Les travailleurs saisonniers de l’usine du Projet Coton de Kankan ont exprimé leur colère contre la direction ce jeudi, 11 juillet, 2019. Les protestataires y ont paralysé les activités pour réclamer le payement de leurs salaires du mois de juin et plusieurs mois de primes de travail, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Saïdou Konaté

C’est au total soixante deux (62) saisonniers qui ont éteint tous les moteurs de l’usine du Projet Coton très tôt ce jeudi matin, avant d’ériger des barricades pour empêcher les responsables de sortir des lieux. Très remonté, Saidou Konaté, un des porte-paroles des protestataires, a fait savoir leur ras-le-bol face aux grèves répétitives qui minent cette usine. « On en a vraiment marre, on n’en peut plus avec le projet coton. A chaque fin de mois, si on ne fait pas de grève et de réclamation, on ne va pas avoir notre solde pour payer nos loyers. Ce matin, vous avez vu du monde ici, les portes sont bloquées et tous les véhicules sont confinés à l’intérieur. Depuis le 28 du mois passé, ils ont affiché le préavis de paye, que toute la campagne sera arrêté le 11 pour nous payer. Mais, depuis le matin jusqu’à maintenant, ils sont tous dans leurs bureaux », a-t-il dit.

Poursuivant ses explications, Saidou Konaté souligne que rien ne va plus à l’usine, depuis le départ de la ministre de l’agriculture, Mariam Camara. « Le passage de la ministre n’a servi à rien, parce que le mois qui a suivi son départ, il a fallu qu’on fasse la grève pour qu’ils nous payent. Pour qu’ils nous payent, il faut qu’elle donne l’ordre, parfois ça peut aller jusqu’au 10, on n’est pas payé. Et s’il se trouve qu’elle est à l‘étranger, on reste comme ça jusqu’au 15 du mois », révèle notre interlocuteur.

Idrissa Camara

Pour sa part, Idrissa Camara, chauffeur et mécanicien à l’usine, pointe un doigt accusateur sur des gens qui sont à Conakry. « On a chassé Bakary Kaba pour les mêmes raisons. Les responsables qui sont là ne peuvent pas nous payer s’ils n’ont pas reçu l’argent à partir de Conakry. Des balles de coton sont restées à la merci de la nature. On a tout fait, ils n’ont pas accepté de venir les chercher. Est-ce que c’est la faute aux chefs qui sont là ? On les blâme seulement, parce qu’ils sont devant nous. Si non, les vrais responsables sont à Conakry là-bas. La ministre ne nous aime pas. Après son passage, tout ce qu’elle a dit ici n’a pas été respecté ».

Nos tentatives pour avoir la version des autorités n’ont rien donné. Au moment où notre reporter quittait les lieux, les responsables de l’usine étaient toujours enfermés dans leurs bureaux.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : (00224) 627 24 13 24

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