« je suis allé me cacher dans les grillages de l’université. Amadou Boukariou, ce sont les policiers qui l’ont tué. D’abord, il a reçu un projectile au dos, lancé par des policiers. Quand il est tombé, les policiers au nombre de trois à quatre, sont venus le frapper avec leurs armes, certains lui marchaient dessus. C’est après le départ des policiers que les étudiants sont venus le prendre… ».

Alors que les autorités de Labé, notamment le Gouverneur, cherchaient à nier les faits sur la mort par bastonnade de Boukariou Baldé, le 31 mai dernier, à l’université de Hafia (Labé), un témoin de la scène a livré sa part vérité dans cette affaire. Interrogés par un reporter de Guineematin.com, Mamadou Camara qui a vécu ce qui s’est passé, dit que ce sont des agents de la police qui battu à mort l’étudiant.

Tout est parti d’un accident de la circulation dont Mohamed Thiam a été victime (avec deux autres étudiants) et qui lui a valu une amputation de la jambe gauche. Un handicap qui l’a éloigné de l’université à la veille des évaluations finales.

Mamadou Camara

Selon Mamadou Camara, un des jeunes frères de l’étudiant amputé, c’est le chef du Département Sociologie qui a demandé à Thiam de venir se faire évaluer, malgré son état de santé. « Quand on a reçu l’appel de monsieur Mamadou Aliou Benté Diallo, leur chef de département, lui demandant de se rendre à Labé, mon frère était toujours souffrant. Mais, le chef de département a dit qu’il faut forcement nous rendre à Labé. Sans quoi, mon frère va perdre dans la matière et sera obligé de la reprendre l’année prochaine pour obtenir son diplôme. Alors, quand nous nous sommes rendus à Labé, vu son état, ses amis n’étaient pas contents. Les étudiants ont manifesté pour la première fois le jeudi, 30 mai. Après un début de négociation, il a été décidé de revenir le lendemain, vendredi, afin de trouver une solution définitive au problème ».

C’est ainsi que le lendemain, ajoute Mamadou Camara, « je suis allé avec mon frère Thiam et la maman. Au moment où la famille était dans les bureaux en train d’échanger avec le rectorat, ça a dégénéré. Et, quelques temps après, j’ai aperçu deux pick-up, un de la police et un de la gendarmerie. Le premier pick-up, qui contenait des gendarmes, est resté dehors. Le second, qui avait des policiers à son bord, est entré dans la cour. Moi, je suis allé me cacher dans les grillages de l’université. Amadou Boukariou, ce sont les policiers qui l’ont tué. D’abord, il a reçu un projectile au dos, lancé par des policiers. Quand il est tombé, les policiers au nombre de trois à quatre, sont venus le frapper avec leurs armes, certains lui marchaient dessus. C’est après le départ des policiers que les étudiants sont venus le prendre… ».

Mohamed Thiam, étudiant en sociologie licence 3 à l’Université de Labé

De son côté, Mohamed Thiam, étudiant en sociologie licence 3 à l’Université de Labé, qui a aujourd’hui la jambe gauche amputée, n’a pas manqué de dire sa tristesse face à ce qui est arrivé à feu Boukariou Baldé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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