Comme chaque année, à l’approche de la fête de Tabaski, plusieurs guinéens quittent Conakry pour aller fêter en famille à l’intérieur du pays. Les différentes gares routières de la capitale sont envahies par de nombreux passagers en partance pour leurs villages. Ce qui occasionne un manque de véhicules. C’est le cas de la gare routière de Bambéto, dans la commune de Ratoma, où l’affluence était grande hier, jeudi 08 août 2019, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A moins de 48 heures de la célébration de la fête de Tabaski, c’est la ruée vers l’intérieur du pays. Tout comme ailleurs, la gare routière de Bambéto est prise d’assaut par de nombreux habitants de Conakry, désireux de célébrer cette fête à l’intérieur du pays. Ce qui provoque une crise, un manque de véhicules devant la forte demande. Nombre de ces compatriotes disent effectuer ce déplacement dans le souci de se rapprocher davantage de la grande famille et de renforcer la solidarité.

Boubacar Keïta, étudiant à l’université de Sonfonia, rencontré à la gare routière de Bambéto, explique les raisons qui le poussent à aller fêter en famille à Mamou après une longue période d’absence. « Je voyage pour Mamou pour aller fêter avec la famille. Parce ce que ça fait du bien de fêter avec la famille. Et en plus, ça renforce la solidarité entre nous. C’est presque traditionnel chez nous ici. C’est intéressant la fête au village où nous allons retrouver nos amis de longue date qui sont là-bas ou qui sont ailleurs », a-t-il expliqué.

Même son de cloche chez Kadiatou Kourouma , également en partance pour l’intérieur du pays. Elle explique que son déplacement est lié à l’insistance des parents qui sont au village. «On part là-bas parce que nos parents sont là-bas. Ça fait longtemps qu’on ne se voit pas. On part pour fêter avec eux. Ils demandent notre présence parce que nous leur manquons. Comme c’est la fête, c’est bon de passer ces moments en famille. En particulier, il y a de la viande en abondance, ce n’est pas comme pour Conakry », a dit notre interlocutrice.

Devant cette forte affluence de passagers venus des quatre coins de Conakry, un manque de véhicules se pose à Bambéto. Nos compatriotes en partance pour l’intérieur du pays font la queue pour obtenir les billets de voyage. Ils se plaignent de cet état de fait.

C’est le cas de Mamadou Baïlo Baldé. « Nous voulons aller à Labé pour fêter parce que nous avons des êtres chers là-bas : les papas et les mamans. Mais depuis 6 heures du matin, je suis là, je n’ai pas eu de voiture. Les syndicalistes aussi font l’affaire pour donner les billets aux gens. Les chauffeurs aussi ont augmenté les frais de transport parce qu’il n’y a pas de voitures.

D’habitude, les frais de transport pour les taxis, c’est 90 000 GNF. Mais aujourd’hui, ils ont fait monter le prix à 150 000 GNF. Pour les minibus, c’était à 80 000 GNF, mais ça aussi, c’est monté à 90 000 GNF. Les cars aussi qui étaient à 60 000, aujourd’hui, c’est à 75 000. Ce qui est pire, on n’arrive même pas à avoir des voitures. Là où je suis, je suis très fatigué », déplore ce passager.

Ces plaintes des passagers sont confirmées par le syndicat des transporteurs. Selon Alpha Mamoudou Kaba, troisième chef de ligne de Dalaba, la rareté des véhicules et la hausse des frais de transport s’expliquent par un certain nombre de facteurs. « Les gens sont là depuis 6 heures du matin. Mais, on n’a pas assez de voitures. Cela est dû notamment à la dégradation de la route. En plus, actuellement, il n’y a de passagers que pour l’aller.

Pour le retour, il faut soit attendre les passagers jusqu’à ce que la fête passe ou alors revenir vide. Ce sont les difficultés que nous rencontrons. Il y a également l’augmentation du prix du carburant qui fait que les frais de transport ont un peu augmenté. Mais, cela ne dépend pas de nous les syndicalistes. Ça, c’est entre le gouvernement et les chauffeurs », soutient ce responsable syndical des transporteurs.

Il ajoute que le syndicat a pris des dispositions pour pouvoir faire face à la forte affluence des passagers. « On a négocié un grand bus qui va jusqu’à Labé. Lui, il peut transporter beaucoup de personnes à la fois. Donc, ça va réduire la souffrance des passagers », a-t-il laissé entendre.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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