Rien ne va plus entre le groupe Evasion Guinée et certains journalistes de cette entreprise de presse. Dans une note Réf : 101-SP-GEG-2019, en date de ce mercredi, 10 juillet 2019, le Président Directeur Général a mis « en chômage technique » seize (16) journalistes « pendant cette période difficile de restructuration », a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Depuis quelques semaines, on assiste à des suspensions et autres licenciements au sein du groupe de presse Evasion Guinée. Le dernier acte en date qui vient couronner le malaise ambiant est tombé ce mercredi comme un couperet. Seize journalistes ont été tout simplement remerciés par le PDG, Moussa Traoré. Les concernés se disent surpris de cette décision et réclament le payement de leurs salaires du mois de juin avant qu’ils ne quittent définitivement ce groupe de média.

Rencontré par un reporter de Guineematin.com, un confrère qui a gardé l’anonymat, par peur de se voir priver de son salaire, est revenu sur la genèse des faits. Il a rassuré qu’il est prêt à quitter le groupe Evasion Guinée dès qu’il sera en possession de son salaire.

« Ce qui se passe à Evasion ne se passe nulle part ailleurs. Depuis quelques semaines, il y a vraiment un climat de psychose ici. Toujours, il y a des menaces à l’endroit surtout de la rédaction qui est le service le plus visé. Surtout que, le PDG pense que la rédaction est un problème pour lui. Du coup, il oblige tout journaliste, chaque jour au moins, de venir avec un publi-reportage. Cependant, le rôle d’un journaliste, ce n’est pas celui d’un agent commercial et quand vous confondez le rôle de vos agents, c’est qu’il y aura une zizanie. Mais, depuis le début de cette semaine, on a connu des sanctions, même la rédactrice en cheffe adjointe, on ne sait pas pour quel motif elle a été sanctionnée. Même le rédacteur en chef a été démis de ses fonctions, même s’il est resté en tant que journaliste libre. Et nous aussi, nous payons les frais. On se réveille ce matin, on dit bon écoutez, vous êtes persona non grata, vous n’avez pas accès. Vous les seize journalistes là, le PDG a signé une liste qui nous renvoie automatiquement sans motif. Et pourtant, vous le savez, nous sommes le 10 juillet, au lieu de chercher au moins à nous payer d’abord et puis nous dire ce qui ne va pas, on ne sait même pas. Et surtout, il y a une chose qu’on sait, c’est un habitué des faits. Même quand il y a une petite dispute, il vous prend déjà et vous met à la porte et c’est fini. Rien ne s’en suit. Aujourd’hui, nous autres, nous sommes venus ce matin, on veut accéder dans la cour, on nous dit d’abord regardez si vous n’avez pas votre nom sur la liste. Et quand tu trouves ton nom sur la liste, tu restes dehors », a raconté le journaliste.

Par ailleurs, notre interlocuteur a fait savoir qu’il n’est pas prêt à jouer aux agents commerciaux dans une entreprise de presse. « Personnellement, je ne me reproche de rien. Parce que, je sais ce que je rends comme produit par jour. Par contre, s’il veut me transformer en agent commercial, je sais bien que quand je venais, je n’ai pas postulé pour un poste d’agent commercial. Je suis venu en tant que journaliste-reporter, et c’est moi qui suis venu en tant que journaliste-reporter. S’ils veulent me transformer en agent commercial, qu’ils me le disent au préalable. Du coup, je ne peux pas être journaliste et en même temps agent commercial », a-t-il laissé entendre.

En outre, notre confrère rassure qu’il n’est pas prêt à une médiation auprès du PDG d’Evasion Guinée. « Je n’ai pas besoin de faire un collectif pour une médiation. Je sais que c’est un habitué des faits, ça ne le dérange pas. C’est quelqu’un qui vit des problèmes tous les jours. Si moi je dis aujourd’hui, on va former un groupe, c’est pour aller dire quoi ? Je pense que ce n’est pas la solution. Mon souhait, c’est qu’il paye les gens et puis qu’il les remercie. Peut-être qu’Evasion est une grande maison que je respecte très bien, mais Evasion n’est pas la fin du monde aussi ».

Nos multiples tentatives d’avoir la version du PDG, Moussa Traoré, sont restées vaines. Les nombreux appels des deux numéros de téléphone de monsieur Traoré sont restés sans réponse.

Selon nos informations, les seize journalistes seraient en majorité des stagiaires et quelques titulaires.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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