous adhérons à cette idée de nouvelle constitution. Techniquement parlant d’abord, les lois organiques ont montré leurs faiblesses. Le code minier par exemple, le code de procédure pénale, le code civil et même le code électoral. Ces lois organiques tirées de la constitution ne peuvent pas montrer leurs faiblesses et qu’on suppose que la constitution ne peut pas être modifiée.

Deuxièmement, jusqu’à présent, il y a des dispositions transitoires qui subsistent dans notre constitution. Et, d’un autre côté, la constitution actuelle est signée par un président de transition. Voulez-vous qu’on continue à garder une constitution signée par un président de transition ? Je pense que non. Et tenez-vous bien, le revenu minier aujourd’hui qui se distribue à toutes les collectivités de la Guinée ce n’est pas constitutionnel. Ne faudrait-il pas intégrer ça dans la constitution ? Puisque les présidents passent toujours, c’est pour éviter que Paul ou Pierre, arrivant au pouvoir, décident de la suppression de cette disposition.

En cas de référendum, nous allons voter doublement oui parce que ça y va du bonheur des populations guinéennes. Les gens parlent mais on n’a pas dit qu’on soumet la constitution aux militants du RPG, on soumet la constitution au peuple de Guinée. Alors, si c’était une constitution qui serait votée par les militants du RPG, on douterait. Mais, ça sera une constitution qui sera soumise à l’ensemble de la population guinéenne », a-t-il dit.

A la fin de cette rencontre, la délégation a, au nom du professeur Alpha Condé, procédé à la remise de gilets de sauvetage au préfet de Yomou, Colonel Issa Camara. Des gilets destinés aux populations des villages qui sont souvent victimes de noyades.

La visite de certains chantiers en cours dans la commune urbaine de Yomou a clôturé l’événement.

De Yomou, Michel Anas Koné et Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 35 47 92

Lire

Meurtre de Boukariou à Labé : ce que Madifing Diané reproche à Sampiring Diallo

18 juin 2019 à 18 06 40 06406
Madifing Diané, Gouverneur de Labé

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, le meurtre de l’étudiant Amadou Boukariou Baldé continue à susciter des polémiques à Labé. Bastonné à mort par des agents de la sécurité qui avaient été déployés sur ordre du Gouverneur de région, l’étudiant aurait perdu la vie à l’hôpital régional de Labé, avant d’être transporté à Conakry pour éviter des émeutes dans la ville.

Le jeune étudiant Amadou Boukariou Baldé, tué le 31 mai 2019 par des agents de la sécurité, déployés par le Gouverneur Madifing Diané à l’Université de Labé

Justement, c’est l’information qui met très mal à l’aise les autorités locales qui croyaient tout contrôler. Mais, il y a eu des fuites et un journaliste local avait même annoncé le décès de Boukariou avant le départ de son corps.

Mais, c’est la communication du journaliste Idrissa Sampiring Diallo, correspondant de l’AGP (également correspondant de Guineematin.com) qui a semblé ébranler le Gouverneur de la région administrative. Considérant que le correspondant régional de l’agence guinéenne de presse est un obligé du Gouverneur, qui ne devrait relayer que la version officielle, même dans un média privé et aussi « couvrir » tout ce que l’autorité régionale ne souhaite pas faire sortir, même un crime, Madifing Diané n’a pas caché son mécontentement suite à cette « révélation ». Et, le fait pour Sampiring d’annoncer sa démission de l’AGP pour garder son indépendance du Gouvernorat a autant énervé le patron de la région que sa « révélation » de certains détails qui couvre ce meurtre de Boukariou !

Dans sa sortie médiatique d’hier, lundi 17 juin 2019, voici ce que le Gouverneur Diané a dit à propos de notre confrère : « Je le vois comme un fils immature. Ce que je sais, à mon arrivée ici à Labé, il était renvoyé de sa position de contractuel bénévole en cette activité de l’agence guinéenne de presse, renvoyé par mon prédécesseur. J’ai des relations personnelles avec eux, sa situation m’a été exposée, j’ai pris ça avec cœur et je l’ai replacé dans la même position de contractuel bénévole pour les mêmes activités. Ce n’est pas un salarié de la fonction publique, ce n’est pas quelqu’un qui a été mis à ma disposition par la fonction publique ou par le ministère de l’information, c’est par mon bien vouloir dans cette activité. Je reviens simplement à l’irréflexion. Dieu a dit qu’il bénit un mensonge qui construit et maudit la vérité qui détruit. Ce garçon a menti et son mensonge est destructeur. Il a menti en affirmant que lui il a la certitude que le jeune Boukariou, paix a son âme, est mort à l’hôpital, c’est destructeur. Si c’est une vérité, c’est une vérité destructrice que Dieu maudit. Si c’est un mensonge, c’est deux fois maudit. Je me pose même la question quel intérêt il a que Labé brûle. Je lui ai dit tout simplement, ‘’avec cette attitude de mépris dangereuse à la fois pour ta ville natale, pour ta population d’origine et pour l’avenir même du pays pour que moi je travaille avec toi, il faut que tu dises que tu as menti ou que tu dises que ton informateur t’a menti’’ ! Voilà la menace, c’est tout ! C’est après ce contact que j’ai été appelé par le directeur de L’Agence guinéenne de presse pour me dire qu’il a ouvert sa boite, il a trouvé une lettre de démission de Monsieur Sampiring. Je lui ai dit ‘’mais, vous n’êtes pas son employeur ! Mais, je prends acte de ce qu’il vous a adressé parce que vous êtes au début et à la fin de toute ses activités’’. Le mensonge qu’il a dit est affreux, dangereux et effrayant », a dit Madifing Diané, Gouverneur de la région administrative de Labé.

Bref, après ses attaques contre l’honorable Cellou Baldé, député uninominal de Labé, le Gouverneur Madifing Diané ouvre une autre polémique, toujours sur le cas de ce meurtre où il avait également porté des accusations sur la famille du défunt. Accusations qui seront d’ailleurs démenties par le père de feu Amadou Boukariou Baldé.

Les propos du Gouverneur de Labé ont été recueillis et transmis par Alpha Boubacar Diallo, un des correspondants locaux de Guineematin.com

Lire

Vers une sortie de crise à N’zérékoré : voici les propositions faites au FNDC

18 juin 2019 à 17 05 18 06186

Comme nous l’annoncions hier, les responsables de l’antenne régionale du FNDC à N’zérékoré et les autorités locales se sont rencontrés ce mardi, 18 juin 2019, pour tenter de mettre fin à la crise qui secouait la ville depuis plusieurs jours. Initiée par l’ancien maire de la commune urbaine, Cécé Loua, médiateur dans cette crise, la rencontre s’est tenue dans les locaux du gouvernorat. Elle a débouché sur des propositions de sortie de crise, loin de satisfaire les revendications des opposants à un troisième mandat, a appris Guineematin.com, à travers son correspondant à N’zérékoré.

En allant à ces négociations, les responsables du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) avaient une plateforme revendicative comprenant trois points, à savoir : la libération des personnes interpellées à l’occasion de leur marche pacifique réprimée par les forces de l’ordre le 13 juin dernier ; le libre exercice de leurs activités, interdit par les autorités de N’zérékoré ; et l’implication des autorités religieuses ainsi que des défenseurs des droits humains dans la médiation.

Mais, les propositions faites aux activistes anti-troisième mandat au cours de la rencontre sont tout à fait contraires à ces revendications. C’est Cécé Loua, le médiateur dans cette crise, qui a fait le compte rendu devant la presse, au sortir de la rencontre qui s’est tenue à huis clos. « Après tout débat, il a été convenu que les pros et les anti-troisième mandat acceptent de surseoir à tout mouvement à N’zérékoré, que ceux qui sont à la mouvance arrêtent de sortir et ceux qui sont contre arrêtent de sortir, il n’y a pas de 3ème mandat.

En ce qui concerne les détenus, il a été convenu qu’on laisse la justice faire son travail parce qu’ils ont arrêté certains qui avaient des armes. Et pour ce fait, on ne peut pas les libérer. Mais, les gens vont maintenant pour transmettre le message à leur base et on se retrouve à 17 heures pour tirer la conclusion », a-t-il laissé entendre.

Reste à savoir si les responsables du FNDC-N’zérékoré et leur base accepteront ces propositions qui leur sont tout à fait défavorables.

À suivre !

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél : +224620166816/666890877

Lire

Déguerpissement à Kaporo-Rails… Human Rights Watch accable le régime Alpha Condé

18 juin 2019 à 15 03 37 06376

Dans un rapport publié ce mardi, 18 juin 2019, Human Rights Watch revient sur les déguerpissements effectués récemment à Kaporo-Rails, Kipé 2, Dimesse et Dar es-salam, tous dans la commune de Ratoma (Conakry). Rappelant que le droit international prévoit « des protections contre les expulsions forcées de tout occupant de terres, qu’il les occupe légalement ou d’une autre manière », l’organisation internationale de défense des droits de l’Homme dénonce « un mépris flagrant pour la dignité humaine. »

Elle appelle donc le gouvernement guinéen, à travers le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, à prendre des mesures idoines pour « répondre à l’impact des expulsions ». Guineematin.com vous livre ci-dessous l’intégralité du rapport de Human Rights Watch.

Rapport de Human Rights Watch sur la casse de Kaporo-Rails, Kipé 2, Dimesse et Dar-es-salam

Rapport de Human Rights Watch

Guinée : Des expulsions forcées draconiennes

Des milliers de maisons ont été rasées dans la capitale, tandis que les habitants expulsés ont été privés d’aide ou d’indemnisation.

Le gouvernement guinéen a rasé des milliers de maisons dans la capitale du pays, Conakry, laissant les familles en grande difficulté pour retrouver un logement approprié, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Le gouvernement n’a pas fourni de logement de remplacement ni d’indemnisation aux personnes déplacées, en violation du droit international relatif aux droits humains.

Entre février et mai 2019, plus de 20 000 personnes ont été déplacées après que des bulldozers et d’autres engins lourds ont démoli les bâtiments et ont expulsé de force les habitants des quartiers de Kaporo-Rails, Kipé 2, Dimesse et Dar-Es-Salam. Le gouvernement de la Guinée a expliqué que les terres appartiennent à l’État et qu’elles seront utilisées pour les ministères du gouvernement, les ambassades étrangères, les entreprises et d’autres travaux publics.

« Le gouvernement guinéen n’a pas seulement démoli des maisons, il a bouleversé les vies et les moyens de subsistance de personnes », a déclaré Corinne Dufka, directrice de la division Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch. « Le fait de ne pas fournir de logement de remplacement ou même une aide humanitaire immédiate aux personnes expulsées est une violation des droits humains et révèle un mépris flagrant pour la dignité humaine. »

En mars, en avril et en juin, Human Rights Watch a interrogé 40 victimes d’expulsions à Conakry, ainsi que des fonctionnaires, des avocats, des organisations non gouvernementales, des leaders religieux et des personnalités politiques. Human Rights Watch a aussi étudié les images satellite, qui ont montré qu’au moins 2 500 bâtiments ont été démolis dans les quartiers de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse en février et en mars et que plus de 385 bâtiments ont été détruits à Dar-Es-Salam en mai.

Le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, qui a supervisé les expulsions, affirme que les zones d’expulsion correspondaient à des terres de l’État. Cependant, bon nombre de personnes dont les maisons ont été démolies ont indiqué qu’elles avaient des documents attestant que leurs familles avaient des droits de propriété depuis plusieurs décennies sur les terres. « C’est désastreux de perdre tout ce que vous avez en 30 minutes », a raconté Makia Touré, mère de six enfants, précisant que sa famille vivait à Kipé 2 depuis 1985.

Le droit international prévoit aussi des protections contre les expulsions forcées de tout occupant de terres, qu’il les occupe légalement ou d’une autre manière. Les gouvernements devraient fournir aux victimes un préavis adéquat, leur donner une indemnisation et s’assurer que les personnes expulsées ont accès à un logement de remplacement.

Aucun des habitants expulsés interrogés par Human Rights Watch n’a reçu d’aide du gouvernement pour trouver un autre logement, ce qui signifie que bon nombre d’entre eux étaient provisoirement ou, dans certains cas, de façon permanente sans domicile une fois que les expulsions ont commencé. Le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire a indiqué que les habitants avaient d’autres propriétés où ils pouvaient vivre ou bien étaient en mesure d’emménager dans leur famille élargie.

Toutefois, Human Rights Watch a interrogé plusieurs personnes qui, quelques semaines après les expulsions, vivaient dans des abris en bois précaires ou squattaient dans les écoles ou les mosquées toujours debout. « Nous n’avons nulle part où aller, donc nous dormons près de notre maison en ruine », a décrit un habitant de Dar-Es-Salam, qui dormait avec plus d’une dizaine de personnes dans une structure en bois protégée de la pluie par des bâches.

D’autres habitants qui ont trouvé un logement de remplacement ont dû répartir les membres de leur famille entre différentes maisons ou ont dû quitter Conakry au final. « Ma famille a déménagé dans l’intérieur du pays », a raconté un habitant de Kipé 2. « Je suis resté près de ma maison, mais je vais chez les voisins pour me laver et pour manger. » Certaines personnes ont trouvé de nouveaux logements situés loin de leur lieu de travail et de l’école de leurs enfants. « Les enfants ne viennent plus en classe parce qu’ils ont quitté la zone », a expliqué un enseignant d’une école intermédiaire à Kipé 2 à Human Rights Watch.

Le gouvernement guinéen devrait s’assurer que les habitants qui ont été expulsés de force ont accès à un logement de remplacement de qualité comparable à celle de leurs maisons démolies. Les autorités guinéennes devraient aussi prendre des mesures immédiatement pour créer un mécanisme efficace et indépendant capable d’évaluer et de gérer rapidement les demandes d’indemnisation liées aux expulsions.

« Tout effort de réaménagement des terres devrait respecter les droits des habitants qui y résident », a conclu Corinne Dufka. « Le gouvernement devrait immédiatement cesser les expulsions jusqu’à ce qu’il trouve une manière d’indemniser les personnes affectées et de leur fournir un logement de remplacement comparable à celui qu’elles ont perdu. »

Expulsions à Koloma

La majorité des quelque 20 000 personnes expulsées venaient des quartiers de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse, qui sont situés à 15 kilomètres du centre de Conakry, près de l’ambassade des États-Unis et du siège du service de radio et de télévision de l’État guinéen, la Radio Télévision guinéenne. Le gouvernement guinéen désigne cette zone comme « le centre directionnel de Koloma », qu’il prévoit de réaménager. Un grand panneau dans le centre de Conakry montre une vision futuriste du nouveau Koloma, que le panneau décrit comme « le visage d’une Guinée émergente ».

Avant les expulsions, la zone abritait diverses entreprises, notamment des garages automobiles, ainsi que des lieux de résidence comprenant des immeubles en béton, dont certains à plusieurs étages, à côté d’autres logements informels construits en bois, en tôle ondulée et avec d’autres matériaux. Une série de démolitions précédente, en 1998, avait détruit une partie de cette zone.

Le 2 février, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, Ibrahima Kourouma, a annoncé que « les occupants illégaux » de Koloma avaient 72 heures pour quitter la zone. Les habitants ont raconté que, le 19 février, des fonctionnaires et des gendarmes ont inscrit des croix rouges sur les bâtiments, pour signaler ceux qui étaient destinés à être démolis. Les premières démolitions ont commencé quelques jours plus tard.

Entre le 22 février et le 26 mars, lorsque les dernières démolitions ont eu lieu, le Collectif des déguerpis de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse, une association de victimes, a recensé 19 219 personnes déplacées. Mohamed Mahama Camara, Secrétaire général du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, a déclaré à Human Rights Watch qu’il doute de l’exactitude de ce chiffre, et a affirmé que moins de 100 familles ont été impactées. Les images satellite analysées par Human Rights Watch indiquent toutefois qu’au moins 2,500 bâtiments ont été démolis à Koloma en 2019, ce qui suggère que des milliers de personnes ont été déplacées.

À plusieurs occasions, la colère face aux expulsions a conduit des jeunes gens des quartiers à organiser des manifestations dans les rues. Les gendarmes et les policiers guinéens ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et, selon les habitants, pour éloigner les personnes des zones qui allaient être ou avaient été démolies. Deux témoins ont raconté que, le 14 mars, une jeune fille de 14 ans a été touchée au visage et gravement blessée par une cartouche de gaz lacrymogène lancée par les gendarmes. Le gouvernement a soutenu que les manifestants étaient violents, et qu’ils ont jeté des pierres sur les forces de sécurité.

Pour justifier les expulsions, Camara a cité un décret de 1989 qui a désigné la zone de Koloma comme des terres appartenant à l’État. Il a ajouté que ceux qui occupaient la terre étaient des « squatteurs », qui y habitaient illégalement.

Plusieurs victimes interrogées, cependant, ont affirmé qu’elles possédaient des documents attestant que leurs familles avaient acquis les terres de façon légitime avant 1989, telles que des preuves d’octroi de terres du gouvernement ou des papiers montrant qu’elles avaient acheté leur terrain à des familles titulaires de droits traditionnels ou coutumiers. « Ma famille a emménagé en 1982 », s’est souvenu un habitant, qui a précisé avoir un document légal montrant que l’État avait accordé une parcelle de terre à son père, un fonctionnaire. Le décret de 1989 stipule que « ces occupants qui auraient mis en valeur leur fonds avant la date du 20 avril 1988, ci-dessus indiquée, ne sont déguerpis que si l’État s’engage à les recaser et à les indemniser de la valeur de leur réalisation sur le fonds ».

Un groupe d’habitants de Kipé 2 a déposé une plainte contestant la légalité des expulsions en 2018, après que les huissiers avaient visité la zone pour informer les occupants qu’ils vivaient sur une terre de l’État et qu’ils devaient partir. Un tribunal de première instance a rendu une décision défavorable le 1er mars, mais l’affaire a été renvoyée en appel le même jour. L’appel était en instance quand les démolitions ont commencé dans la zone de Kipé 2 le 12 mars. Les normes internationales exigent que les habitants concernés aient la possibilité de remettre en question les décisions d’expulsion par un examen judiciaire.

Expulsions à Dar-Es-Salam

Les démolitions à Dar-Es-Salam ont eu lieu près de la plus grande décharge publique de Conakry, où en août 2017 neuf personnes sont décédées lorsqu’un glissement de terrain, provoqué par les amoncellements d’ordures à proximité, a englouti plusieurs maisons. Les habitants ont dit que le gouvernement avait, depuis novembre 2017, averti plus de 200 familles vivant près de la décharge qu’elles feraient l’objet d’une expulsion.

Malgré la proximité du site de la décharge, le quartier où les expulsions ont eu lieu était essentiellement composé de maisons familiales faites de pierres et de briques, certaines ayant plusieurs étages. Plusieurs habitants ont indiqué que leurs familles vivaient dans la zone depuis des décennies, souvent avant même que le site ne soit utilisé comme décharge publique. « Je vis ici depuis 43 ans », a raconté un habitant de 60 ans. « Ma famille a acheté les terres à l’un des habitants d’origine de la zone. »

Le 23 mai, des engins lourds ont commencé les démolitions dans la zone. Des habitants ont affirmé qu’ils n’avaient reçu un avertissement que quelques jours avant le début des démolitions. Des résidents locaux ont cherché à empêcher les démolitions, mais ont finalement été repoussés par les forces de l’ordre qui, d’après les témoins, ont déployé des hélicoptères au-dessus de la zone ainsi que des dizaines de gendarmes et qui ont utilisé des gaz lacrymogènes. Au moins une personne a été blessée par des balles perdues tirées pendant les affrontements. Des représentants du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire ont affirmé qu’ils avaient demandé plusieurs fois aux résidents de quitter le site, et que suite à leur refus, ils avaient décidé d’utiliser des mesures coercitives.

L’après-midi du 24 mai, la première phase des démolitions, visant des maisons dont les habitants avaient été informés des expulsions en 2017, était terminée. Plus tard ce jour-là, des témoins ont constaté que des fonctionnaires, protégés par un cordon de gendarmes, ont placé des croix rouges sur d’autres maisons de la zone dont les habitants n’avaient pas été avertis au préalable des expulsions prévues. Les habitants ont expliqué qu’ils ont eu 72 heures pour évacuer leurs possessions. Les maisons ont été démolies le 27 mai, d’après les témoins. « Ils nous ont dit le vendredi que nos maisons seraient concernées et le lundi suivant, tout était détruit », a raconté un habitant de Dar-Es-Salam. « Comment cela peut-il se produire ? »

Les images satellite analysées par Human Rights Watch montrent qu’au moins 386 bâtiments ont été détruits à Dar-Es-Salam pendant les démolitions de mai.

Manque de logement de remplacement

Le respect du droit à un logement adéquat est protégé par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ratifié par la Guinée en 1978. Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies, qui surveille l’application du pacte, a déclaré que les gouvernements doivent « par tous les moyens appropriés, au maximum de [leurs] ressources disponibles, veiller à ce que d’autres possibilités de logement » soient offertes après les expulsions. Les Principes de base et directives des Nations Unies concernant les expulsions et les déplacements liés au développement prévoient clairement que les protections contre les expulsions forcées, y compris le droit à un préavis adéquat, un logement de remplacement et une indemnisation, s’appliquent « que [les personnes expulsées] soient ou non titulaires d’un droit de propriété sur le logement ou les biens visés reconnu par la législation nationale ».

Les habitants de Koloma et de Dar-Es-Salam ont expliqué que, alors qu’ils savaient que le gouvernement cherchait à les expulser, l’absence d’informations sur la date de début des démolitions, la vitesse à laquelle elles ont eu lieu et le manque d’aide de la part du gouvernement, ont laissé de nombreuses personnes sans domicile. « Nous avons passé cinq jours à dormir sous un arbre près de notre maison démolie, avec des moustiquaires pour les enfants », a décrit Onivogui Sayon, qui vivait à Kipé 2 avec sa femme et ses deux enfants. « Nous avons enfin trouvé des amis pour nous héberger. »

Les Principes de base et directives des Nations Unies concernant les expulsions et les déplacements liés au développement exigent des gouvernements qu’ils relogent les familles ou qu’ils s’assurent qu’elles ont accès à une solution de remplacement avant que les expulsions ne commencent. « S’ils nous avaient donné au moins un mois, nous aurions pu trouver un autre endroit où habiter », a indiqué Amadou Saikou Diallo, un habitant de Kaporo-Rails. Plusieurs semaines après les expulsions, Diallo a raconté qu’il se déplace de maison d’amis en maison d’amis pour dormir la nuit. « Je garde mes vêtements, mes chaussures et mes affaires de toilette dans mon sac à dos », a-t-il précisé.

Dans un discours aux habitants de Kaporo-Rails en 2016, le président Alpha Condé a promis que le gouvernement respecterait les droits des habitants et fournirait des logements de remplacement en cas d’expulsions. « On ne va pas jeter des gens dans la rue », a-t-il déclaré. Jusqu’à présent cependant, le gouvernement n’a fourni aucun logement de remplacement aux personnes expulsées, même aux familles vulnérables incapables de trouver un logement approprié par leurs propres moyens.

Mohamed Mahama Camara, Secrétaire général du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, a déclaré que de nombreux habitants expulsés avaient d’autres maisons ou propriétés où ils pouvaient vivre. Il a aussi précisé que, si nécessaire, ils trouveraient un logement auprès de membres de leur famille. « Ces expulsions n’ont mis personne à la rue », a-t-il affirmé.

Mais des semaines après les expulsions, plusieurs personnes interrogées vivaient toujours près des ruines de leur ancienne maison. Certaines ont trouvé refuge dans des abris construits à la hâte avec du bois de récupération, alors que d’autres vivaient dans les écoles ou les mosquées à proximité. « Je dois vivre dehors avec ma mère âgée et ma femme », a expliqué Oumar Bar, qui partageait auparavant une maison avec ses deux frères et leurs familles. « J’ai peur parce que sans électricité, il n’y a pas de lumière la nuit et pas de sécurité. »

Une veuve âgée à Dar-Es-Salam a montré à Human Rights Watch la structure en bois temporaire où elle vit, près des ruines de sa maison. Elle partage la hutte, qui ne comporte un mur que d’un seul côté, avec certains de ses enfants et petits-enfants, le plus jeune étant un bébé de 8 mois. « Nos maisons ont été détruites pendant le ramadan », a-t-elle raconté. « Nous n’avons nulle part ailleurs où aller. »

Même si beaucoup d’habitants ont trouvé un logement de remplacement, ils ont souvent dû séparer leur famille proche en sous-groupes, emménager dans d’autres quartiers ou quitter Conakry. « Séparer une mère de ses enfants est une chose horrible », a décrit Makia Touré, une veuve qui vit maintenant chez un oncle, à 50 kilomètres de son ancienne maison. Ses six enfants, dont trois sont âgés de 10 ans ou moins, sont hébergés par des proches afin qu’ils puissent rester près de leurs écoles. Elle est inquiète parce qu’en tant que veuve et parent isolé, elle n’a pas les moyens d’habiter dans une autre maison. « La maison que nous possédions était la seule manière pour moi de vivre, parce que nous n’avions pas de loyer à payer », a-t-elle précisé.

Les déménagements ont obligé certains enfants à trouver de nouvelles écoles ou à interrompre leur éducation. « Mes frères et sœurs sont tous à la maison maintenant », a affirmé Thierno Ibrahima Diallo, dont la fratrie compte deux enfants de 8 ans et un autre de 4 ans. « Nous habitons maintenant à Coyah et c’est trop loin de leur ancienne école. » Un autre habitant a installé ses enfants à Boké, une ville située à 250 kilomètres de Conakry. Son enfant le plus âgé, une fille de 8 ans, a quitté son école dans la capitale. « Elle reprendra l’école l’année prochaine », a-t-il dit.

Certains habitants ont craint que le traumatisme profond chez les enfants qui ont vu leurs maisons détruites devant eux n’ait un impact psychologique durable. « Nous avons passé toute notre enfance ici », a expliqué Thierno Ibrahima Diallo. « Nous avons grandi avec les anciens du quartier, on allait aux mêmes événements culturels. J’avais l’impression que nous étions tous de la même famille. Et maintenant, ils ont tout détruit. »

Absence d’indemnisation

La vaste majorité des habitants expulsés interrogés ont expliqué qu’ils n’avaient reçu aucune indemnisation de la part du gouvernement. « Nous n’avons reçu aucune indemnisation ni aide humanitaire », a constaté Adama Haura Barry, qui vit à Kipé 2. Aucun des habitants interrogés à Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse n’avait reçu d’indemnisation. À Dar-Es-Salam, le gouvernement a offert à une partie des personnes expulsées une somme forfaitaire de 20 millions de FG (2 190 USD), somme qui, d’après plusieurs personnes, était bien en dessous de la valeur de leur propriété. Les habitants ont indiqué que les versements des indemnisations devraient être basés sur une évaluation de la valeur réelle de leur terre et de leurs maisons.

Mohamed Mahama Camara a déclaré que les personnes expulsées n’avaient pas droit à une indemnisation parce qu’elles occupaient la terre illégalement. Il a aussi expliqué que certains ménages avaient reçu une indemnisation lors d’opérations d’expulsions passées et avaient simplement réoccupé la terre. Le président Alpha Condé aurait rappelé le 25 avril que : « seules les personnes titulaires de titres fonciers dûment authentifiés ont droit à une indemnisation de la part de l’État ».

Les habitants, toutefois, ont estimé que le gouvernement devrait au moins étudier les demandes des ménages qui disposent de droits de propriété de longue date, étayés par des documents, avant de déterminer l’attribution d’une indemnisation. « Le refus général d’envisager une indemnisation des victimes signifie que les autorités ont bafoué les droits des populations », a expliqué Mamadou Samba Sow, porte-parole d’un groupe de victimes.

Les normes internationales prévoient aussi clairement que le gouvernement devrait fournir une forme d’indemnisation même aux occupants sans droits de propriété reconnus sur le plan légal. Les Principes de base et directives des Nations Unies concernant les expulsions et les déplacements liés au développement stipulent que :

Toutes les personnes expulsées, qu’elles détiennent ou non un titre de propriété, devraient avoir droit à une indemnisation pour la perte, la récupération et le transport des biens concernés, en particulier leur logement d’origine et les terres perdues ou endommagées au cours de l’opération. L’examen des circonstances de chaque cas permettra d’offrir une indemnisation pour les pertes liées aux formes non officielles de propriété, telles que les logements situés dans des quartiers insalubres.

Les fonctionnaires ont indiqué que les personnes expulsées avaient le droit de demander une indemnisation en déposant une plainte en justice. Plusieurs habitants ont cependant expliqué qu’ils ne croyaient pas que le système judiciaire guinéen, qui a dans le passé souvent été touché par la corruption et les interférences politiques, offre un système indépendant et juste pour gérer les demandes d’indemnisation. Le 3 juin, le Collectif des déguerpis de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse a déposé une plainte devant la Cour de justice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), demandant au gouvernement de restituer les terres perdues, de fournir l’indemnisation nécessaire pour reconstruire les maisons et de payer les dommages supplémentaires.

Pour répondre à l’impact des expulsions, le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire devrait :

  • prendre des mesures pour instaurer immédiatement un système juste et indépendant pour évaluer les demandes et accorder de manière prompte et équitable les indemnisations appropriées, basées sur une évaluation ménage par ménage des droits de propriété et sur la valeur de leurs biens ;
  • fournir un logement de remplacement à tout habitant qui n’a pas été en mesure de trouver un logement approprié par ses propres moyens ;
  • cesser toute nouvelle expulsion jusqu’à ce qu’il puisse garantir le respect des droits des habitants, y compris le préavis adéquat, l’indemnisation et le relogement avant les expulsions.

Human Rights Watch juin 2019

Lire

Revue budgétaire 2019-2020 : la Guinée et l’UE en conclave à Conakry

18 juin 2019 à 15 03 00 06006

La première réunion du comité de pilotage du programme d’appui à la consolidation de l’Etat dans le cadre du 11ème FED (Fonds Européen de Développement) s’est tenue dans la soirée d’hier lundi, 17 juin 2019, à Conakry.

Présidée par la ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, Dr Djéné Keïta, la rencontre a connu la participation du chef de la délégation de l’union européenne en Guinée et des cadres techniques intervenant dans le secteur aussi bien du côté guinéen que celui européen. Il a été question d’échanger sur les conclusions de l’évaluation à mi-parcours de l’appui budgétaire que l’union européenne apporte aux finances publiques, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Josep Coll ambassadeur et chef de la délégation de l’UE en Guinée
SE. Josep Coll

Dans son intervention, Son Excellence Josep Coll, ambassadeur et chef de la délégation de l’Union Européenne en Guinée, s’est d’abord réjoui de la tenue de cette réunion. Selon lui, elle consiste « à faire le point sur la situation de notre appui dans le cadre de ce que nous appelons l’appui budgétaire. Ça tombe bien parce que comme vous le savez, nous sommes dans la moitié de l’année. Et la période qui nous intéresse, c’est 2019-2020. Donc, c’est l’occasion de faire un premier constat avant qu’il ne soit trop tard sur la situation de la mise en œuvre des différents points que ce programme exige. Pour cela, nous avons demandé à une équipe d’experts de faire un rapport circonstanciel de la situation.

Ils ont passé beaucoup d’heures à interviewer et à examiner des documents. Nous aurons le plaisir tout au long de cette réunion de les écouter sur leurs évaluations et leurs recommandations. Le deuxième point que je voulais également mentionner pour cet après-midi, c’est de comprendre le niveau d’avancement et les efforts qui manquent, parce que comme vous le savez, si vous ne faites pas en temps voulu, il sera difficile de donner une validation à ces objectifs. Parce que dans le cadre de notre partenariat, nous nous sommes fixés ensemble, la République de Guinée et l’Union européenne, des objectifs », a dit le diplomate européen.

De son côté, la ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, a indiqué que cette réunion est un exercice extrêmement crucial. « Notre pays, grâce au président Alpha Condé et son Premier ministre, Dr Kassory Fofana, a décidé d’opter pour la transparence et la bonne gouvernance économique ; et je crois que ceci est une opportunité de mettre cela à l’épreuve. Nous aurons à discuter en toute amitié et en toute franchise avec notre plus grand partenaire, l’union européenne, pour discuter des différents indicateurs qui sont les nôtres, pour lesquels on a obligation de résultats. (…)

En janvier dernier, on a eu la réunion Union européenne-Guinée, sous le leadership de Son Excellence monsieur l’ambassadeur et de son excellence monsieur le Premier ministre. Aujourd’hui, cette revue me paraît extrêmement importante. Elle nous permettra de savoir là où on va. J’ai pleins d’espoirs pour toutes les questions que nous aurons à prendre ici, tout ce que nous allons pouvoir débattre pour aller sur une base saine, transparente, parler des différents indicateurs au niveau des différents ministères sectoriels », a souligné Dr Djéné Keïta.

Selon la ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, « le gouvernement apprécie énormément et hautement la contribution substantielle de l’union européenne dans ce cadre du 11ème FED. Je crois qu’on ne le dira jamais assez. Parce que cet appui budgétaire qu’on va évaluer aujourd’hui, permet à la Guinée de réaliser des progrès remarquables sur la voie des réformes institutionnelles et financières depuis 2011. Donc, il convient de signaler que ce programme, financé sur les ressources du 11ème fonds européen de développement, fait suite à un premier programme d’appui budgétaire.

Et, j’ai cru comprendre tout de suite que ça fait 18 mois qu’il n’y avait pas eu de revue ou de comité de pilotage à ce niveau-là. Et cela est très long. J’espère aussi que la réunion de ce jour permettra aussi d’avoir une programmation et une rencontre plus régulière, une concertation plus certaine, et que les documents que nous allons revoir aujourd’hui soient également distribués dans le délai, afin que les parties prenantes puissent faire leurs commentaires idoines et avoir une réunion qui va se passer avec succès », a souhaité la ministre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Goléah (Kindia) : Taliby Sylla accuse les sorciers d’empêcher l’électrification de leur localité

18 juin 2019 à 14 02 35 06356

« Il faut que je vous dise que je ne suis pas du tout satisfait de la qualité de la réception. Samoréya que je connais est plus peuplé que les gens que je vois ici présentement. Si ce n’était pas à cause des enfants, j’allais délocaliser ce projet de construction d’une école pour une autre zone », a notamment dit le ministre, déçu de la très faible mobilisation des citoyens qui ont boudé la cérémonie…

Le ministre de l’Energie, Dr Cheick Taliby Sylla, en compagnie de son homologue des Transports et porte-parole du gouvernement, Aboubacar Sylla, ainsi que des autorités de Kindia est en tournée dans cette préfecture pour lancer des travaux de construction d’infrastructures d’utilité publique.

La délégation a sillonné hier, lundi 17 juin 2019, plusieurs districts relevant des sous-préfectures de Damakhania et de Friguiagbé. C’est le cas notamment de Goléah, où le ministre a accusé les sorciers d’empêcher l’électrification de la localité, rapporte un correspondant de Guineematin.com à Kindia.

Un poste de santé à Goléah ; une école primaire à Samoréya (Sous-préfecture de Damakhania) ; une maison des jeunes à Koliagbé et un pont à Tambaly (Sous-préfecture de Friguiagbé), ce sont entre autres travaux que la délégation, conduite par Dr Cheick Taliby Sylla a lancé ce lundi. Des travaux financés par le gouvernement guinéen, à travers l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC).

A Goléah, les citoyens, massivement mobilisés pour la circonstance, ont salué cette action des autorités du pays. Ils en ont profité pour demander l’électrification de leur district.

En réponse, le ministre de l’Energie leur a demandé de dire aux sorciers qui empêchent, selon lui, l’électrification de la localité, de permettre la réalisation de leur souhait. « Ce que je vais vous dire pour le courant électrique, c’est très simple. Si vous n’avez pas vu mais vous avez entendu que les localités comme Linsan, Tabouna, Moriady non loin de Sabouya et beaucoup d’autres villages sont électrifiés aujourd’hui par le président Alpha Condé.

A Goléah ici aussi, les experts sont passés il y a de cela deux ans pour faire des études afin que Goléah ait le courant. J’ai le rapport et le coût qu’il faut pour l’électrification de ce district. Mais, il faut dire à N’gan Sirayé et Bassokhona d’accepter, à leur tour, l’électrification de Goléah. Car, la lumière du courant et l’autre que vous connaissez (celle des sorciers, ndlr), ne peuvent pas briller à la fois. Les deux ne peuvent jamais émettre une lumière au même endroit. Donc, dites-leur de céder un peu », a déclaré Dr Cheick Taliby Sylla.

Dans toutes ces localités visitées, la délégation a été chaleureusement accueillie, à l’exception de Samoréya où la mobilisation était très faible. Une situation qui a irrité Cheick Taliby Sylla. « Permettez-moi de m’exprimer parce que je suis chez moi. Ce que je vous dis comme ça, je n’allais pas le dire si j’étais à N’zérékoré ou à Faranah. Donc, il faut que je vous dise que je ne suis pas du tout satisfait de la qualité de la réception. Samoréya que je connais est plus peuplé que les gens que je vois ici présentement. Si ce n’était pas à cause des enfants, j’allais délocaliser ce projet de construction d’une école pour une autre zone ; car, Samoréya m’a prouvé qu’elle ne veut pas de cette école. Quelqu’un qui se bat pour trouver de l’argent et vous construire une école, dont nous sommes venus lancer les travaux, Samoréya devrait massivement sortir, montrer sa satisfaction. Une fois de plus, je suis déçu pour la qualité de la mobilisation », a dit le ministre.

Cette délégation poursuit sa tournée ce mardi, 18 juin 2019. Elle sera notamment dans la sous-préfecture de Kolenté, où elle va procéder à la pose de la première pierre de la construction d’un poste de santé et d’un nouveau marché.

Mohamed M’Bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 518 888

Lire

Marché Sogbè (Kankan): les femmes déguerpies s’indignent et interpellent la mairie

18 juin 2019 à 13 01 02 06026
SAMSUNG CAMERA PICTURES

La mairie de Kankan a entamé hier, lundi 17 juin 2019, le déguerpissement des vendeuses du marché Sogbè dans la commune urbaine de Kankan. Une opération qui s’inscrit dans le cadre de la reconstruction de ce marché, initiée par les autorités communales. Mais, cette opération fait beaucoup de mécontents sur le terrain, a constaté Guineematin.com à Kankan.

La construction d’un nouveau marché dans la commune urbaine de Kankan ne fait pas que des heureux. Certaines femmes qui vendaient sur des étales dans le marché devant être reconstruit et qui ont été déguerpies des lieux, laissent exploser leur colère.

Elles dénoncent le manque d’une bonne politique de recasement. « Ce matin, des gens sont venus nous dire que le maire a demandé à ce qu’on change de place parce qu’il devrait y avoir la construction d’un nouveau marché sur place. On nous a dit de venir nous installer ici en attendant. Mais depuis qu’on est arrivé ici, moi je n’ai pas eu de la place, je ne fais que marcher. Comme on est venues toutes ensemble et très nombreuses, moi je n’ai pas eu de la place. Et pire encore, les tables qu’on a installées ont été toutes déguerpies, on nous dit qu’on a occupé la route. Je suis très inquiète, je ne sais que faire. Mon mari est décédé, je m’occupe de mes enfants. Je demande au maire de tout faire pour qu’on ait de la place où vendre », lance Fanta Kaba, une déguerpie.

Tout comme elle, Nafa Kourouma aussi n’a pas trouvé une nouvelle place. Chez elle également, c’est la désolation. « J’avais une bonne place là où j’ai quitté, mais ici je n’ai pas de place. Donc je ne suis pas contente de ce déguerpissement. Les autorités n’ont qu’à avoir pitié de nous pour nous trouver une bonne place. Nous sommes toutes des mères de famille ici, le nouveau maire n’a qu’à nous aider », exhorte cette autre vendeuse.

Même si elle salue l’idée de construire un nouveau marché Hadja Traoré, elle, s’inquiète du fait que ce projet soit lancé en pleine saison pluvieuse. « J’apprécie l’initiative. Mais, ce que je vais dire aux autorités, c’est d’accélérer les travaux parce qu’on est maintenant dans la saison pluvieuse. Nous avons toutes des enfants qu’on nourrit, donc ils doivent faire rapidement les travaux, sinon on est foutu avec cette saison pluvieuse », a-t-elle dit.

Interrogé à la commune, le maire de Kankan, Mory Kolofon Diakité, n’a pas souhaité se prononcer devant notre micro sur ce sujet.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : 00 224 627 24 13 24

Lire

Procès « argent contre sexe » dans un bar : « elle a refusé qu’on aille au motel… », dit Diouldé Barry

18 juin 2019 à 12 12 26 06266
image d’archive

« Quand j’ai voulu qu’on parte au motel, elle a trouvé un argument pour passer du temps au bar. Finalement, elle m’a dit qu’elle est fatiguée. Donc, elle voudrait que je la laisse rentrer chez elle ou bien qu’on parte chez moi. Je lui ai dit que je suis un homme marié et qu’elle ne peut pas me faire dépenser tout mon argent pour ensuite me dire qu’elle est fatiguée… », a notamment expliqué au tribunal Amadou Diouldé Barry, un boulanger de 51 ans, marié et père de 4 enfants.

C’est une histoire de contrat ‘’argent contre sexe’’ qui oppose un boulanger à une « fille de bar » qui s’est mal terminée. Dans ce ‘’contrat verbal’’, conclu dans un débit de boisson, il semblerait que le quinquagénaire, Amadou Diouldé Barry, devait payer de la bière pour la fille qui, à son tour, devait satisfaire ses désirs sexuels dans un motel à concasseur, dans le quartier Hamdallaye (commune de Ratoma). Mais, ‘’le marché’’ n’est pas allé à son terme. Car, l’une des parties au contrat (la fille) n’aurait pas voulu s’acquitter de ses ‘’obligations’’. Une chose qui a entrainé une chaude altercation qui a viré au vinaigre.

Et, Amadou Diouldé Barry s’est retrouvé en prison avec des accusations de viol, coups et blessures volontaires. Des faits pour lesquels il a été renvoyé devant le tribunal criminel de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma) où son procès s’est ouvert hier, lundi 17 Juin 2019. A la barre, Amadou Diouldé Barry a plaidé coupable de coups et blessures, tout en rejetant en bloc les accusations de viol, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi cette audience.

Âgé de 51 ans, marié à une femme et père de quatre enfants dont deux vivants, Amadou Diouldé Barry est un boulanger de profession. Il est poursuivi pour viol et coups et blessures volontaires qu’il aurait commis sur une fille, âgée de 30 ans.

Interrogé ce lundi par le tribunal criminel de Dixinn, l’accusé a partiellement reconnu les faits qui lui sont reprochés. Cependant, il a narré une histoire de bar digne d’un ‘’contrat d’argent contre du sexe’’. Un deal verbal qu’il aurait conclu avec « une fille de bar » qu’il aurait rencontrée vers la fin du mois d’octobre 2016, dans un débit de boisson.

« On s’est rencontré dans un bar où on était tous allés prendre de la bière. On s’est entendu que je paie notre consommation ; et, après, nous allons partir dans un motel à concasseur pour faire l’amour. C’est ainsi que j’ai dépensé tout mon argent dans ce bar… Quand mon argent est fini, je suis allé trouver le gérant d’un conteneur qui me devait un peu d’argent. J’ai pris 100 mille francs avec lui et je me suis retourné au bar où m’attendait la fille. Dès que je suis arrivé, elle a dit de lui acheter encore de la bière. Je lui ai dit que l’argent que j’ai avec moi est destiné à nous acheter à manger et à payer les frais de la chambre de motel où nous devons aller pour faire l’amour. La fille était soule. Et, je sais que quand elle boit trop, elle crée toujours des scandales. Mais, comme elle avait commencé à crier, je lui ai encore acheté de la bière… Quelques temps après, le gérant du bar est venu nous dire qu’il veut fermer maintenant. La fille n’avait pas fini de consommer sa bière. Et, dès que je lui ai retiré son verre, elle s’est encore mise à crier. J’ai vite compris que si je ne lui rends pas sa bière elle ne va pas faire ce que je veux. Je lui ai alors rendu sa bière… Quand j’ai voulu qu’on parte au motel, elle a trouvé un argument pour passer du temps au bar. Finalement, elle m’a dit qu’elle est fatiguée. Donc, elle voudrait que je la laisse rentrer chez elle ou bien qu’on parte chez moi. Je lui ai dit que je suis un homme marié et qu’elle ne peut pas me faire dépenser tout mon argent pour ensuite me dire qu’elle est fatiguée… Je l’ai prise au collet pour la sortir du bar ; mais, elle s’est agrippée à la porte. C’est là que je l’ai tirée avec force. Elle s’est cognée à la porte, elle a été blessée au niveau de l’œil droit et elle est tombée. C’est alors que je l’ai tirée et drainée. Parce que j’étais vraiment en colère », a expliqué Amadou Diouldé Barry.

Poursuivant sa déposition, l’accusé a déclaré que sa victime est une fille de bar qui a l’habitude de manger l’argent des hommes tout en leur faisant croire qu’elle va faire l’amour avec eux. « Dès fois, ça engendre même des bagarres. Personnellement, elle me l’a fait à plusieurs reprises », a-t-il dit.

« Avez-vous l’habitude de faire l’amour avec cette fille ? », a alors demandé le tribunal. « Oui ! A plusieurs reprises », a répondu monsieur Barry.

« Pourquoi l’avez-vous alors forcée ce jour-là ? Il y avait quoi de spécial ? », a demandé de son côté le ministère public. « J’avais vraiment envie de faire l’amour. J’ai d’autres filles ; mais, comme j’ai trouvé cette fille-là dans le bar, je m’en suis contenté », a rétorque Amadou Diouldé Barry.

« Avez-vous violé cette fille ? », a encore demandé le tribunal. « Non ! Quand elle m’a montré sa blessure sur le visage, j’ai vraiment eu pitié d’elle. Parce que je ne voulais pas ça. Tout cela est arrivé parce qu’elle a refusé de faire ce qu’on avait conclu… Mais, c’est moi-même qui ai donné 200 mille francs le lendemain pour qu’elle parte à l’hôpital », a indiqué l’accusé.

Finalement, le tribunal a renvoyé l’affaire au lundi prochain, 24 juin, pour la suite des débats et la comparution de la partie civile qui était absente à cette première audience.

A noter qu’un rapport médicolégal versé au dossier de la procédure et brandit par le tribunal fait mention d’abus sexuel et d’une défloraison ancienne chez la présumée victime de Amadou Diouldé Barry.

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire

Diecké (Yomou) : Papa Koly appelle les citoyens à soutenir et à voter la nouvelle constitution

18 juin 2019 à 12 12 15 06156

Une délégation gouvernementale, conduite par le ministre de l’hydraulique et de l’assainissement, Papa Koly Kourouma, s’est rendue hier lundi, 17 juin 2019 dans la commune rurale de Diecké, relevant de la préfecture de Yomou. Parti procéder au lancement officiel des travaux de construction des bureaux de la sous-préfecture, le ministre en a profité pour inviter les populations locales à soutenir le projet de nouvelle constitution, a constaté un envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

C’est devant une foule en liesse que Papa Koly Kourouma, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement ; Frédéric Loua, ministre des Pêches et de l’Aquaculture ; Christine Sagno, présidente du Conseil d’Administration de l’ANAFIC et ancienne ministre de l’Environnement ; et le préfet de Yomou, Colonel Issa Camara, ont été reçus par les populations de Diecké. Ils sont venus procéder à la pose de la première pierre de la construction du bloc administratif de la sous-préfecture, dont les travaux sont financés par l’Agence Nationale de Financement des collectivités (ANAFIC).

Après avoir écouté Nyan Kémon Bohamy, le maire de Diecké, et le Colonel Issa Camara, préfet de Yomou, qui ont, tous les deux, fait la promotion d’une nouvelle constitution, le ministre Papa Koly Kourouma a pris la parole. Il a appelé les populations de Diecké à soutenir ce projet qui permettra au président Alpha Condé de briguer un nouveau mandat. « Avant, le Plan Annuel d’Investissement (PAI) des collectivités locales, je prends plus précisément Diecké qui est une zone industrielle, ne dépassait pas 300 millions de francs guinéens. Aujourd’hui, l’édifice en construction seulement va coûter 1 milliard 200 millions et quelques. Soit quatre fois plus que ce que le PAI avait l’habitude d’avoir.

Cela est le produit de la bonne réflexion de monsieur le président de la République qui a pensé que le développement économique de la Guinée commencerait par la base. Il a pensé à la mise en place de l’ANAFIC pour que les fonds collectés par le fonds de développement local soient affectés effectivement à vos programmes annuels d’investissement. Depuis 1958, jamais le gouvernement s’est investi à cette hauteur dans la construction des édifices communautaires. Le président s’est dit, il faut que les ministres aillent sur le terrain, participer non seulement à la pose de la première pierre de ces édifices mais ils ont également la charge d’assurer le suivi des travaux, de les évaluer jusqu’à la fin des travaux.

Il s’est dit, de 2010 à nos jours, les choses ont évolué et positivement. Les préoccupations des Guinéens aujourd’hui ne sont plus ce qui était hier. Qu’est-ce qu’il faut faire ? Il va falloir l’inscrire dans nos lois, dans notre loi suprême qui est la constitution pour que les actions que nous menons aujourd’hui soient des actions pérennes, qu’il soit là ou pas. Si cela doit faire l’objet de la proposition d’une nouvelle constitution, est-ce que nous allons dire oui ou non ? », S’interroge-t-il devant l’assistance qui a répondu en chœur par le oui.

Poursuivant, Papa Koly Kourouma a dit ne pas comprendre l’attitude des opposants à ce projet de nouvelle constitution. « Je ne vois pas pourquoi nos adversaires politiques vont penser qu’inscrire de telles actions positives dans notre loi suprême est un péché. On se lève partout pour dire non, ça n’aura pas lieu, ce n’est pas possible, mais sans aucun fondement juridique. Rien n’empêche monsieur le président de la République de proposer une nouvelle constitution à son peuple. Il appartient au peuple souverain de dire oui ou non et cela se fait dans les urnes », a-t-il lancé.

Pour le président du parti GRUP et ancien membre de l’opposition républicaine, « ceux qui se mettront dans la rue pour pouvoir protester, contester cette décision sont contre la démocratie. C’est eux qui sont contre la démocratie, soyons vigilants pour ne pas que notre jeune démocratie soit effritée. Le gouvernement, en ce qui le concerne, mettra tout en œuvre pour la liberté d’expression des uns et des autres soit respectée. C’est pourquoi, je vous exhorte à soutenir l’initiative de la proposition d’une nouvelle constitution. Et si cela est fait, votez massivement la même constitution », a-t-il exhorté.

Initialement annoncée dans la soirée d’hier lundi, 17 juin 2019, cette délégation sera finalement reçue ce mardi dans la commune urbaine de Yomou.

De Diecké (Yomou), Siba Guilavogui, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

Lire

CAN 2019 : Comment se préparent les adversaires de la Guinée ?

18 juin 2019 à 11 11 23 06236

Libre Opinion : Les passionnés du football se sont à nouveau donné rendez-vous pour célébrer le sport roi. Dans quelques jours débuteront, en effet, les premiers matchs de la Coupe des Nations édition 2019. Et parmi les pays participants, on retrouvera bien sûr, la Guinée. La Guinée dont les supporteurs n’hésiteront pas à miser sur NetBet Sport lors de la compétition. À l’approche d’une des plus grandes rencontres sportives du continent, comment se passe les préparatifs pour les adversaires du Sily National ?

Préparation en trois temps pour les Barea de Madagascar

Il s’agit pour cette équipe malgache, de sa première participation à une CAN. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle ne viendra pas armer sur les gradins. En effet, ces novices de la CAN ont décidé de mettre les bouchées doubles.

Pour leur préparation, ce n’est pas un, mais trois stages que cette équipe a subi. C’est dans trois différents pays que se sont faits ces regroupements. Le premier stage s’est tenu dans le Luxembourg en France, où la sélection malgache a disputé un premier match le dimanche 2 juin passé. Ce match s’est soldé par un nul. Les Barea menés par leur capitaine, l’attaquant Faneva Andriatsima, sont resté sur un score de 3-3 face à leurs adversaires du Luxembourg.

Une deuxième rencontre a suivi, cette fois-ci dans la capitale française, a eu lieu le 7 juin passé. La sélection nationale de Madagascar a affronté le Kenya. Cette rencontre s’est malheureusement soldée pour les Bareas d’un échec (1 – 0). Sans le penalty raté de Carolus, cette équipe aurait peut-être pu faire un autre nul.

Le deuxième stage de cette équipe aura lieu dans leur pays, au Madagascar. D’après l’entraîneur Nicolas Dupuis, il permettra entre autres, aux joueurs de rencontrer leur public. Les entraînements seront ouverts au public. Jusqu’à 30 000 personnes sont attendues.

Le troisième et dernier stage quant à lui, permettra aux Bareas de s’acclimater aux conditions météorologiques du pays organisateur de la CAN cette année. Et c’est au Maroc que se tiendra ce regroupement.

Préparation en deux temps pour l’équipe nigériane

Ces vétérans de la CAN, qui l’ont remporté trois fois déjà, ont prévu pour leur préparation, deux stages. C’est à Asaba dans le Sud du Nigeria que s’est tenu le premier regroupement. Celui-ci a débuté le 2 juin passé et a pris fin le 8 juin par le match amical qui a opposé les Super Eagles du Nigeria à l’équipe nationale du Zimbabwe. C’est au Stephen Keshi Stadium et sous une pluie torrentielle que le match a eu lieu. Le score, 0 but partout a déçu plus d’uns qui s’attendaient à mieux de la part de cette équipe nigériane.

Les Super Eagles se sont envolés dès le dimanche en Égypte où doit se tenir le second stage. Les entraînements vont déjà bon train dans la ville d’Ismaïlia. La sélection nationale du Nigeria devrait rencontrer le 16 juin prochain l’équipe du Sénégal pour un second match amical. À l’issue du match, l’équipe prendra la direction d’Alexandrie où se dérouleront les matchs du groupe.

Un stage de 10 jours pour le Burundi

C’est également la première participation de cette équipe à la Coupe d’Afrique des Nations. Pour son stage de préparation, c’est vers le Qatar que les Hirondelles du Burundi se sont envolés. Ce stage de 10 jours a débuté le 2 juin passé. C’est sous l’œil avisé du sélectionneur de l’équipe, Alain Olivier Niyungeko, que les 23 joueurs sélectionnés poursuivent leurs préparatifs.

C’est toujours à Doha au Qatar que s’est joué le match amical opposant les Hirondelles (les Intamba mu Rugamba en burundais) à la sélection nationale de l’Algérie. La rencontre s’est soldée par un match nul d’un but à un. Les Hirondelles du Burundi ont pu égaliser parce que le gardien de l’équipe de l’Algérie, Raïs M’Bolhi, a marqué contre son propre camp. Un acte malheureux pour l’équipe algérienne, mais que les Hirondelles ont accueilli avec satisfaction. Espérons pour cette équipe que les choses se passeront mieux lors des premiers tours.

Le Sily National n’a qu’à bien se tenir. Ses adversaires utilisent de gros moyens et mettent toute leur énergie en œuvre pour offrir des performances remarquables. Même si pour certains, il s’agit de leur première participation à la CAN, les différents matchs de ce groupe B promettent d’être palpitants.

Ce contenu n’engage pas Guineematin.com

Lire

Kindia : Taliby Sylla attendu à Kolenté pour lancer les travaux de construction d’un marché controversé

18 juin 2019 à 11 11 17 06176
image d’archive

Une forte délégation conduite par le ministre de l’Energie, Dr Cheick Taliby Sylla, est attendue ce mardi, 18 juin 2019, dans la commune rurale de Kolenté (Préfecture de Kindia). Cette délégation va procéder à la pose de la première pierre de la construction d’un marché très controversé sur le terrain, a appris Guineematin.com à travers son correspondant à Kindia.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, ce sont les travaux de construction d’un nouveau marché et d’un poste de santé que le ministre, en compagnie du préfet de Kindia et d’autres autorités, va lancer à Kolenté. Des projets initiés par les nouvelles autorités communales de la localité. Mais, en ce qui concerne le marché, des oppositions se font sentir sur place. Si tout le monde adhère à l’idée de construire un nouveau marché dans la commune rurale, beaucoup s’opposent cependant à l’emplacement choisi par la mairie. C’est le cas d’Amara Camara, le président du district de Kokenté centre.

Amara Camara, président du district de Kokenté centre
Amara Camara

« Là où la construction est prévue, l’endroit ne convient pas à la population compte tenu de l’emplacement géographique et de la distance. Le gouvernement ne peut pas débloquer un montant aussi élevé que ça pour nous faire un grand marché digne de nom et qu’on n’arrive pas à en faire usage. On construit le marché pour que les populations puissent l’utiliser, surtout les femmes. Si toutefois le marché reste ici (à l’emplacement choisi par la mairie, ndlr), les gens ne viendront pas. Donc, nous voulons que les autorités administratives nous comprennent et acceptent le construire le marché là où la population souhaite qu’il soit construit », a dit le président du district du centre.

Même son de cloche chez Bountou Bangoura, qui se présente comme étant la porte-parole des femmes de Kokenté Centre. « Nous sommes contentes de l’initiative visant à construire un nouveau marché chez nous. Mais, nous demandons au gouvernement de nous construire ce marché à Baguiya. C’est là-bas qui est bon pour nous les femmes parce que cet emplacement est plus proche et est mieux que celui que la mairie a choisi. Le secteur Maninkala où ils ont décidé de construire ce nouveau marché se trouve à 3 kilomètres du centre, s’ils construisent un marché à cet endroit, personne n’ira là-bas. Nous l’avons déjà dit au maire mais il ne veut pas nous écouter », déplore cette dame.

Même dans les rangs du conseil communal, des voix s’élèvent pour dénoncer l’emplacement choisi pour la construction de ce marché. Abdoulaye Diallo, conseiller communal, dénonce une décision unilatérale du maire, Elhadj Moussa Bayo. « Les citoyens préfèrent que ce grand marché soit construit à Baguiya, là où est prévue la construction de la nouvelle autoroute qui passe par Kokenté. Une fois la construction d’un marché à cet endroit, il n’y aura pas le problème de gardiennage. Ce marché sera au bord de la route nationale, l’accès sera très facile tout comme l’acheminement des marchandises. Mais le site qu’ils ont choisi, il y a un magasin qui est construit sur les lieux depuis plus de 30 ans, il est sans utilité jusqu’à présent parce qu’il se trouve en brousse. En plus, il y a plus de 250 hectares en aval appartenant à la SOGUIPAH, où le feu de brousse est formellement interdit.

Et puis, nous les conseillers élus, au nombre de 16, nous n’avons pas été saisis ou informés de ce déplacement du marché. Le vendredi passé, on était en réunion à la mairie. Monsieur le maire, le vice maire, aucun ne nous a informés. Ce n’est qu’entre samedi et dimanche qu’ils nous ont appelés au téléphone pour nous dire que le ministre et le préfet doivent venir pour la pose de la première pierre de la construction d’un marché et d’un autre poste de santé à Kabéléya Gomba. Cette façon de faire nous inquiète à plus d’un titre », souligne l’élu local.

Pour Abdoulaye Diallo, cette situation vient témoigner du mauvais fonctionnement du conseil communal de Kolenté. Selon lui, le maire de cette commune rurale fait une gestion opaque de la commune rurale avec ses complices. « Nous sommes conseillers pour la forme, on ne tient pas de réunions, on ne nous informe de rien. Nous sommes contents du fait que le gouvernement pense à nous, mais il y a assez de failles chez le maire, certains vices maires et leurs complices qui font une gestion opaque de cette collectivité. Nous les 16 conseillers, on avait écrit une lettre qu’on a envoyée à monsieur le maire, le sous-préfet et le préfet de Kindia.

Nous avons demandé à ce que le maire change sa façon de faire, surtout d’associer tous les conseillers à la prise des décisions, mais en vain. Depuis l’installation de notre équipe, nous n’avons tenu qu’une seule fois la réunion du conseil communal durant 6 mois d’exercice. On nous a fait signer deux fois. On nous parle aujourd’hui d’un financement d’un milliard et quelques. Si l’argent est venu ou pas nous ne sommes pas informés .On voit la réalisation des forages, d’un marché d’un poste de santé et on ne nous informe de rien », s’indigne ce conseiller communal.

Du côté du maire, aucune réaction face à ces dénonciations dont il fait l’objet. Tout porte à croire que le nouveau marché sera construit à l’emplacement objet de controverse.

De retour de Kolenté, Amadou Bailo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628516796

Lire

Réception du préfet de Siguiri à Doko : deux présidents de districts meurent dans un accident

18 juin 2019 à 9 09 38 06386
Faux documents

Deux présidents de districts de Doko, sous-préfecture relevant de Siguiri, ont péri dans un accident de la circulation survenu dans la soirée d’hier, lundi 17 juin 2019. Les deux responsables rentraient de la commune rurale où ils étaient allés accueillir le préfet de Siguiri lorsqu’ils ont fait l’accident, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Colonel Moussa Condé, le préfet de Siguiri, était attendu dans la commune rurale de Doko ce lundi, pour une visite de travail. Tous les présidents des districts de cette sous-préfecture ont été conviés à la cérémonie de réception. C’est sur le chemin du retour que Koulako Sékou Magassouba, président du district de Kolita, et Falaye Keïta, président du district de Sèkè-Kinièba, ont trouvé la mort dans un accident de la circulation.

« Tous les présidents de districts étaient invités ce lundi à Doko Centre pour accueillir le préfet de Siguiri. Depuis le matin, nous étions tous là, on l’a attendu jusqu’à 19 heures, il n’est pas venu. C’est ainsi que les deux présidents de districts ont décidé de rentrer, ils ont emprunté une même moto pour le retour. A quelques kilomètres de la rentrée de Soubarakolè, leur moto est entrée en collision avec une autre moto qui venait dans le sens inverse. Tous les deux ont trouvé la mort sur place et les trois jeunes qui étaient sur l’autre moto ont été grièvement blessés. Ils ont été conduits à l’hôpital préfectoral de Siguiri », explique Cellou Camara, conseiller à la mairie de Doko.

A noter que peu après le départ des deux présidents de districts, le préfet et sa délégation sont arrivés aux environs de 20 heures à Doko. Sous le choc, le Colonel Moussa Condé n’a pas pris la parole. C’est Siné Magassouba, le secrétaire général chargé des collectivités, qui s’est adressé à l’assistance.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

Lire

Amoulanfé : Ousmane Akam Sacko et Oumar Bella Baldé libérés par le TPI de Mafanco

18 juin 2019 à 9 09 34 06346

Comme on le sait, le dimanche dernier, 16 juin 2019, le mouvement Amoulanfé (ça ne marchera pas) a été officiellement lancé à la Maison des associations et ONG de Guinée, dans la commune de Matoto. Un lancement qui a été perturbé à la dernière minute par des agents des forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogène, de bastonnade (avec plusieurs blessés) et des arrestations.

Dans la soirée d’hier, lundi 17 juin 2019, Ousmane Akam Sacko et Oumar Bella Baldé (les deux jeunes du mouvement Amoulanfé qui avaient été arrêtés à Matoto) ont été libérés par le procureur du Tribunal de première instance de Mafanco.

Au cours d’un entretien téléphonique avec Guineematin.com, l’avocat des concernés, Maître Alseny Aïssata Diallo a d’abord dénoncé l’illégalité de cette intervention des forces de l’ordre.

« Il faut reconnaître que cette arrestation est illégale dans la mesure où la constitution guinéenne reconnaît non seulement le droit de l’association mais aussi de réunion, surtout que cette réunion ne se tenait pas à un lieux public, mais dans une cours privée. Les agents de maintien de l’ordre se sont introduits dans cette cours, ils ont gazé les citoyens qui étaient réunis et ont procédé à l’arrestation de mes clients », a indiqué leur avocat.

Finalement, ils ont été libérés et la première audience a été fixée au 24 juin. « Après tout débat avec monsieur le procureur, il a décidé de les mettre à ma disposition et de fixer la date de l’audience au 24 juin 2019. Donc, d’ici là, mes clients sont libres », a précisé maître Alsseny Aissatou Diallo.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 224623532504

Lire

Meurtre de Maïmouna Diallo : « c’était ma copine… Je l’ai repoussée, elle est tombée et est restée inerte… »

18 juin 2019 à 8 08 34 06346

Le procès de Thierno Baïlo Barry s’est ouvert hier, lundi 17 Juin 2019, devant le tribunal criminel de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma). Ce jeune de 26 ans est poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Des faits pour lesquels l’accusé a plaidé coupable, soutenant que sa victime, Maïmouna Diallo, était sa petite amie, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi cette audience.

A la barre, Thierno Baïlo Barry n’a pas nié les faits mis à charge dans l’ordonnance de renvoi qui l’a conduit devant le tribunal. L’accusé a plaidé coupable, tout en indiquant qu’il entretenait une relation amoureuse avec sa victime qui s’est finalement mariée à un autre homme. « On était ensemble depuis près de 4 ans. Quand elle s’est mariée, j’ai pris mes distances pour éviter de lui créer des problèmes dans son foyer. Deux mois après son mariage, elle a commencé à m’appeler pour demander les raisons de mon silence à son égard. Je lui ai dit que je n’ai pas assez de temps. Et, comme elle est mariée, je préfère qu’on mette fin à notre relation pour que chacun de nous passe à autre chose. Mais, contre toute attente, ma décision de la quitter l’a mise dans tous ses états. Elle a commencé à m’appeler et à m’insulter à chaque fois. Un jour, elle m’a appelé du lieu où sa sœur vend de l’Athiéké et a proféré des injures grossières à mon encontre. Je me suis déplacé pour aller la trouver là-bas. Je lui ai dit d’arrêter de m’insulter parce que moi, je ne veux pas de problème. Elle s’est jetée sur moi. On s’est bagarré et elle est allée prendre un couteau avec lequel elle m’a blessé en bas de l’épaule droit. Les gens nous ont séparés et je suis rentré chez moi », a expliqué Thierno Baïlo Barry, en ajoutant que Maïmouna Diallo l’avait aussi suivi chez lui pour faire des tapages.

« Elle est allée taper avec violence la porte de notre cour. Elle criait de toutes ses forces. Mes voisins et ma mère sont sortis pour demander ce qu’il y avait. Moi, je l’ai laissée là-bas, je me suis enfui pour aller au carrefour », a-t-il dit.

Après avoir passé assez de temps au carrefour là-bas, poursuit Thierno Baïlo Barry, « j’ai décidé de rentrer chez moi. Mais, en cours de route, je me suis rencontré avec Maïmouna qui s’est directement jetée sur moi. Elle m’a mordu au niveau des hanches. Je l’ai ensuite repoussée et elle est tombée sur le dos. Elle est restée inerte ; et, au bout d’un moment, je l’ai transportée dans une clinique à Baïlobayah où nous y avons passé toute la nuit. Comme son état ne s’améliorait pas, sur recommandation du médecin, je l’ai transférée à l’hôpital Ignace Deen où elle a finalement trouvé la mort ».

« Avez-vous poussé cette fille dans l’intention de la tuer ? », a alors demandé le juge Aboubacar Mafering Camara.

« Non ! », a répondu l’accusé, avant de préciser : « si je savais même qu’on allait se rencontrer là-bas, j’allais continuer de fuir pour aller plus loin de ce quartier ».

Et, le juge interroge de nouveau : « vous maintenez que c’est suite à vos agissements que Maïmouna est décédée ? »

« Oui ! Mais, c’est après mon arrestation que j’ai appris son décès. Car, lorsque les agents sont venus m’arrêter à Ignace Deen, j’étais sous perfusion. On m’a dit que je m’étais évanoui lors du transfert de Maïmouna de la clinique pour Ignace Deen », a répondu Thierno Baïlo Barry.

Appelée à la barre, Aïcha Diallo (la grande sœur de Maïmouna) a nié avoir eu connaissance d’une quelconque bagarre entre sa sœur et Thierno Baïlo (comme le soutient ce dernier). « De temps en temps, je voyais ma sœur avec ce jeune. Mais, je ne savais pas ce qu’il y avait entre eux. Je n’ai jamais été informée d’une bagarre entre les deux. On m’a simplement appelé pour me dire que ma sœur s’est battue avec quelqu’un et qu’elle se trouve à l’hôpital. Et, quand je suis allée la voir à l’hôpital, je me suis exclamée en disant que c’est une morte qui est couchée ici. Car, son visage avait noirci », a indiqué Aïcha Diallo.

« Que cherchez-vous à cacher, madame ? Pourquoi votre sœur est allée chez vous alors qu’elle était mariée ? », demande l’avocat de la défense.

Et, Aïcha Diallo de répondre : « Je ne cache rien. Je ne peux dire que ce que je connais, à moins que je mente. Ma sœur était chez moi parce que son mari était en voyage au Sénégal. Sa belle-famille lui a dit d’aller chez nous en attendant que son mari ne revienne ».

« Pourquoi sa belle-famille lui dirait d’aller chez vous si son comportement était bon ? Est-ce que ce n’est pas pour éviter qu’elle contracte une grossesse avec ses nombreuses sorties qu’on l’a contrainte d’aller chez vous en attendant le retour de son mari ? », interroge de nouveau l’avocat de la défense.

« Je ne sais pas ! » répond Aïcha Diallo.

« Selon vous, votre sœur a une part de responsabilité dans ce qui est arrivé ou bien c’est Thierno Baïlo, cet honnête citoyen qui a voulu éviter des problèmes de foyer à votre sœur en mettant fin à leur relation amoureuse, qui doit tout endosser ? », demande encore l’avocat de la défense.

« Je ne sais pas ! C’est Thierno Baïlo qui connait si ce qu’il a expliqué ici est vrai ou faux », répond Aïcha Diallo.

Finalement, le tribunal a renvoyé l’affaire au lundi prochain, 24 Juin 2019, pour la suite des débats.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire