Siguiri : manifestation contre la SAG et le préfet

30 juin 2019 à 20 08 10 06106

Comme ils l’ont promis récemment, plusieurs anciens travailleurs de la SAG ont manifesté ce dimanche, 30 juin 2019, à Siguiri. Ils ont érigé des barricades sur la route Siguiri-Kintinia, pour exiger le payement de l’argent que leur doit la société aurifère de Guinée et leur engagement au sein de la société. Les manifestants dénoncent également des propos tenus par le préfet de Siguiri au sujet de ce problème, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Selon les manifestants, ils sont 628 travailleurs à avoir participé à la construction de la troisième usine de la SAG à Kintinia, dans la préfecture de Siguiri. Aujourd’hui, cette usine a commencé à fonctionner mais eux ont été mis à la touche et n’ont même pas encore reçu l’entièreté de leur argent pour le travail déjà accompli. Ils ont mené beaucoup de démarches en vue de récupérer leur dû mais en vain. « Nous avons enduré beaucoup de difficultés, mais nous avions pensé qu’après le travail on serait récompensé. On nous a fait toujours croire que les meilleurs travailleurs seraient récompensés. Pendant un an et demi nous avons travaillé.

Ils avaient pris l’engagement que nous serions payés au plus tard le 15 mars avec nos règlements. Mais, quand nous sommes venus, Guinée Labour qui est la société de gestion des ressources humaines n’était pas sur le site, le directeur général de la SAG, monsieur Diaby, s’était impliqué ce jour, Guinée Labour a promis qu’elle va nous payer le 29 mars. Nous sommes venus à cette date, mais nous avons constaté que le mois de mars n’était pas payé, même dans nos règlements ils nous volaient. Et finalement, le directeur de la SAG nous a fait comprendre que ce n’est pas son affaire », a expliqué Mamadou Gackou, porte-parole des manifestants.

En plus du non payement de leur argent, les travailleurs disent avoir constaté l’arrivée massive de Ghanéens qui viennent travailler dans l’usine qu’ils ont eux-mêmes construite. Dénonçant une double injustice à leur égard, ils ont écrit une plateforme revendicative qu’ils ont adressée à la SAG, réclamant le payement de leurs indemnités et leur embauche à l’usine. En réponse, « la SAG a proposé 38 places pour un contrat de trois ans alors que nous sommes 628 personnes. Nous avons vu un manque de volonté de la SAG.

Donc nous avons adressé un courrier au préfet, au maire et au doyen de Siguiri pour leur dire que si la SAG ne prend pas nos revendications au sérieux, nous allons manifester. Le préfet nous répond en disant que sa femme ne travaille pas à la SAG, ni ses enfants et que si nous voulons on peut brûler la SAG, ce n’est pas son affaire. Ce sont ces propos du préfet qui ont énervé les travailleurs », a laissé entendre Mamadou Gackou.

Il a fallu l’intervention des responsables du RPG Arc-en-ciel de Siguiri pour calmer les manifestants. Ils ont promis de s’impliquer pour trouver une solution au problème des travailleurs. Ce qui a amené les protestataires à lever les barricades et à rentrer chez eux.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Manifestation pour une nouvelle constitution à Labé : le FARC défie le maire et dribble le gouverneur

30 juin 2019 à 16 04 52 06526

Malgré toutes les pressions venant des autorités locales et des activistes du FNDC, le Front pour l’Adoption par Référendum de la nouvelle Constitution (FARC) a réussi organiser dans la matinée de ce dimanche, 30 juin 2019, une cérémonie de lancement officielle de ses activités dans la région de Labé, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Au sortir de la réunion tenue hier samedi, 29 juin 2019, au gouvernorat de Labé, les responsables du Front pour l’Adoption par Référendum de la nouvelle Constitution (FARC) avaient prétendus entendre les sages conseils des autorités locales en renonçant à son carnaval suivi d’un meeting géant au stade régional Elhadj Saïfoulaye Diallo ce dimanche, 30 juin 2019.

Quelques heures seulement après cette réunion de crise, les promoteurs de la nouvelle constitution ont annoncé l’organisation d’une assemblée générale pour informer et sensibiliser leurs supporteurs sur les motifs de l’annulation de leur carnaval par les autorités régionales, préfectorales et communales.

Mais, la mobilisation constatée ce dimanche matin au centre d’écoute, de conseil et d’orientation des jeunes (CECOJE) de Labé a alerté les activistes du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) qui y ont dépêché un émissaire pour s’enquérir de la réalité.

Quelques instants après, le coordinateur national du FARC, Samba Camara est invité à se rendre au gouvernorat où explique au gouverneur de région, Elhadj Madifing Diané qu’il s’agit d’une assemblée générale pour rendre compte à la base des recommandations issues de la réunion de crise hier, samedi, 29 juin 2019.

Le locataire des lieux dépêche au stade régional son directeur de cabinet, Ouremba Traoré pour évaluer la situation. Le compte rendu de mission est sans équivoque : « il y a une grande mobilisation là-bas.»

Le gouverneur de région décide alors de retenir Samba Camara dans son bureau jusqu’à ce qu’il démobilise ceux qui sont déjà sur les lieux de la manifestation. L’intéressé joue le jeu et passe des appels téléphoniques dans lesquels il passe le message que le gouverneur souhaite entendre. Elhadj Madifing Diané était loin de s’imaginer que ces appels téléphoniques émis par Samba Camara devant lui activaient le plan B du FARC.

Car, les responsables de ce mouvement de soutien au président Alpha Condé considéraient désormais leur allié Samba Camara comme élément pris en otage par les autorités locales. Peu de temps après, la délégation venue de Conakry dont Sékou Souapé Kourouma, Souleymane Keïta et Marima Ciré Bah du mouvement Djokken Alpha sont accueillis en triomphe dans la salle du CECOJE avec des slogans favorables à l’adoption par référendum d’une nouvelle constitution.

Le porte-parole du groupe, Sékou Souapé Kourouma a finalement pris la parole pour saluer la qualité de la mobilisation et encourager les participants à persévérer dans cette lutte pour l’adoption d’une nouvelle constitution en République de Guinée. La cérémonie n’a pris juste qu’une vingtaine de minutes.

Du CECOJE, les organisateur sont dirigés vers le gouvernorat pour faire libérer « leur otage ». Animés d’un sentiment de satisfaction d’avoir réussi un coup politique, les responsables du FARC ont joué le jeu en mettant la balle à terre pour recevoir « les sages conseils de monsieur le gouverneur de région. »

Responsables de l’antenne préfectorale du FARC et invités venus de Conakry se félicitent aujourd’hui d’avoir réussi à gérer sans le moindre incident l’adversaire de l’adoption d’une nouvelle constitution qui avait fait irruption au CECOJE.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Humanitaire : des guinéens vivant en Allemagne volent au secours des déguerpis de Dar es-Salam

30 juin 2019 à 15 03 52 06526

La communauté guinéenne vivant à Hambourg, en Allemagne, vient au secours des déguerpis de Dar es-Salam, dans la commune de Ratoma (Conakry). Ces ressortissants guinéens ont offert une enveloppe symbolique de 600 euros à leurs compatriotes. La remise officielle de ce don aux bénéficiaires a eu lieu dans la soirée d’hier, samedi 29 juin 2019, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est le journaliste Boubacar Diallo, communément appelé Aboubakr, directeur général de la radio Lynx Fm, qui a procédé à cette remise au nom des donateurs. Selon lui, « l’initiative vient d’Aïssatou Chérif Baldé et Mamadou Yaya Bah, mais c’est tous les compatriotes vivant à Hambourg qui ont collecté cet argent, qui est de 600 euros. Ils m’ont dit de venir remettre ce montant aux victimes de cette casse, aux habitants de cette agglomération, pour leur dire qu’ils pensent à eux, qu’ils sont de cœur avec eux. Donc, je suis venu, Dieu merci, on a eu la présence des autorités locales, on a eu la présence des autorités religieuses du quartier et puis on a eu la présence des victimes. Et nous avons procédé à la remise de ce montant symbolique.

Aboubacr

Je crois que c’est un exemple à suivre, c’est-à-dire je profite de votre média pour m’adresser à la communauté vivant à l’extérieur. Parce qu’il faut être sur ce site pour voir un peu les conditions dans lesquelles ces personnes vivent avec des bébés, des personnes démunies, des personnes invalides qui dorment sous la pluie, qui dorment à la belle étoile. J’ai vu un bébé qui tétait les seins de sa maman, j’ai eu les larmes aux yeux parce que j’ai pensé à ma fille de 9 mois qui est à la maison, qui a la chance d’avoir un abri. Mais ici, il y a des bébés sous cette pluie, c’est insoutenable pour un père de famille», a-t-il dit, triste.

Issiaga Bangoura

Très heureux de ce geste, Bangoura Issiaga, porte-parole des bénéficiaires, a remercié nos compatriotes vivant à Hambourg pour ce don. Il a mis l’occasion à profit pour inviter les autres guinéens qui vivent à l’extérieur à en faire autant. « C’est un sentiment de joie et de satisfaction qui nous anime aujourd’hui. Nous sommes très contents de ce don symbolique de 600 euros. Après le déguerpissement du 23 mai 2019, les habitants de Dar es-Salam vivent aujourd’hui dans une situation difficile. Au moment où je vous parle, il y a des guinéens qui vivent à Dar es-Salam qui n’ont pas où se loger, même les 20 millions que le gouvernement a accordés aux victimes, certains n’en ont pas eu.

Il y a des maisons qui ont été cassées avec leur contenu, certains n’ont pas eu le temps de faire sortir leurs bagages. Certains parmi nous passent la nuit à la belle étoile sur ce site, ils n’ont pas où aller. (…) Nous remercions les ressortissants vivant en Allemagne particulièrement à Hambourg, qui ont pensé à nous. Nous souhaitons que cela ne soit pas le dernier don. Nous lançons également un appel aux hommes de bonne volonté, les ONG, les institutions nations nationales et internationales à nous venir en aide », a-t-il souhaité.

A noter que 8000 personnes sont victimes du déguerpissement effectué à Dar es-Salam. Parmi lesquelles, beaucoup d’enfants et de vieilles personnes.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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« La Guinée classée parmi les pires pays au monde pour les travailleurs »

30 juin 2019 à 12 12 10 06106
Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG
Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG

« Des syndicalistes ont été bastonnés, arrêtés, emprisonnés et condamnés. Nos libertés ont été bafouées, nos droits piétinés, nos salaires gelés. Donc, nous étions à Genève pour dénoncer ces différentes violations par notre gouvernement »…

Comme annoncé précédemment, après un séjour à Genève où il a pris part à l’assemblée générale de la confédération syndicale internationale (CSI), le secrétaire général du SLECG et premier secrétaire général adjoint de l’USTG, Aboubacar Soumah, a conféré hier, Samedi 29 Juin 2019, avec les enseignants affiliés au syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée. Le bouillant syndicaliste qui fait trembler les autorités guinéennes au plus haut niveau a tenu à clarifier les raisons de sa participation aux activités de la CSI.

Aboubacar Soumah a expliqué qu’il est allé à Genève pour dénoncer les violations dont les syndicalistes ont été victimes de la part du gouvernement guinéen. Il a d’ailleurs annoncé que la CSI a classé la Guinée parmi les pires pays au monde pour les travailleurs et les travailleuses, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était au siège du SLECG à Donka.

C’est avec son habituel franc parler que Aboubacar Soumah a fait son compte rendu de mission à Genève. Un compte rendu qui sonne comme un droit de réponse à ceux qui le blâment pour avoir dénoncé le gouvernement guinéen devant des centrales syndicales venues des quatre coins de la terre.

« Nous sommes partis à Genève pour dénoncer les différentes violations que nous avons subies ici de la part de notre gouvernement. Des syndicalistes ont été bastonnés, arrêtés, emprisonnés et condamnés. Nos libertés ont été bafouées, nos droits piétinés, nos salaires gelés. Donc, nous étions à Genève pour dénoncer ces différentes violations par notre gouvernement. Et, nous l’avons fait. Et, aujourd’hui, cela se vérifie. La CSI a classé la Guinée parmi les pires pays au monde pour les travailleurs et les travailleuses. Un passage du contenu du rapport ‘’Indice CSI des droits dans le monde’’ met en exergue le recours à la violence extrême à l’encontre des défenseurs des droits sur le lieu de travail, ainsi que les arrestations et les détentions massives », a dit le secrétaire général du SLECG.

Par ce fait, Aboubacar Soumah estime avoir accompli sa mission à Genève, tout en rappelant que c’est la Guinée qui a ratifié des conventions relatives à la liberté syndicale et à la liberté d’association.

« Donc, si ces droits sont violés, nous ne pouvons pas croiser les bras, partir à Genève et ne pas dénoncer. Et, aujourd’hui, un syndicaliste se permet de dire que nous sommes allés à Genève pour dénoncer le gouvernement. Mais, qu’allons-nous dire autre ? Nous ne sommes pas un syndicat du gouvernement, nous sommes un syndicat des travailleurs. Nous sommes là au service des travailleurs et pour porter leurs revendications vers le gouvernement. Donc, quand nous sommes à un lieu qui nous permet de dénoncer les violations que nous avons subi dans notre pays, nous ne resterons pas bras croisés. On l’a fait, on le fera et on continuera à le faire pour le respect des libertés, le maintien des droits syndicaux en Guinée et à travers le monde. Donc, chers camarades, nous avons dignement représenté notre centrale et nous pensons que nous avons accompli la mission… », a-t-il expliqué sous les applaudissements assourdissants des enseignants.

Par ailleurs, le secrétaire général du SLECG et premier secrétaire général adjoint de l’USTG a invité ses collègues enseignants à se tenir tranquille face « au balivernes » distillées par le SLECG version Kadiatou Bah.

« La CGT de France a organisé une marche à laquelle nous avons été conviés. Et, nous sommes venus avec une banderole que nous avons déroulée devant tout le monde. Cette banderole a dérangé l’autre camp d’en face… Nous avons fait l’objet d’admiration de tous les syndicalistes du monde à Genève. Donc, chers camarades, soyez tranquilles. Notre SLECG se porte très bien. Le syndicat ce n’est pas la bouche. Le syndicat, c’est l’action, c’est la base », a conclu Aboubacar Soumah.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Opposition à un 3ème mandant : une antenne du FNDC à Lélouma

30 juin 2019 à 10 10 50 06506

Les responsables locaux de la société civile de Lélouma et leurs partenaires politiques du moment ont mis en place l’antenne préfectorale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), qui n’a aucun pouvoir de prendre des initiatives locales, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

L’antenne préfectorale du FNDC de Lélouma, dans la Région Administrative (RA) de Labé, installée il y a quelques jours a pour coordinateur, Elhadj Amadou Poyé Diallo, ancien maire de la commune urbaine et fonctionnaire qui fait valoir ses droit à la retraite.

« Nous avons composé la structure parce qu’on sait que Labé est le fief de l’opposition, mais dans ce domaine, Lélouma dépasse Labé. Quand on a parlé de ce projet de modification de la constitution, nous avons dit ici que nous sommes absolument contre. Comme à Conakry et à Labé, on a fait des bureaux pour cette lutte, nous avons suivi les instructions de Labé et Conakry. Nous avons mis en place cette structure », explique le doyen Amadou Poyé Diallo.

Quand vous dite que l’antenne préfectorale a été installée parce que c’est le fief de l’opposition, voulez-vous nous dire que les acteurs de la société civile de Lélouma qui forment le FNDC constituent un appendice des partis politiques de l’opposition ?

« A Lélouma, c’est comme ça. La société civile et les partis politiques sont membres de l’antenne », a-t-il répondu.

A ceux qui pensent qu’il est proche de l’Union des Forces Démocratiques (UFDG), le coordinateur préfectoral du FNDC de Lélouma est sans équivoque : « c’est une erreur de dire que je suis membre du bureau fédéral de l’UFDG. Je ne le suis pas du tout. Je suis un fonctionnaire retraité et un maire à la touche. On peut considérer que je suis acteur de la société civile. »

Abordant le plan d’action opérationnel de cette nouvelle structure préfectorale du FNDC de Lélouma, notre interlocuteur a expliqué que son équipe n’a pas mandat de prendre des initiatives au niveau local.

« L’antenne préfectorale a été validée par une mission de la coordination régionale composée de 4 personnes. Après notre installation officielle, nous avons eu un entretien avec les missionnaires qui nous ont demandé de rester à l’écoute de Labé et de Conakry. De se tenir prêt pour mettre en exécution les consignes de Labé ou de Conakry. Ils nous ont dit ne rien entreprendre à notre niveau ici pour éviter d’avoir des ennuis avec la sécurité », a-t-il conclu.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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CAN 2019 : le Syli, à quitte ou double…

30 juin 2019 à 10 10 36 06366

Par Saliou Samb : Le Syli national de Guinée joue ce dimanche, au stade Al Salam du Caire, un match capital contre les Hirondelles du Burundi. Dans cette confrontation comptant pour la troisième et dernière journée du premier tour, les coéquipiers de Naby Keïta devront remporter les 3 points ou quitter la compétition…

Défaite et match nul totalement interdits. La situation de la formation guinéenne (1 point en 2 matches), arrivée à Alexandrie avec de très grandes ambitions, s’est dégradée dès l’entame de la compétition, avec le match nul (2-2) inattendu contre les Bareas de Madagascar (4 points en 2 matches). La défaite (évitable) concédée par la suite contre les Super Eagles du Nigeria (6 points en 2 matches), sur le score de 1 but à 0, est venu compliquer les choses, laissant le Syli dans une situation délicate. Personnellement, contrairement aux rabat-joie et autres pessimistes, je crois fermement aux chances de qualification de l’équipe nationale de Guinée. En valeur intrinsèque, elle est beaucoup plus talentueuse que son adversaire et, au vu de l’enjeu de la partie, elle n’a pas besoin de motivation supplémentaire pour faire un grand match.

De son côté, la formation burundaise va naturellement miser sur l’impact physique et la vivacité. Mais, avec les atouts qui sont les siens, un Syli national concentré et batailleur devrait pouvoir remporter cette partie. Voici quelques raisons d’y croire…

Même si l’axe central de la Guinée et le flanc gauche (celui d’Issiaga Sylla) ont retrouvé plus de sérénité, ma grande crainte est que l’entraîneur Paul Put aligne une nouvelle fois une défense avec un maillon faible sur le flanc droit, provoquant déséquilibres, hésitations et pertes de balles dangereuses qui peuvent être potentiellement exploitées par l’adversaire. Pour l’avoir bien observé lors de ses deux premiers matches, je pense que Mikael Dyrestam est encore fragile psychologiquement pour aborder ce genre de match à tension. Or, tous les observateurs l’ont remarqué, l’une des forces de l’équipe du Burundi réside dans la qualité de ses joueurs excentrés. Put doit tenir compte de cela et trouver le moyen de bloquer l’animation de l’équipe adverse au niveau des couloirs. Par ailleurs, il faudra être hyper concentré sur toutes les balles arrêtées près de la surface guinéenne. En effet, logiquement, l’équipe du Burundi va tenter d’exploiter cette faiblesse de l’équipe guinéenne, qui a déjà encaissé deux buts (un contre Madagascar et un autre contre le Nigeria) suite à des absences inadmissibles de défenseurs distraits.

Au niveau du milieu de terrain, les Burundais ont l’habitude de donner beaucoup d’énergie dans les duels et sur les seconds ballons.

Techniquement, avec des joueurs comme Amadou Diawara, Ibrahima Cissé et peut-être Naby Keïta (s’il est valide), la Guinée est un cran au-dessus mais il faudra jouer intelligemment pour éviter les contacts rugueux et inutiles dont l’adversaire pourrait abuser, avec l’objectif de remporter coûte que coûte la bataille à ce niveau. Pour déjouer ce genre de plan, le Syli doit accepter d’aller au combat en maintenant un esprit à la fois combattif et collectif (réfléchir vite et lâcher le ballon au bon moment) ; cela sera absolument nécessaire pour dominer une équipe solidaire et jouant en bloc comme celle des Hirondelles. En observant d’ailleurs le style des deux formations, il ne fait aucun doute que la bataille du milieu de terrain pourrait déterminer l’issue de ce match qui va se jouer à cent à l’heure. Mais, dans la fournaise du stade Al Salam, l’équipe qui refusera de construire le jeu en sautant les lignes pourrait perdre le match…

Venons-en aux attaquants Sory Kaba, Ibrahima Traoré et peut-être François Kamano (si Put le maintient titulaire). Je pense que les consignes ne doivent pas aller par quatre chemins. Les grands joueurs se servent de ce genre de duel au couteau pour attirer le feu des projecteurs.

La CAN se gagne en marquant des buts : on ne peut pas se permettre, dans un match couperet, comme celui-ci, de vendanger la moindre occasion de but. Les trois garçons ont l’expérience et les moyens techniques de profiter de la principale faiblesse des Hirondelles : une défense centrale lourde et qui ne fait pas forcément les bons choix dans ses relances. On l’a remarqué lors des deux premiers matches et un bon pressing pourrait provoquer des erreurs fatales chez l’adversaire. Enfin, l’esprit d’équipe doit régner de la première à la dernière minute, sans s’énerver ou se précipiter même si le Syli ne trouve pas rapidement le chemin des filets. Il faudra beaucoup de patience si la réaction du bloc burundais est vigoureuse et inattendue. Car dans ce genre de tournoi, où les matches ne sont pas espacés, les joueurs qui n’ont pas l’habitude de jouer au haut niveau accusent très souvent le coup physiquement…

Bonne chance au Syli !

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