Demba Bangoura, Directeur préfectoral de l'éducation de Yomou
Demba Bangoura, Directeur préfectoral de l’éducation de Yomou

La préfecture de Yomou a enregistré l’un des plus faibles taux de réussite au BEPC 2019. 17,41% seulement de ceux qui ont composé sont admis à cet examen national. Interrogé par le correspondant de Guineematin.com, le DPE de Yomou a donné les raisons qui pourraient expliquer cet échec.

1 924 candidats dont 730 filles ont affronté les épreuves du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) cette année dans la préfecture de Yomou. Parmi eux, seulement 335 sont admis dont 94 filles. Soit 17,41% de réussite. Ce qui est largement au-dessus de la moyenne nationale qui est de 44, 11%. Sur les 335 admis, la commune urbaine n’a eu que 22 alors qu’elle avait présenté à elle seule 350 candidats. De son côté, la sous-préfecture de Betha a eu 0 admis sur 102 candidats.

Interrogé sur cette situation, Demba Bangoura, le directeur préfectoral de l’éducation de Yomou, a donné les facteurs qui pourraient expliquer cet échec massif. Selon lui, « ce résultats est le reflet du manque d’encadrement des enfants mais aussi du désintéressement des enfants et de leurs parents par rapport aux études. Moi, ça me réjouit du fait que de façon honnête et courageuse, nous avons évalué les enfants pour savoir quelle est leur propre valeur. Je salue l’esprit d’engagement et la volonté de tous les enseignants à prendre conscience que l’éducation était à terre. Voilà la preuve.

Ici à Yomou, les enfants n’étudient pas, ils sont désintéressés aux études. Cette année spécifiquement, il y a eu deux événements qui ont perturbé les études. C’est d’abord la grève des enseignants et le recrutement dans l’armée. Après la grève enregistrée en début d’année, nous avons élaboré un programme de rattrapage qui a permis quand même d’achever les programmes. Mais, le recrutement dans l’armée est venu perturber les choses. Pendant cette période qui a duré un mois, près de la moitié des élèves du collège et du lycée a abandonné les études pour aller se consacrer à ça. C’est quand les opérations liées à ce recrutement sont finies qu’ils sont revenus à l’école. Je pense que ça, c’est le premier facteur de l’échec qu’on a enregistré cette année.

Le deuxième facteur, c’est la cueillette des noix de palme. Ici à Yomou, il y a un mois sacré (avril) qui est consacré à cette cueillette. Pendant cette période, les classes se vident. Les élèves abandonnent l’école pour aller en brousse dans le but d’avoir de l’argent. En plus de ces facteurs, il y a aussi l’inhospitalité de certains villages de Yomou. Donc, nous avons du mal à maintenir les enseignants qui sont mutés dans ces localités. Si nous n’avons pas de solution à cette situation, ces localités vont toujours souffrir de manque d’enseignants », a laissé entendre le DPE de Yomou.

De Yomou, Michel Anas Koné pour Guineematin.com

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