Je viens de lire attentivement des contrevérités répandues par le gouverneur de la région administrative de Labé, Elhadj Madifing Diané pour justifier la menace illégale et répréhensible de privation de liberté qu’il a proférée contre ma personne devant beaucoup de témoins. J’ai été vraiment surpris de cette première partie qui, pour moi, constitue un montage grossier de la part d’un officier de police qui a acquis ses lettres de noblesses sous le régime du complot permanent bâti autour du personnage du feu Ahmed Sékou Touré :

« Ce que je sais à mon arrivée ici à Labé, il était renvoyé de sa position de contractuel bénévole en cette activité de l’agence guinéenne de presse, renvoyé par mon prédécesseur. J’ai des relations personnelles avec eux, sa situation m’a été exposée, j’ai pris ça avec cœur et je l’ai replacé dans la même position de contractuel bénévole pour les mêmes activités. Ce n’est pas un salarié de la fonction publique, ce n’est pas quelqu’un qui a été mis à ma disposition par la fonction publique ou par le ministère de l’information, c’est par mon bien vouloir dans cette activité » a-t-il expliqué.

Contrairement à ce que je viens de lire, je ne me suis jamais senti renvoyé de mes fonctions. Car, il n’y avait aucun contrat entre le gouverneur Sadou Keïta et moi. Au contraire, à un moment donné, il me donnait de l’argent pour le service que je lui rendais en couvrant ses activités à travers le magazine de 22 heures de la Radio Nationale et le bulletin de l’AGP. Mais, lorsqu’il s’est rendu compte que son geste intéressé ne pouvait pas influencer ma façon de traiter mes dépêches, il a arrêté. Et, il n’y a jamais eu d’animosité entre nous. Le respect mutuel a continué jusqu’à son départ de Labé pour la Région Administrative de Faranah.

Je savais qu’en prenant cette option, Sadou Keïta cherchait à atténuer les pressions de certains de mes ennemis qui malheureusement n’agissaient pas à visages découverts, en raison sans doute de la culture de la délation qui s’est installée dans les rouages de l’administration publique guinéenne. Délation entretenue par certains commis de l’Etat, en mal de repères.

Il est évident que j’ai cherché à donner un contenu à la mission de correspondant de presse, parce qu’on ne vient pas à l’AGP pour se faire de l’argent.

Je suis flatté de savoir que le gouverneur Madifing Diané reconnait au moins sans le savoir que je ne suis pas journaliste alimentaire malgré mon statut « de contractuel bénévole ». Son argent et celui de son prédécesseur n’ont pas réussi à m’influencer (500 000 GNF par mois comme primes de prestation de service du correspondant de l’AGP dans le budget du gouvernorat).

Comme vous le voyez, c’est un gros montant que je suis prêt à abandonner, mais satisfait d’avoir été utile à l’AGP et à la Radio Nationale (RTG).

« Je reviens simplement à l’irréflexion. Dieu a dit qu’il bénit un mensonge qui construit et maudit la vérité qui détruit. Ce garçon a mentit et son mensonge est destructeur. Il a menti en affirmant que lui il a la certitude que le jeune Boukhariou, paix a son âme, est mort à l’hôpital, c’est destructeur. Si c’est une vérité, c’est une vérité destructrice, que Dieu maudit. Si c’est un mensonge, c’est deux fois maudit. Je me pose même la question quel intérêt il a que Labé brûle. Je lui ai dit tout simplement, avec cette attitude de mépris dangereuse à la fois pour ta ville natale, pour ta population d’origine et pour l’avenir même du pays pour que moi je travaille avec toi, il faut que tu dises que tu as menti ou que tu dises que ton informateur t’a menti, voilà la menace, c’est tout », a-t-il ajouté.

Pour cette seconde partie, je me demande bien s’il a lu le texte incriminé, parce qu’il s’agit d’une interview réalisé par un autre journaliste. J’ai l’impression que le gouverneur Madifing Diané mélange les commentaires du journaliste qui m’a interviewé et mes propos qui sont mis entre guillemets. Je comprends sa colère de n’avoir pas réussi à faire de moi son chien mordant dans l’affaire des évènements douloureux qui ont endeuillé l’Université de Labé.

Mais, nulle part dans mes propos je n’ai affirmé que ma source de l’hôpital a raison. Je ne fais que raconter les circonstances dans lesquelles j’ai été informé par un coup de téléphone qui m’a obligé de me rendre, à une heure tardive de la nuit, immédiatement au gouvernorat où j’ai retrouvé deux autres confrères.

Les deux journalistes qui sont arrivés sur le terrain avant moi m’ont expliqué que la rencontre n’était pas ouverte à tout le monde. Nous avons décidé alors d’attendre au rez-de-chaussée jusqu’à la fin de la rencontre des autorités pour en savoir davantage. Mais, ils n’ont rien voulu nous dire à ce sujet.

Quand il dit « quel intérêt il a que Labé brûle. Je lui ai dit tout simplement, avec cette attitude de mépris dangereuse à la fois pour ta ville natale, pour ta population d’origine et pour l’avenir même du pays » je retrouve le flic qui a appris à monter des faux dossiers pour incriminer des personnes gênantes.

A ce niveau, j’invite tout un chacun à prendre le texte incriminer et le comparer aux commentaires de Madifing Diané. Vous comprendrez sans difficulté le machiavélisme de l’officier de police qui rappelle un passé très sombre de l’histoire de la Guinée.

Comme le ridicule ne tue pas, comme il l’avait fait avec le député uninominal, honorable Mamadou Cellou Baldé, il prétend aimer Labé plus que moi. Dieu soit loué.

Un autre aspect qui montre qu’il s’agit d’un gouverneur préparé contre ma personne et peut être contre même ma famille, il prétend que j’ai voulu brûler la cité de Labé. Or, plusieurs confrères de la place avaient relayé l’information selon laquelle le jeune est mort à l’hôpital de Labé. Tous ses articles n’ont pas dérangé le gouverneur Madifing Diané. Mais, comme il a promis de m’écraser et de briser ma carrière, c’est mon interview réalisé 10 jours après les articles de mes confrères qu’il juge incitatrice à la violence, à la révolte populaire et à la rébellion. Certainement pour se donner une bonne conscience pour ce qu’il a envie de faire de moi.

Fort heureusement pour moi et ma petite famille, il s’agit d’un article de presse accessible à tout le monde. Sa lecture permet de savoir entre mes propos et la réaction du gouverneur, de quel côté se trouve le mensonge.

Vers la fin du texte, je découvre qu’il a déjà cherché à incriminer la Direction Générale de l’AGP qu’il accuse d’être au début et à la fin de mes activités.

Monsieur le gouverneur me donne raison d’avoir démissionné parce que c’est une habitude en Guinée de chercher des boucs émissaires quand on est confronté à des difficultés. Mais, il doit savoir aussi que j’étais déjà directeur de publication quand j’ai commencé à collaborer avec l’AGP.

Par ailleurs, je tiens à préciser que ce n’est pas le gouverneur ou le préfet qui est l’employeur du correspondant de l’AGP. Les autorités préfectorales et régionales reçoivent pour information les copies des décisions de la Direction Générale portant accréditation de ces correspondants dans les préfectures et régions. La bonne collaboration dépend des personnes concernées. La mission du correspondant n’est pas que de couvrir les activités du préfet ou du gouverneur. Il y a aussi celles des autres services déconcentrés de l’Etat, les phénomènes de société et les autres Faits-Divers.

Idrissa Sampiring DIALLO, journaliste, depuis Labé

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin