Deux mois et demi après sa prise de fonction, le ministre de la justice par intérim a rencontré les membres du comité de pilotage du dossier du massacre du 28 septembre 2019, à Conakry. La rencontre a eu lieu ce mercredi, 14 août 2019, dans les locaux du département. L’objectif était de faire le point de l’évolution de la procédure et rassurer les uns et les autres de la volonté des autorités guinéennes à organiser le procès, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’ensemble des parties prenantes du comité de pilotage du dossier des événements du 28 septembre ont pris part à cette rencontre. Il s’agit entres : de l’union européenne, du bureau des Nations Unies pour l’appui à la justice pour les évènements du 28 septembre, du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, ainsi que des ambassades de France et des Etats-Unis. Au sortir des travaux, le ministre guinéen de la justice par intérim a indiqué que cette rencontre a été une prise de contact entre lui et le comité de pilotage.

« J’ai pris le train en marche. Ce comité de pilotage existe depuis bien longtemps déjà, il a eu à tenir plusieurs réunions, mais c’est la première à laquelle je participe. Le but, c’est de réaffirmer la volonté politique de monsieur le président de la République et de son gouvernement de voir ce procès se tenir dans les temps à venir devant la communauté nationale et la communauté internationale. La deuxième raison, c’est de commencer les préparations concrètes de la tenue de ce procès qui démarrent maintenant.

Ça s’entend le local qui doit abriter le procès, ça s’entend aussi la préparation du personnel judiciaire de sécurité, de communication de tout ça, car ce procès est un procès national à résonnance internationale. Il faut qu’il soit préparé minutieusement et qu’il n’y ait de faille ni de faux-pas. Voilà les deux raisons. Et les partenaires nous ont rassurés de leur appui. Que ça soit les Nations Unies, l’Union Européenne, les Etats-Unis où la France et tous les autres partenaires, ils nous ont rassurés de leurs appui », a dit Mohamed Lamine Fofana.

Le ministre ajoute « ce procès est un défi pour la Guinée. Quand les évènements ont eu lieu, vous vous rappelez, la Cour Pénale Internationale s’est intéressée. Mais, nous leur avons dit : laissez-nous juger cette affaire-là, ça s’est passée en Guinée et nous allons juger en Guinée. Et, c’est également un miroir parce que vous savez que ça fait 5 ans que la réforme du système judiciaire guinéen est en cours, il faut apporter la preuve que cette réforme a réussi ».

Mohamed Lamine Fofana en a profité pour annoncer le changement de l’endroit initialement annoncé pour abriter le procès. Selon lui, c’est désormais la cour d’appel de Conakry qui est choisie pour la tenue du procès. « La proposition du cinéma liberté a été abandonnée. La rénovation a été pratiquement le prix d’un bâtiment. Donc on l’a abandonnée et on a opté pour tenir le procès dans l’enceinte de la cour d’appel de Conakry, où la salle d’audience sera édifiée », a-t-il annoncé.

En ce qui concerne le financement de ce procès, très couteux, le ministre s’est montre plutôt rassurant. « Il n’y aucun problème de financement. Le gouvernement guinéen doit supporter 67% du financement pour ce procès et l’appui extérieur est de 33%. Le gouvernement guinéen a débloqué déjà 20 milliards qui sont disponibles avec lesquels on va démarrer les travaux d’édification de ce bâtiment et le budget à venir va prendre le reste en compte.

Il n’y a donc aucun problème de financement. Nous avons l’assurance des Nations Unies, nous avons l’assurance des États-Unis, nous avons l’assurance de l’Union Européenne, nous avons l’assurance de la France de nous appuyer sur le plan financier », a-t-il dit.

Selon plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, ce sont plus de 150 guinéens qui ont été tués, de nombreux autres blessés et des femmes violées le 28 septembre 2009 au stade du même nom à Conakry. C’était à l’occasion d’une manifestation organisée par les Forces vives du pays (opposition, société civile, syndicats…) contre une éventuelle candidature du Capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte militaire alors au pouvoir, à l’élection présidentielle qui se préparait dans le pays.

Le budget prévisionnel du procès est de 78 milliards de francs guinéens.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com
Tel: (00224)622919225 / 666919225

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