Dubréka : accusé d’avoir vendu un domaine public, le maire de Samatran village se défend

Une vive tension existe présentement entre les citoyens de Samatran Village, relevant de la commune de Dubréka, et leur chef de quartier. Les citoyens accusent le responsable local d’avoir vendu deux parcelles relevant du lot 89, pourtant réservé à la construction de trois (3) salles de classes et d’autres infrastructures publiques. Mais, le mis en cause, Elhadj Ibrahima Sory Sylla, interrogé hier, jeudi 20 juin 2019, par un reporter de Guineematin.com, se défend et parle d’incompréhension entre lui et les citoyens

Selon nos informations, Samatran village a été lotie il y a une dizaine d’années. Mais, dans le lotissement, les agents lotisseurs auraient pris le soin de réserver le lot 89 pour la construction de l’école primaire et d’autres infrastructures d’utilité publique dans la zone. Dans un premier temps, quatre salles de classes avaient été construites par le quartier, apprend-on.

Dr Thierno Bah, médecin et domicilié à Samatran village,
Dr Thierno Bah

Mais, à la surprise des citoyens et sans leur consentement, le chef du quartier de Samatran Village aurait revendu les parcelles destinées à la construction des édifices publiques. Selon Dr Thierno Bah, médecin et domicilié à Samatran village, « il s’agit d’un problème entre le chef de quartier et la population de Samatran, village. Il a rédigé une lettre soi-disant au nom de toute la population de Samatran village, sollicitant auprès du conseil communal de vendre les parcelles 27 et 28 du lot numéro 89, destiné à l’unique école de Samatran, pour les vendre soi-disant pour construire 3 salles de classes. Alors, il a adressé cette demande à la commune et se basant sur cette demande, la commune a répondu favorablement. Il y a eu un vote au niveau du conseil communal, il semblerait que 26 sur les 41 conseillers ont voté favorablement. Le problème, c’est que monsieur le chef de quartier n’a associé personne, il n’a concerté personne pour rédiger cette lettre qui d’avance est fausse. Alors, les signataires de cette soi-disant lettre, c’est lui le chef de quartier, son jeune frère, sa femme et un imam du quartier, qui est son ami aussi. Ayant constaté les faits sur le terrain, parce que qu’ils sont venus verser du gravier ici et ils ont déposé des blocs de pierres qui sont visibles. Après plusieurs discussions avec le maire, nous sommes inquiets, parce que le maire nous a dit que toute décision prise par le conseil communal, qu’il ne voudrait pas revenir là-dessus », a expliqué le porte-parole des citoyens de Samatran village.

Par ailleurs, Dr Thierno Bah a indiqué qu’ils ne lâcheront jamais prise dans ce dossier. Selon lui, les habitants de Samatran qui suspectent une complicité entre leur chef de quartier et le maire de Dubréka dans la vente de ces deux parcelles, vont utiliser toutes les voies de recours possibles pour obtenir l’annulation de la vente des deux parcelles. « Nous suspectons le maire de complicité avec le chef de quartier. Parce que, si nous allons vers le maire, nous lui faisons comprendre que le document sur lequel son conseil s’est basé pour voter la vente des parcelles incriminées, il devrait chercher à vérifier si ce que nous avons dit est vrai ou faux, il devrait vérifier si nous sommes représentatifs ou non. Nous l’avons même invité sur le terrain, de venir animer un meeting public ici et de demander à la population ce qu’elle veut, est-ce que ce que nous lui avons dit est vrai ou pas. Mais apparemment, il n’est pas de cet avis. Nous avons dit que nous sommes prêts à nous donner les mains pour financer la construction de ces trois salles de classes dont on parle, sans vendre les parcelles de ce lot. Nous n’accepterons pas qu’un mètre carré de ce domaine soit vendu. Nous sommes prêts à aller jusqu’à la présidence de la République, nous n’excluons rien. Et, porter plainte ou manifester contre cette fortraiture-là fait partie des éventualités », a-t-il prévenu.

Elhadj Ibrahima Sory Sylla, chef de quartier de Samatran
Elhadj Ibrahima Sory Sylla

Interrogé par Guineematin.com, Elhadj Ibrahima Sory Sylla, chef de quartier de Samatran a reconnu avoir vendu des parcelles du lot 89. Mais selon lui, c’est pour une cause bien justifiée. « Moi, je ne savais pas qu’il y aurait un différend entre mes citoyen et moi sur ce domaine. J’ai écrit une demande, adressée à la commune et qui est signée de moi, d’un imam, d’un membre du conseil de la ligue islamique de Samatran et la femme présidente du quartier et le chargé de l’aménagement, pour qu’on accepte qu’on ait trois salles de classes, pour ajouter à celles que nous avons. Et, lors du conseil communal, ma demande a été acceptée. Donc, en tant que coutumier d’abord, parce que c’est moi qui ai donné ce domaine aux citoyens, mais aussi en tant que chef de quartier, j’ai vendu avec l’accord de la mairie de Dubréka deux parcelles de ce lot, pour financer la construction de trois salles de classes. Et donc, j’ai fait venir des machines pour nettoyer ici. Et quand les machines sont venues, les gens se sont levés pour protester, pour dire que le chef de quartier a vendu tous les équipements-là. C’est vrai, j’ai vendu ces parcelles sans informer les citoyens, mais l’argent que j’ai reçu, c’est une avance que j’ai demandée pour commencer la construction des trois salles de classes», s’est justifié le chef de quartier, sans préciser le montant perçu.

A noter que sur ce domaine conflictuel, quatre salles de classes, une direction et des toilettes ont déjà été construites. Mais, un vaste domaine reste encore inexploité.

A suivre !

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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