La structure Vision Large a procédé au lancement de la présélection du Grand Concours Jeune Entrepreneur de Guinée ce mercredi, 10 juillet 2019, au Centre Culturel Franco-Guinéen de Conakry. Ce projet qui touche les huit régions administratives du pays, vise à « lutter contre le chômage des jeunes », dans une conjoncture particulièrement compliquée, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi est une dure réalité à laquelle sont confrontés de nombreux jeunes. C’est pour faciliter l’obtention d’un emploi et dissuader les jeunes à emprunter les chemins incertains de l’immigration que ce projet a vu le jour.

Dans son intervention, Djiba Millimouno, journaliste au Groupe Hadafo Médias et responsable de ce projet, a commencé par rappeler que la réflexion sur le lancement de ce projet a duré deux ans. Selon lui, ce projet est allé d’un constat selon lequel les jeunes peuvent rester en Guinée et s’épanouir. « Nous sommes dans un pays qui s’est tourné vers l’économie de marché et, qui parle d’une économique de marché, parle d’individualisme, chaque citoyen a la chance d’entreprendre. Et donc souvent, les jeunes sortent des universités. Lorsqu’ils finissent la formation, on a constaté qu’il y a une inadéquation entre la formation et la demande. Donc, ça fait que les jeunes même, s’ils sortent, ils ont des problèmes à avoir le premier emploi. Et, il y a aussi la question du chômage endémique, il y a la migration irrégulière. Alors, c’est un voyage périlleux. Donc, on s’est dit pourquoi ne pas lancer un concours qui va permettre aux jeunes de s’accrocher davantage à leurs rêves et d’aller vers l’entreprenariat. Globalement, nous voulons lutter contre le chômage des jeunes à travers ce concours dénommé le Grand Concours des Jeunes Entrepreneurs. On a fait le lancement le 24 avril et donc nous avons un site qu’on a créé, qu’on appelle le Grand Concours de l’Entrepreneur. Les jeunes ont fait une inscription sur la plateforme. Je rappelle que c’est un projet qui touche les huit régions administratives du pays. Donc, dans chaque région, nous avons un coordinateur. Les coordinateurs ont inscrit les jeunes. On a eu 418 inscrits, après on a fait une décantation, parce qu’on ne pouvait pas prendre tout le monde. Après la décantation, on a retenu 218 », a-t-il expliqué.

Poursuivant, l’initiateur de ce projet a dit que pour cette présélection qui constitue la première phase de la compétition et qui commence aujourd’hui, « la zone de Conakry a 71 candidats jeunes. Et donc, ce sont les domaines l’Agrobusiness, le Digital, les Médias, la Pêche, l’Elevage et l’Entreprenariat social. Donc, à l’issue de la présélection dans la zone de Conakry, nous aurons 5 jeunes qui vont être retenus, cinq projets qui vont être retenus pour la suite du concours. Donc, après on va aller dans les autres régions. A Kindia, nous avons 32 candidats ; à Boké, nous en avons 40. Ensuite, nous irons à Labé, à Mamou, ainsi de suite jusqu’à N’Zérékoré pour boucler la présélection. Il faut rappeler que nous allons retenir 3 projets par région. Pour la zone spéciale de Conakry, nous allons retenir 5. Alors, c’est ce qui va nous faire 26 projets en tout ».

En outre, Djiba Millimouno a fait savoir que les initiateurs de ces 26 projets seront formés. « Après, on va les former en technique de montage des projets sur deux semaines. Ensuite, on va continuer les quarts de finales, la demi-finale et la finale. Cette fois-ci, ça va se faire sur un plateau télé : il y aura une projection, il y aura une présentatrice. A la fin, nous aurons 8 projets qui vont être retenus pour financement, en raison d’un projet par région. Et, c’est l’OIM (Organisation Internationale pour la Migration) qui va financer ces projets en raison de 50 millions de FG par projet. Ce qui fait 400 millions comme enveloppe financière », a-t-il indiqué.

De son côté, Mohamed Condé, chargé de projet à l’OIM et membre de jury, a indiqué que le niveau de formation et le côté innovant comptent beaucoup dans ce concours. « Les jeunes doivent nous proposer des activités qui ne sont pas courantes. Ils doivent sortir leur flaire, leur savoir-faire. Ce qui est enfoui en eux, leurs rêves. Ils vont le sortir et puis on va essayer de mettre ça en concurrence et voir maintenant la pertinence. C’est-à-dire que nous allons voir est-ce que les projets qui vont être présentés répondent à un besoin, en plus, regarder un peu le but de ces projets. Donc, je pense que c’est déjà essentiel pour répondre à l’idée de nos différents projets financés par le fonds fiduciaire de l’Union européenne, mais aussi par le fonds de la Grande Bretagne », a dit e représentant de l’OIM.

A noter qu’il y a des critères d’éligibilité à ce projet. Il faut être âgé entre 18 et 35 ans, avoir un projet dans le Digital, l’Agrobusiness, l’Elevage, la Pêche, l’Entreprenariat social ou les Médias. Pour ceux qui ont une entreprise, il faut avoir trois ans d’expérience sur le terrain. Dans la présélection, la pertinence du projet, l’innovation et le profil du candidat sont pris en compte, a-t-on appris sur place.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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