La préfecture de Mali est coupée du reste de la Guinée depuis quelques temps avec le retard des travaux sur le pont de M’bagou. C’est pour interpeller le ministère des Travaux Publics et les bonnes volontés que des ressortissants de Mali, réunis autour du Front pour le Développement de la préfecture, ont animé une conférence de presse dans la soirée d’hier mardi, 30 juillet 2019, à Conakry. La démarche vise à tirer la sonnette d’alarme sur le drame que connaissent les populations de Mali à vocation agropastorale, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La déviation mise en place sur le pont de M’bagou, à 14 kilomètres du chef-lieu de la commune rurale de Yembéring, dans la préfecture de Mali, a cédé sous l’effet des fortes pluies enregistrées récemment dans la région. Les usagers la route nationale Mali-Labé sont aujourd’hui désemparés d’autant plus que la préfecture est coupée du reste du pays.

Alpha Ousmane Souaré, secrétaire exécutif du Font pour le Développement de Mali,
Alpha Ousmane Souaré, secrétaire exécutif du Font pour le Développement de Mali

Selon Alpha Ousmane Souaré, secrétaire exécutif du Font pour le Développement de Mali, « la plus grande préoccupation des citoyens de la préfecture de Mali aujourd’hui, c’est la réalisation de la route Labé-Mali, longue de seulement 120 kilomètres, surtout au niveau du pont de M’bagou. Pour traverser, ils ont mis des cordes qui traversent complètement le pont. Ces cordes-là sont tenues de part et d’autres par un groupe de jeunes. Maintenant, celui qui quitte Labé pour Mali, on le porte pour traverser, c’est moyennant de l’argent. Pour traverser, il faut payer 15.000 francs. Chaque saison pluvieuse, les usagers font au minimum 4h de temps entre Mali et Labé. On a des problèmes au niveau de l’hôpital central de Mali. Du coup, à chaque fois qu’il y a certains cas de maladies, un peu grave, il faut évacuer les gens vers Labé pour Conakry. Donc, on est devant cette triste réalité ».

Parlant des conséquences de l’état de la route et du pont de M’bagou, Alpha Ousmane Souaré a souligné que les pertes pourraient être immenses si rien n’est fait dans un bref délai. « Les gens m’ont appelé pour dire qu’ils sont en train de regarder leurs champs de pomme de terre emportés par des maladies. Le ministère de l’Agriculture connait l’existence de cette maladie qui ravage les cultures de la pomme de terre. Mais jusque-là, aucune mesure adéquate n’a été prise. Si jamais ils s’en sortent en produisant, les produits pourrissent parce que finalement, ils ne peuvent pas embarquer leurs produits à Mali pour venir les vendre à Labé », a-t-il expliqué.

Pour finir, Alpha Ousmane Souaré interpelle le ministère en charge des Travaux Publics et les bonnes volontés pour aider les citoyens de Mali en détresse. « Notre doléance, c’est de demander à toutes les personnes de bonne volonté, à l’Etat guinéen, de penser à la route Labé-Mali. Nous, on ne demande rien d’autre. Nous sommes sûrs et certains, ce que nous ne pouvons pas faire en tant que ressortissants de Mali, c’est la construction des routes aussi importante que la route Labé-Mali. (…) Nous avons engagé des démarches au niveau du ministère en charge des Travaux Publics. Nous nous sommes dit que c’est le bon moment de lancer cet appel aux autorités guinéennes, que l’opinion nationale et internationale soit témoin que la préfecture de Mali est en danger. Si jamais, dans une semaine, il y a une crise humanitaire, on ne dira pas que les ressortissants de Mali sont restés les bras croisés à Conakry. Donc, on attire l’attention des uns et des autres par rapport à cette triste réalité », a laissé entendre le secrétaire exécutif du Font pour le Développement de Mali.

Joint récemment au téléphone, un cadre du ministère des TP avait assuré que les travaux sur le pont de M’bagou allaient prendre fin avant le 10 juillet. Que de promesses non tenues !

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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