De nombreuses parties du marché de Madina, le plus grand centre commercial de la Guinée, offre une image indésirable en cette saison hivernale. La boue, les eaux de ruissellement et autres immondices se sont donné rendez-vous à certains du marché. Le tronçon qui symbolise le mieux cette description, est celui compris entre le pont sur l’autoroute et la route Le Niger, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ce tronçon est une véritable fourmilière où s’enchevêtrent des flaques d’eau aux odeurs nauséabondes, des charretiers, des marchands ambulants, des marchandises posées à même à sol. Un véritable désordre où des milliers de citoyens se battent pour gagner leur vie.

En dépit des taxes journalières payées par les occupants de ces lieux, ce tronçon continue à présenter ce visage pour le moins hideux. Interrogé par notre reporter, Mody Oumar Bah, vendeur de lunettes, a dit que cette situation est loin d’être nouvelle. « Cette boue que vous voyez a duré ici. Il y a 5 ans comme ça, nous souffrons de cette boue mélangée aux ordures. Des odeurs invivables, des eaux usées, de la boue, nous en souffrons énormément.

Et puis, des usagers qui passent ici et repassent ne font pas doucement, et nous, et nos marchandises, nous sommes tous éclaboussés par la boue qu’ils font jaillir. Cette boue et ces ordures là font honte à la Guinée parce le marché de Madina, qui le est le plus grand du pays, ne mérite pas ça. Ici, les clients nous refusent parfois à cause de cette boue qui éclabousse nos marchandises, parce qu’ils trouvent que c’est sale », se lamente Oumar Bah.

Le responsable des marchands de la bretelle droite, côté intérieur du marché, Boubacar Barry, lui, dénonce l’usage fait des taxes payées quotidiennement à l’administration du marché. Ce vendeur de valises a repris les mêmes arguments que son prédécesseur. « Ça fait 5 ans que la boue et ces ordures sont là. Alors que nous, chaque jour nous payons le droit du marché et les frais de salubrité.

Mais, nous continuons à cohabiter avec tout ça. Les conducteurs de motos et les automobiles qui passent par ici nous fatiguent beaucoup ici. Parfois, ils viennent, ils ne ralentissent pas. En passant, la boue jaillit sur nous et sur nos marchandises. Et, nous contractons souvent des maladies. Les odeurs sont insupportables ».

En outre, Boubacar Barry a fait savoir que d’autres initiatives ont été prises pour faire face au problème, mais sans succès jusque là. « On s’est organisé ici, on a cotisé de l’argent pou ramasser les ordures. Mais, ceux qui doivent venir ramassé les ordures ne viennent pas et les ordures s’entassent et retombent sur la voie. Nous, nous ne pouvons que ramasser les ordures et les entasser. Si on ne vient transporter au point de regroupement, on ne peut rien si non que subir », déplore notre interlocuteur.

Pendant que Boubacar Barry répondait aux questions de notre reporter, deux motards glissent sur la boue pour finir leur course sur ses valises, raclant presque tout sur leur passage. Au terme d’intenses négociations, le marchand et les motards se séparent à l’amiable.

Salifou Conté, le régisseur du marché central ex ENIPRA, interrogé par notre reporter, est revenu sur les difficultés liées à la gestion de ce tronçon avant de tancer la mairie de Matam. « Le tronçon-là demeure encore difficile à gérer parce que vous savez qu’actuellement, c’est la saison des pluies, les gens manquent de civisme. Les gens qui sont le long de ce tronçon n’arrivent à s’organiser pour éviter de jeter n’importe où les ordures. Maintenant, chaque fois les ordures se mélangent avec la boue et la route difficile à pratiquer.

Ils payent les taxes, mais ces taxes sont versées à la commune et c’est la commune qui s’occupe de la gestion des ordures, de l’assainissement. Le bureau a saisi la mairie, elle a promis qu’elle va gérer, mais jusqu’à présent on attend. Mais en attendant, nous demandons aux occupants des lieux d’observer au minimum le civisme, d’être de bons citoyens en mettant les ordures dans des plastiques ou des poubelles pour éviter que ça se mélange avec la boue », a conseillé monsieur Conté.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: ( 00224) 622919225 / 666919225

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