Un conflit oppose Mamady Condé, citoyen résidant au quartier Nongo, dans la commune de Ratoma, à son locateur. Le père de famille dit avoir versé un montant de 36 millions de francs guinéens comme frais de loyer pour deux ans. Mais, au bout de deux mois seulement, il a été sommé de libérer la maison par la propriétaire de la concession qui se trouve être l’épouse de l’ambassadeur de Guinée au Liberia. L’affaire a été transportée devant la gendarmerie, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La victime, Mamady Condé

Selon Mamady Condé, c’est avec le jeune frère de la propriétaire de la concession qu’il a conclu un marché de location d’un appartement de trois chambres, un salon, deux douches internes et un magasin. « J’ai demandé les frais de location mensuelle, on m’a dit que c’est un million cinq cent mille (1 500 000) francs guinéens et que l’intéressé a besoin de deux ans d’avance. J’ai rencontré monsieur Diawara, celui qui mettait la maison en location.

Je lui ai dit que je souhaite que ma famille vive seule dans l’appartement. Il m’a dit qu’il n’y a pas de problème, qu’il est là depuis 11 ans et que la maison appartient à sa sœur qui est l’ambassade de Guinée au Liberia. Il m’a dit qu’elle ne veut pas que la maison reste inhabitée et que c’est pourquoi elle voudrait la mettre en location pour qu’elle soit entretenue », explique-t-il.

C’est ainsi, dit-il, qu’il a versé une somme de 36 millions de francs guinéens représentant les frais de location de deux ans et s’est installé dans l’appartement avec sa famille. « La maison était dans un piteux état. Ma femme est venue, elle a tout changé, même les tôles. On s’est installés. Mais, seulement deux mois après, la propriétaire de la maison est venue. Elle rentrait et sortait, elle n’adressait la parole à personne au début. Un jour, elle m’a appelé et m’a dit qu’elle a besoin de sa maison puisque son mari qui est ambassadeur de Guinée au Liberia doit venir.

Je lui ai dit que je suis là avec ma famille et que j’ai payé deux mois d’avance, un montant de 36 millions et que tout est sur papier. Elle m’a répondu qu’elle s’en fiche de ça et qu’on doit libérer sa maison, que c’est son jeune frère qui nous a donné la maison et qu’on devait réclamer notre argent à celui-ci. J’ai appelé son frère qui a confirmé avoir reçu le montant de 36 millions. Mais, elle a dit qu’on doit quitter », ajoute monsieur Condé.

Le locataire refuse de céder à la pression de la propriétaire de la maison, un bras de fer s’engage entre les deux. La dame décide alors d’accentuer la pression sur Mamady Condé et sa famille. « Dans la nuit du mardi au mercredi dernier, la dame est venue m’insulter et me menacer. Elle a pris un coupe-coupe, elle voulait couper des fils électriques devant l’appartement. Je lui ai dit d’arrêter de m’insulter devant ma famille et que je suis un responsable âgé de 54 ans. Je lui ai dit alors de me rembourser mon argent pour que je puisse libérer sa maison. Il ne fallait pas, elle est venue m’insulter père et mère, assistée de ses gardiens et d’autres femmes. C’est en ce moment que j’ai quitté, je suis allé à la gendarmerie pour porter plainte », soutient-t-il.

A son retour de la gendarmerie, il dit s’être vu refuser l’accès à la concession dans laquelle se trouve l’appartement qu’il occupe. « Elle a laissé consignes aux gardiens de ne pas me laisser entrer. Je suis reparti à la gendarmerie, le commandant m’a dit de patienter jusqu’au lendemain et que ses agents allaient envoyer la convocation. Alors, je suis allé jusqu’à la cimenterie pour passer la nuit chez un ami.

Le lendemain, la gendarmerie lui a envoyé la convocation. Après avoir reçu cette convocation, la dame est allée chercher des loubards pour frapper ma femme et mes enfants, ils ont déchiré leurs habits et gâté le téléphone de ma femme. Quand j’ai été informé, je suis venu avec les agents. Devant ceux-ci encore, j’ai été bousculé ici. (…) Je compte porter plainte à la justice. La seule chose que je veux, c’est que justice me soit rendue, parce que j’ai été humilié, ma famille a été chassée sous la pluie», a dit le père de famille.

Mohamed Soumah, chef de quartier de Nongo centre

Toutes nos tentatives d’avoir la version du camp d’en face sont restées vaines. De son côté, le chef de quartier de Nongo Centre, dit avoir été saisi de cette affaire. Mohamed Soumah dénonce les agissements de la propriétaire de la maison. « J’ai été informé de cette affaire dans la nuit du mardi à mercredi. Le plaignant m’a dit avoir payé les frais de loyer de deux ans qu’il a remis au frère de la propriétaire de la maison. Je lui ai alors demandé s’ils avaient fait un papier, il m’a dit oui. Effectivement, j’ai vu le papier qui atteste qu’il a payé les frais de loyer de deux ans.

J’ai alors envoyé deux de mes chefs de secteurs pour rencontrer la dame, mais ils ne se sont pas compris. (…) Pourtant, le papier montre clairement que le monsieur a payé l’argent. Mais, même si ce n’était pas le cas, il y a une loi en vigueur qui dit qu’à partir du mois de juin, on ne doit pas vider quelqu’un. Ça, tout le monde le sait. Personne n’a le droit de vider quelqu’un en saison hivernale. Donc, je désapprouve cette façon de faire de la dame », a dit le chef de quartier.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin