A la faveur d’une cérémonie organisée ce mercredi, 26 juin 2019, dans un réceptif hôtelier à Conakry, le gouvernement guinéen a procédé au lancement officiel du programme d’identification unique pour l’inclusion et l’intégration sous régionale (programme WURI/UNIR). Le lancement de ce projet (qui est entré en vigueur en décembre 2018 en Guinée) a eu lieu en présence du Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, entouré de plusieurs membres de son gouvernement et des partenaires techniques et financiers de la Guinée, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette cérémonie.

Depuis quelques années, la Guinée a fait de l’identification des citoyens une « priorité régalienne ». Cette ambition se matérialise dans le plan national de développement économique et social (PNDES), dans ses dispositions relatives à la « promotion de la bonne gouvernance au service du développement durable ».

En 2017, le pays a été choisi pour être dans la première cohorte des participants au programme d’identification unique pour l’inclusion et l’intégration en Afrique de l’ouest de la banque mondiale. Un programme qui a pour objectif de doter chaque résident en Guinée et chaque guinéen à l’étranger d’un document d’identification fiable, reconnu par le gouvernement et facilitant l’accès aux services.

Dans la pratique, il s’agit de mettre en place un registre national fiable et sécurisé des populations, interconnecté avec les services publics et privés auxquels ce programme favorise l’accès. Car, selon une étude de la banque mondiale, seuls 25% des adultes disposent de leur carte d’identité en Guinée.

Ibrahima Sory Keïta, coordonnateur du programme WURI en Guinée,
Ibrahima Sory Keïta, coordonnateur du programme WURI en Guinée

Pour Ibrahima Sory Keïta, coordonnateur du programme WURI en Guinée, ce programme qui court jusqu’au mois de juillet 2024, a une envergure sous régionale « parce qu’il va aider l’ensemble des pays de la CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) de faire en sorte que leurs ressortissants se sentent chez eux lorsqu’ils seront dans les autres pays de l’espace ».

De la même manière, ajoute-t-il, « c’est un programme inclusif parce qu’il va toucher toutes les composantes de nos pays (la CEDEAO). Car, il va aller vers l’homme dont la biométrie est liée … ».

Rachidi Radji, représentant résidant de la banque mondiale en Guinée,
Rachidi Radji, représentant résidant de la banque mondiale en Guinée

De son côté, Rachidi Radji, le représentant résidant de la banque mondiale en Guinée, a fait savoir que le programme WURI contribue ultimement à l’agenda de la CEDEAO qui vise la circulation des biens et des hommes, par rapport au contrat qui a été signé en 1979.

« Il n’est pas besoin de citer les avantages d’un tel outil pour la mobilité des acteurs et des biens, mais aussi à l’accès aux services par les citoyens. C’est clair que WURI est un programme structurant. Au-delà des composants qui ont été présentés, je voudrais aborder trois éléments que nous considérons très importants. Le premier, c’est partir sur l’existant, bâtir et aller vers l’unification, afin de doter chaque citoyen d’un numéro d’identifiant fiable. Et, que la base de données soit maitrisée par les Etats.

Le deuxième principe, c’est profiter de ce projet pour faire évoluer les cadres réglementaires. Car, l’identification numérique est une question de machine, mais avant d’être une machine ce sont des textes. Et, le troisième point sur lequel je voudrais insister, c’est la dimension inclusion. Nous pensons qu’avec cet outil, c’est l’opportunité pour les pays de rendre réel leur stratégie d’inclusion et permettre à tout citoyen de la ville et du milieu rural d’avoir cet outil qui fait de lui un agent inclusif de la croissance », a expliqué Rachidi Radji.

Mama Kanny Diallo, ministre du plan et de la coopération internationale,
Mama Kanny Diallo, ministre du plan et de la coopération internationale

Dans son discours de lancement de ce programme d’identification, la ministre du plan et du développement économique, Mama Kanny Diallo, a indiqué que ce programme se propose de couvrir, à partir de 2024, plus de 80% de la population guinéenne. « Il s’agit, au terme du programme, de disposer d’un registre de la population et de l’état civil centralisés… La volonté du gouvernement guinéen de faciliter la détention, par les citoyens, de documents d’identification individuelle, découle du constat alarmant qu’en Afrique subsaharienne, plus de 500 millions de personnes n’ont aucune preuve juridique de leur identité.

En Guinée, cette catégorie constitue 75% des adultes. Donc, c’est pour relever ce défi que le gouvernement, en collaboration avec le groupe de la banque mondiale, a initié et négocié le programme WURI, avec une assistance financière de l’association internationale pour le développement, pour un montant global de 45 millions de dollars, dont la moitié en don. Car, sans un moyen fiable d’identification, il devient difficile d’exercer les droits fondamentaux d’accès à une gamme variée de services fournis par les secteurs publics et privés. Et ce, malgré les efforts déployés par le gouvernement pour améliorer significativement les conditions de vie des populations », a dit Mama Kanny Diallo,

La ministre en a profité pour témoigner la gratitude du gouvernement guinéen aux partenaires techniques et financiers, notamment le groupe de la banque mondiale « pour leur assistance soutenue au développement économique et social de la Guinée ».

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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