Comme annoncé précédemment sur Guineematin.com, le procès du journaliste Habib Marouane Camara de la radio Nostalgie, s’est ouvert ce mercredi, 10 juillet 2019, au tribunal correctionnel de Kaloum. Notre confrère est poursuivi pour diffamation par le Directeur national des impôts, Aboubacar Makhissa Camara. L’avocat de la défense en a profité pour dénoncer la procédure, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’audience de ce mercredi a été consacrée à la fixation de la consignation par le tribunal, qui s’est élevée à 7 millions de francs guinéens. Un montant jugé dérisoire par l’avocat de la défense qui a réaffirmé la sérénité qui caractérise son client.

Selon maitre Thierno Souleymane Barry, « le tribunal a fixé ce matin la caution de à sept (7) millions de francs guinéens, même si nous trouvons cela dérisoire. Mais, la question la plus importante est que nous sommes ici pour la défense de la liberté de la presse. Il vous souviendra que de plus en plus, on écarte la loi spéciale qui vous régit, donc la loi 02 sur la liberté presse, et on fait application du Code Pénal sur la diffamation. Mais, qui dit diffamation, dit allégations mensongères. Et mon client, Habib Marouane Camara, est serein. On a toutes les preuves de nos allégations. Donc, nous viendrons débattre ici du fond, sans oublier, comme je le disais tantôt, la sentinelle de la démocratie, c’est d’abord la liberté de la presse. Et, depuis un certain temps, nous sommes tout le temps devant les tribunaux pour ces droits-là »

En outre, l’avocat de la défense a dénoncé la procédure engagée contre le journaliste, puisque selon lui, la loi spéciale sur la liberté de la presse devrait primer sur le code pénal, qui est une loi générale. « On déplore le fait qu’une procédure soit engagée contre des journalistes. Ils sont là avec leur statut de journaliste. En Droit, on dit très souvent que la loi spéciale déroge la loi générale, c’est-à-dire qu’entre une loi générale et une loi spéciale, on fait application de la loi spéciale. Et vous, vous êtes régis par la loi sur la presse. Le législateur guinéen s’est inscrit dans la marche de la démocratie à l’instar des autres pays, on a essayé de protéger le journaliste, ses sources, etc. sans aller jusqu’à l’irresponsabilité du journaliste. Mais, on entoure la poursuite du journaliste d’un certain nombre de mécanismes. C’est pourquoi, il pourrait bien passer par cette question de diffamation par voie de presse, même si nous allons démontrer qu’une diffamation n’existe pas en pareille matière », a dit maitre Thierno Souleymane Barry.

A noter que l’avocat de la partie civile, Me Lamine Sidimé, ancien président de la Cour Suprême et ancien Premier ministre sous Lansana Conté, n’a pas accepté de se prêter aux questions des journalistes.

Le dossier a été renvoyé au mercredi 17 juillet prochain pour l’ouverture des débats.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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