Conakry : un nigérian jugé pour trafic international de cocaïne

La lutte contre le trafic international de stupéfiants se poursuit dans notre pays. Alors que les trafiquants ne manquent pas d’ingéniosité pour transporter leur marchandise, l’appareil judiciaire ne lésine pas sur les moyens dans la répression contre ce mal. C’est dans ce cade qu’un ressortissant Nigérian, Valentin Okéke, alias Chimaye, a comparu hier mardi, 02 juillet 2019, au tribunal criminel de Mafanco pour répondre des faits de trafic international de cocaïne, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Comme la plupart des accusés de trafic de drogue, le nigérian a été mis aux arrêts à Conakry en provenance du Brésil, en possession de 25 boules de cocaïne. Il a été arrêté par les agents de l’Office Central Anti Drogue (OCAD) avant d’être mis sous mandat de dépôt le 02 novembre 2018.

A la barre du tribunal de Mafanco, Valentin Okéke a systématiquement les faits de trafic international de drogue articulés contre lui. Interrogé par la juge, Djénabou Donghol Diallo, l’accusé a donné sa version des faits. « Quand je suis arrivé à l’aéroport international de Gbessia de Conakry, j’ai pris le taxi. Dès la sortie de l’aéroport, les agents de l’OCAD m’ont interpellé. Ils m’ont interrogé. Mais, je ne comprenais rien, parce qu’ils s’exprimaient en langue française or moi je ne comprends pas cette langue. Ils m’ont conduit dans leurs locaux et ils m’ont offert à manger, du pain et du jus. Après, ils m’ont conduit devant le magistrat instructeur. Ce dernier aussi m’a interrogé en Français avant de me faire signer un procès verbal dont je ne connaissais pas le contenu. Je pensais que si j’apposais m’a signature sur ce procès verbal, ils allaient me libérer. On ne se comprenait pas, car ce magistrat m’a auditionné sans interprète ni avocat », a dit le Nigérian.

Prenant la parole, la procureure Joséphine Tinkiano, a laissé entendre que l’accusé est libre de tout nier. « C’est votre droit le plus absolu de tout nier. Mais, je vous rappelle qu’il y a un adage qui dit, une faute reconnue est à moitié pardonnée ».

Compte tenu de la position de l’accusé, la procureure a pris son temps pour faire la lecture des déclarations faites par l’accusé devant le magistrat instructeur. Il en est ressorti que Valentin Okéke avait reconnu les faits. « Je reconnais les faits. J’avais de la drogue, précisément de la cocaïne. J’étais à Abuja lorsque mon ami Aubin est venu me dire de me rendre au Brésil où quelqu’un va me remettre quelque chose que je dois envoyer en Guinée. Ainsi, je suis allé au Brésil, précisément à Sao Paolo, où j’ai pris une chambre à l’hôtel. Quelqu’un est venu me remettre 50 boules de cocaïne dissimulées dans des boulettes de tô. J’ai avalé les 50 boules. Arrivé à Conakry, les agents de l’OCAD m’ont arrêté à la sortie de l’aéroport. Ils m’ont fait boire du jus et j’ai évacué le contenu de mon estomac par l’anus. Après analyse, ils ont retrouvé 25 boules de cocaïne sur les 50 boules que j’ai avalés », a lu Joséphine Tinkiano.

Dans sa réaction, l’accusé a nié le contenu du document lu par la procureure, arguant qu’il était en Guinée pour rencontrer un de ses amis du nom de Ben. « Moi, j’habite au Brésil avec ma famille. J’étais juste venu en Guinée pour rencontrer mon ami. Et ils m’ont interpellé sans que je puisse le rencontrer. Je ne reconnais pas cette déclaration. Je n’ai rien avalé et je n’ai rien expulsé par l’anus. J’ai été entendu sans avocat ni interprète. On ne se comprenait même pas », a insisté l’accusé.

Revenant à la charge, la procureure va laisser entendre que l’accusé était surveillé sans le savoir depuis son embarquement jusqu’à l’arrivée. « Vous avez tout nié. Mais, n’oubliez pas que vous étiez filé du Brésil à Casablanca et de Casablanca à Conakry », a précisé madame Tinkiano.

Le dossier a été renvoyé au mardi 9 juillet 2019 pour la suite des débats.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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