Au grand marché de Madina, poumon économique de la Guinée, situé dans la commune de Matam, l’heure n’est pas à la satisfaction à la veille de la fête de Tabaski. De nombreuses femmes ayant acheté des produits à revendre pour l’occasion se plaignent de la rareté des clients. La conjoncture est souvent pointée du doigt par les vendeuses, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Des hommes, des femmes et des jeunes filles et garçons inondent le marché de Madina ce mercredi, 07 août 2019, le plus grand du pays. De nombreux compatriotes s’y bousculent dans le cadre des préparatifs de la fête de l’Aïd El Kébir ou fête de Tabaski, dans une conjoncture peu enviable.

Cette conjoncture est telle que beaucoup de vendeuses de tenues de fête disent n’être pas contentes de la situation du marché. C’est le cas de madame Oumou Barry, vendeuse de vêtements pour enfants et adultes. « Nous avons acheté beaucoup de marchandises pour la fête, mais la situation au marché cette fois-ci est vraiment déplorable. Nous passons toute la journée ici, nous n’avons pas un seul client qui achète. Les clients viennent, mais ce n’est pas comme d’habitude.

Cette année est encore plus dure que l’année dernière. L’année passée, à pareil moment, on avait écoulé assez d’articles. Mais cette année, jusqu’à présent, on continue à venir attendre les clients, qui viennent demander mais qui n’achètent pas. Ceux qui viennent ici, c’est comme s’ils avaient le même problème. Quiconque vient, se plaint du manque d’argent. On ne comprend rien parce que ça ne marche pas du tout. Les clients viennent demander les prix des articles, quand on le leur dit, ils fuient en disant que c’est cher », se plaint la dame.

Concernant les articles et leurs prix, Oumou Barry a fait savoir que tout se négocie. « Je vends des vêtements pour enfants, pour femmes et hommes. Pour les enfants, nous avons des robes et des complètes jupes que je vends de 130 mille à 180 mille, selon les qualités. Pour les dames, leurs tenues se négocient entre 400 et 450 mille francs guinéens. Pour ce qui est des hommes, les complets varient de 300 à 350 mille francs guinéens ».

Pour sa part, dame Bintou Doumbouya se plaint plus des fortes pluies que de la rareté des clients. « Dieu merci, la fête se prépare bien, mais il y a beaucoup de pluie. Chaque fois, il faut couvrir nos marchandises et enlever à cause de la pluie. Les quelques clients qui viennent chez nous, achètent, sauf que ce n’est pas fréquent. Je dis Dieu merci, parce qu’il y en a certains qui ne gagnent même pas de clients. Mais, moi, entre l’année dernière et cette année, ma clientèle est toujours la même, ça n’a pas changé », dit-elle.

Pour ce qui est du prix des vêtements, ça varie selon la qualité, précise notre interlocutrice. « Ici, je vends des vêtements pour enfants, comme c’est la traite pour les habits des enfants, j’en ai acheté beaucoup pour la fête. Ça coule plus ou moins chez moi ici. Il y a des chemises, des pantalons et des Lacostes. Un complet se négocie entre 100 et 120 mille francs. Les pantalons, je les vends à 90 mille francs guinéens. Je souhaiterais que ça marche vite, mais je ne peux avoir que ce que Dieu me donne. Puisque je suis en bon état, je peux venir chaque jour gagner un peu, Dieu merci », a laissé entendre dame Bintou Doumbouya.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : (00224) 622919225 / 666919225

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