N’zérékoré : le colonel Lamine Kéita veut faire enterrer « la hache de guerre » dans la cité

Colonel Mohamed Lamine Kéita, commandant du camp militaire de N’zérékoré
Colonel Mohamed Lamine Kéita, commandant du camp militaire de N’zérékoré

La capitale de la Guinée forestière a enregistré ces dernières années des scènes de violences meurtrières, des blessés et des dégâts matériels importants. C’est pour inverser cette courbe que le commandant du camp militaire de N’zérékoré, la 4ème région militaire, compte s’invertir dans la négociation pour rapprocher les positions. La démarche vise à atténuer les différends qui existent entre les communautés, vivant ensemble depuis de très nombreuses années, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Dans un point de presse animé dans la matinée de ce mercredi, 03 juillet 2019, dans les locaux du camp Béhanzin, le Colonel Mohamed Lamine Kéita a annoncé l’organisation des journées de concertation du 03 au 19 juillet 2019 entre toutes les composantes sociales de la ville.

Selon l’officier supérieur de l’armée, cette action vise à mettre les toutes les composantes sociales de la ville autour d’une table afin de discuter sur les points de divergences qui opposent les communautés. « C’est une rencontre de concertation avec toutes les sensibilités qui sont à N’zérékoré : sages, jeunes leaders, partis politiques, société civile, les syndicats, les élus locaux, les religieux, l’union des groupements des femmes et même les forgerons. On aura le temps de discuter. Chacun sera écouté, ce qui ne va pas, ce qui gangrène leurs relations, pour qu’ensemble nous allions discuter et trouver une résolution. Et à la fin, tous ceux qui ont des armes blanches, des flèches, ils vont tout envoyer, pour qu’on les brûle devant tous ».

Colonel Mohamed Lamine Kéita, commandant du camp militaire de N’zérékoré
Colonel Mohamed Lamine Kéita, commandant du camp militaire de N’zérékoré

À la question de savoir pourquoi cette il a pris cette initiative, au regard de son statut de militaire, le colonel répond en ces termes : « j’ai fait une jeune enfance ici. Pour la petite histoire, mon père était commandant de Zone. J’ai fait N’zérékoré quand j’étais encore très jeune dans les années 1971, 1972, 1973. N’Zérékoré était paisible, N’zérékoré était bon et je venais en vacances quand le colonel Idrissa était ici. N’Zérékoré était toujours bon, jusqu’en 1984, il n’y avait rien, il n’y avait pas de problèmes. Quand j’étais aux opérations des Nations Unies à Kissidougou, où j’étais l’officier sécurité de l’UNICEF, je venais de temps en temps à N’Zérékoré. L’engouement que je voyais en ce moment et ce d’aujourd’hui, c’est très différent. Maintenant, les gens se regardent en chiens de faïence. Et surtout que je sors d’une opération en Côte d’Ivoire. Les gens ne connaissent pas la gravité de la guerre, surtout celle de la guerre asymétrique, la guerre civile. Moi, je suis militaire, je connais la guerre, quand les balles vont souffler, on ne dira pas que c’est un Guerzé, un Malinké ou un Peulh. Il faut que nous nous réveillions, pour ne pas que nous soyons sur la piste du Rwanda. Ça commence comme ça, c’est comme les feux de brousse, ça commence tout petit et ça s’éclate à la fin. Alors, il est temps pour que chacun s’investisse », a conseillé le commandant du camp Béhanzin.

Le colonel Keita reste optimiste quant à la réussite de cette noble mission qu’il compte entreprendre pour que le calme et la quiétude règnent de façon durable dans la capitale de la Guinée Forestière.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah et Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél : (00224)620166816/666890877

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