« Je suis douanière. Parallèlement à ça, je fais le commerce. Je vais parfois au Sénégal, au Mali pour acheter des marchandises pour les revendre en Europe, en Asie et aux Etats Unis… Ils m’ont dit que parmi les habits que j’ai envoyés pour expédition, 12 complets contiennent de la drogue au niveau des boutons… »

La croisade contre le trafic de drogue se poursuit dans notre pays avec de lourdes sentences prononcées quelques fois contre les accusés. C’est dans cette dynamique qu’une douanière, répondant au nom de Kadiatou Touré, a été condamnée pour trafic international de cocaïne à 5 ans de prison, dont 18 mois ferme et 3 ans 4 mois assortis de sursis. Le verdict est tombé hier, vendredi 26 juillet 2019, à la Cour d’Appel de Conakry, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En effet, le 20 septembre 2018, le secrétariat général à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et du crime organisé, mettait la tête de Kadiatou Touré à prix à hauteur de 50 millions de francs guinéens. Elle s’est finalement rendue le samedi 22 septembre 2018. Dans les habits de la dame, il avait été découvert 2,85 kg de cocaïne.

Jugée au tribunal de première instance de Dixinn pour trafic international de cocaïne, madame Kadiatou Touré a été reconnue coupable et condamnée à 10 ans de réclusion criminelle. N’étant pas d’accord avec cette décision, la douanière a alors interjeté appel.

Kadiatou Touré a comparu à la Cour d’Appel hier, vendredi. Avant de donner sa version des faits, c’est son avocat, maitre Alsény Sylla, qui a exposé les motifs de l’appel. « Ma cliente a été condamnée à 10 ans pour des faits qu’elle n’a pas commis. D’abord, Kadiatou Touré ne connaissait pas le contenu des colis. Ensuite, la justice n’a pas poussé les enquêtes au fond. Voilà les deux raisons qui nous ont motivé à interjeter la décision en appel », a indiqué l’avocat.

Après cette intervention de maitre Sylla, madame Kadiatou Touré s’est expliquée sur les faits qui lui sont reprochés. « Je suis douanière. Parallèlement à ça, je fais le commerce. Je vais parfois au Sénégal, au Mali pour acheter des marchandises pour les revendre en Europe, en Asie et aux Etats Unis. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré une sénégalaise du nom de Makhissa, au Sénégal. On a tissé de bonnes relations. Elle m’a hébergée et elle m’a donnée à manger. Donc, nos relations étaient bonnes. Elle m’a demandée comment je revends mes marchandises, je le lui ai expliqué. Ainsi, elle est venue à Conakry chez moi avec des complets pour que je l’aide à les écouler à l’étranger. J’ai envoyé les complets dans une société de transport pour expédier à l’étranger. Quelques jours après, c’est la société qui m’appelle avec les services de Thiégboro pour dire que mes marchandises ne sont pas expédiées. Ils m’ont dit que les colis que j’ai déposés sont toujours là-bas. Ils m’ont dit de venir. Je leur ai répondu que j’étais à Kindia et que j’étais malade. C’est ainsi que les services de Thiégboro m’ont demandé d’envoyer la photocopie de ma carte identité. Je l’ai photocopiée pour leur envoyer. A mon fort étonnement, j’ai vu ma photo d’identité affichée sur les réseaux sociaux où ma tête est mise à prix à 50 millions de francs guinéens. J’ai appelé mon avocat pour lui demander conseil. Il m’a dit que si je ne me reproche de rien, que je peux aller. Je suis allée me présenter. Ils m’ont dit que parmi les habits que j’ai envoyés pour expédition, 12 complets contiennent de la drogue au niveau des boutons. J’ai dis que les habits appartiennent à Makhissa, qu’elle a même laissé d’autres complets chez moi. Je leur ai donné le numéro de Makhissa. Je leur ai demandé ensuite de me montrer la drogue. Ils ne m’ont rien montré. Et, ils m’ont arrêtée », a expliqué l’accusée.

Dans ses réquisitions, l’Avocat Général a laissé entendre que Kadiatou Touré « est victime de sa propre turpitude. Makhissa à qui appartiennent les colis est introuvable. Aujourd’hui, elle a fait la prison, or elle ignorait le contenu des colis. Donc, nous vous demandons de la retenir dans les liens de la culpabilité de complicité, en rabaissant sa peine à 6 ans de prison assortis de sursis », a requis l’Avocat Général.

Pour sa part, la défense, par la voix de maître Alsény Sylla, a sollicité l’acquittement pur et simple de sa cliente.

Dans sa délibération, la Cour a infirmé la décision du tribunal criminel de Dixinn, en condamnant Kadiatou Touré à 5 ans, dont 18 mois ferme, et 3 ans 4 mois assorti de sursis.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com
Tel: 620 589 527 /654 416 922

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