Conakry : un trafiquant de pélican, espèce protégée, condamné par le tribunal de Dixinn

De nombreuses espèces animales sont aujourd’hui menacées d’extinction. Pour freiner cet élan, la répression est de mise dans de nombreux cas. C’est dans ce cadre qu’Alama Sylla, un pêcheur de profession, a été reconnu coupable de capture et commercialisation d’un pélican par le tribunal correctionnel de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La répression contre les auteurs de crimes et délits fauniques se poursuit, même si les peines sont jugées légères par de nombreux observateurs. Pour avoir capturé et tenté de commercialiser un pélican, Alama Sylla, originaire de Dubréka, a été jugé et condamné à six mois de prison assortis de sursis et à une amende de 500 mille francs guinéens. Il est également condamné au payement du montant de 25 millions de francs guinéens de dommages et intérêts à la partie civile dans ce dossier, à savoir le ministère de l’Environnement, de Eaux et Forêts.

Selon nos informations, c’est le 6 juin 2019 que le pêcheur a été interpellé au quartier Sonfonia, dans la commune de Ratoma, par les agents du corps des conservateurs de la nature.

Au cours de son audition à la barre, le prévenu a reconnu les faits de capture, de détention et de commercialisation du Pélican. Mais, il dit n’avoir jamais été au courant que ce type d’animaux est protégé par la loi. « J’ai capturé l’oiseau à la mer, à Dubréka, au moment où je revenais de la pêche. Je l’ai transporté chez moi et je l’ai gardé pendant 3 semaines. J’ai aimé l’oiseau. A chaque fois que je reviens de la pêche, je lui apporte des poisons comme nourriture. Je l’ai trouvé sur l’eau. Il ne pouvait pas voler. Je l’ai capturé. Mais, je n’ai pas l’habitude de capturer des oiseaux pareils et je ne savais pas que c’est un animal qui est protégé par la loi », s’est défendu Alama Sylla.

Évoquant les circonstances dans lesquelles il a été arrêté, Alama Sylla dira que c’est à Sonfonia qu’il a été interpellé par les agents au moment où il partait revendre l’oiseau à 500 mille francs guinéens. « Je partais revendre l’oiseau à une dame qui m’a appelé au téléphone. On avait conclu le prix à 500 mille francs guinéens. Arrivé à Sonfonia, les agents m’ont arrêté avec l’oiseau ».

Après ces aveux du prévenu, l’avocat de la partie civile, maître Lansana Bayo Camara, a expliqué que le pêcheur ne dispose d’aucun document lui permettant de se livrer à cet exercice. Selon l’avocat, l’infraction est suffisamment établie à son encontre. « L’infraction de capture, de détention, de circulation et commercialisation du pélican est établi à son encontre. Il a reconnu qu’il n’a pas de document de capture, de détention, de circulation, et de vente des espèces intégralement protégées. Il n’a aucun document pour se livrer à cet exercice. Aujourd’hui, la Guinée est qualifiée comme un pays de trafic des espèces intégralement protégées », a rappelé l’avocat.

Par ailleurs, maître Lansana Bayo Camara va solliciter de condamner le prévenu au payement de « 247 millions de francs guinéens au titre de dommages et intérêts ».

Pour sa part, le procureur Boubacar 1 Bah a, dans ses réquisitions, laissé entendre que tous les éléments constitutifs de l’infraction sont réunis. « Il y a eu capture, détention, circulation et commercialisation d’une espèce animale protégée par la loi nationale et internationale. Donc, je vous demande de le retenir dans les liens de la culpabilité de capture d’une espèce intégralement protégée en le condamnant à 2 ans d’emprisonnement assortis de sursis. Ensuite, nous sollicitons d’examiner la demande de la partie civile », a requis le procureur.

Au terme de l’audience, le pêcheur a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, à 500 mille francs guinéens d’amende et à 25 millions de francs guinéens de dommages et intérêts.

Selon nos informations, la Guinée est présentée comme une plaque tournante du trafic international des espèces sauvages et est toujours sous sanction par la Convention Internationale sur le Commerce des Espèces de faune et de flore sauvage menacée d’extinction (CITES).

Il faut rappeler que le trafic d’espèces animales sauvages est un crime organisé transnational. Il représente le 4ème commerce illégal le plus important au monde, amassant plus de 20 milliards de dollars chaque année.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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