Au terme de son audition par le procureur de la République près le TPI de Kaloum, le journaliste Souleymane Diallo, fondateur du groupe de presse Lynx, a été inculpé ce lundi, 19 août 2019, et placé sous contrôle judiciaire. Il est accusé de « complicité de production, diffusion de données de nature à troubler la sécurité publique, porter atteinte à l’honneur et la dignité sur le fondement des articles 32 et 33 de la loi sur la cyber-sécurité », rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Après quelques heures d’audition à la Direction nationale de la Police Judiciaire (DPJ) puis au bureau du procureur de la République près le tribunal de première instance de Kaloum, le patron du groupe de presse Lynx est situé sur la suite de la procédure. Procédure engagée après le passage de Doussou Condé, une pionnière et inconditionnelle du RPG, devenue opposante au régime Alpha Condé basée aux Etats-Unis, dans l’émission « Œil de Lynx » de la radio Lynx FM. Le doyen de la presse guinéenne devrait comparaître devant le tribunal pour s’expliquer sur cette affaire.

Mais, ce n’est pas son inculpation qui choque le plus ses avocats. C’est plutôt le fait qu’il soit poursuivi dans le cadre d’une autre loi qui n’est pas celle relative à la liberté de la presse. « La situation n’est pas aussi simple qu’on le pense. Aujourd’hui, on a constaté l’abandon simple de la loi sur la liberté de la presse en ce qui concerne les délits commis par voie de presse. Monsieur Diallo est poursuivi non pas sur la base de la loi sur la liberté de la presse, mais sur la base de la loi sur la cyber-sécurité. Et comme vous le savez, c’est un texte qui est très répressif. Je pense que quelque part, certains se sont dit que dans les différentes procédures qui sont engagées contre les journalistes, ils s’en tirent à bon compte. Donc il faut penser à une loi plus répressive », regrette maître Mohamed Traoré, un des avocats de la défense.

L’avocat dénonce une tentative de museler la presse et appelle à une solidarité de tous pour barrer la route à ce projet. « La situation, elle est grave. Il est temps que nous nous donnions la main et que les citoyens ainsi que les journalistes se donnent la main pour la défense des libertés individuelles. Je pense que ce qui est en train de se faire, c’est une manière de faire taire la liberté de la presse, de faire taire toutes les voix critiques. On se rend compte aujourd’hui que la presse est devenue incontournable dans le débat politique, donc ces mesures-là sont destinées, à mon avis, à faire peur à la presse », a-t-il laissé entendre.

A noter que le doyen Souleymane Diallo doit se présenter deux fois par semaine (mercredi et vendredi) au tribunal de première instance de Kaloum jusqu’à la fin de cette procédure judiciaire. La date de l’ouverture de son procès n’est pas encore connue.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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