Un affrontement a été évité de justesse hier, dimanche 30 juin 2019, entre des membres du Front pour l’Adoption par Référendum d’une Nouvelle Constitution (FARC), favorables à un troisième mandat pour le président Alpha Condé, et ceux du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), opposés à toute idée de troisième mandat, à Labé.

Plusieurs partisans du FNDC ont décidé d’aller disperser ceux du FARC qui tenaient un meeting dans les locaux du CECOJE de la ville. Mais, ils ont trouvé que leurs adversaires avaient déjà quitté les lieux, a appris Guineematin.com à travers un de ses correspondants à Labé.

Malgré l’interdiction des manifestations qui étaient programmées par le FARC et le FNDC hier, dimanche, par les autorités de Labé, les promoteurs d’une nouvelle constitution ont maintenu leur rassemblement. Au lieu du carnaval qui était annoncé, les responsables du Front pour l’Adoption par Référendum d’une Nouvelle Constitution ont organisé un meeting dans la salle du CECOJE (Centre d’Ecoute et d’Orientation des Jeunes). Ils ont réuni plusieurs jeunes et même une délégation du parti au pouvoir venue de Conakry, conduite par Sékou Souapé Kourouma.

Ayant appris cette mobilisation, les responsables du Front National pour la Défense de la Constitution ont trouvé anormale que leur manifestation soit interdite et que celle de leur adversaire se tienne. Ils ont réuni plusieurs jeunes pour aller disperser le rassemblement du FARC. Mais, à leur arrivée sur les lieux, les promoteurs d’une nouvelle constitution n’étaient plus sur place.

« La raison de notre présence ici, c’est du fait que nous avons appris qu’il y a le FARC, qui est un mouvement antidémocratique, qui tient un meeting ici au CECOJE. Ils ont réuni quelques enseignants et certains jeunes qu’ils ont corrompu à travers des miettes, juste pour remplir la salle et prendre des images afin de dire qu’ils ont du monde derrière eux. Mais, heureusement pour eux, on est venu trouver qu’ils avaient déjà quitté les lieux. Donc, toutes leurs affiches ont été déchirées, d’autres brûlées. Labé est contre une nouvelle constitution, c’est clair », a déclaré Safayou Baldé, membre du Front National pour la Défense de la Constitution à Labé.

Interrogé sur cette situation, Samba Camara, le fondateur du FARC, a banalisé cette action des membres du FNDC. Pour lui, l’essentiel est que la manifestation de sa structure a bien réussi. « A leur arrivée, on avait déjà fini notre activité, il n’y avait personne là-bas, ce ne sont pas eux qui nous ont dit de quitter les lieux. C’est après notre départ, qu’on nous a appris qu’il y a des gens qui sont venus au stade pour manifester contre nous et décoller nos affiches. On a dit que c’est normal, ils sont libres de manifester comme nous, on a déjà fini notre activité. Seulement, notre assemblée a réussi, la salle était pleine à craquer, les images et les vidéos en font foi », a-t-il dit.

A rappeler que le maire de Labé a interdit les manifestations des pro et anti nouvelle constitution qui étaient prévues le même jour dans la ville, invoquant des risques d’affrontement. L’autorité communale a été a été appuyée par le gouverneur de la région qui a convié les deux camps à une réunion samedi, pour les sensibiliser à surseoir à leurs manifestations. Des consignes respectées par le FNDC et non par le FARC.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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