Récemment, le gouvernement guinéen a doté les communes urbaines et rurales du pays d’importants moyens financiers dans le cadre de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC). Ces fonds visent à favoriser le développement local. Mais, tout n’est apparemment pas rose là-dedans. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, le maire de la commune rurale de Koumbia, dans la préfecture de Gaoual, Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba, est revenu sur la gestion de cette manne financière.

La commune rurale de Koumbia devrait bénéficier d’un montant d’un milliard 860 millions de francs guinéens au compte de l’ANAFIC. Selon le maire, à la date du 12 août 2019, la commune de Koumbia n’a reçu que 30 % de l’enveloppe promise par l’ANAFIC. Pourtant, Koumbia compte trois projets inscrits dans le cadre du Plan Annuel d’Investissement (PAI). Il s’agit de la réhabilitation d’une piste rurale, de la réparation de certains forages et la construction d’une école.

Pour ce qui de la piste rurale, Mamadou Saliou Kaltamba a fait savoir qu’il s’agit de la route Koumbia-Kembéra, qui fait 25 kilomètres. « Bien avant l’avènement de l’ANAFIC, le conseil avait entamé des travaux d’identification de tous les axes routiers non praticables et identifié les points critiques sur les autres. Ainsi, nous avons fait réaliser une étude de faisabilité sur la route Koumbia-Kembéra.

Quand l’ANAFIC nous a demandés de soumettre trois projets prioritaires, nous n’avons pas tardé de proposer la route Koumbia-Kembéra, dont le montant de la réalisation est estimé à plus de 5 milliards. Mais pour un départ, nous voulions réhabiliter le premier tronçon allant de Hakkoudé Thyandhi à Madina-Guilédji, y compris le pont de Guilédji dont l’adjudication est déjà faite ».

Par ailleurs, le maire est revenu sur les forages concernés par la réparation et sur la construction d’une école à Guidaly. « Nous avons décidé de réhabiliter au moins la moitié des 150 forages existants au niveau de Koumbia. Nous avons fait venir une équipe de Labé qui est venue vérifier et nous a fait des propositions de réparation pour une enveloppe de 240 millions de francs. Il faut signaler que l’équipe avait réparé 15 forages pendant ce contrôle. Nous voulons non seulement réparer ces forages, mais les équiper en panneaux solaires.

Il s’agit des forages de l’école du centre situé à côté de la gendarmerie, du forage de la mosquée et celui à la sous-préfecture. Nous voulons également poser des bornes fontaines au marché. Il faut d’ailleurs saluer nos compatriotes vivant en France, notamment l’association de nos femmes, qui ont financé un forage au niveau du marché à bétail, au marché dit « Chantier ». Là également, nous entendons faire une adduction d’eau pour distribuer au niveau des deux différents sites du marché. Egalement, nous avons inscrit dans le cadre des projets financés par l’ANAFIC, la réalisation de l’école de Guidaly ».

En ce qui concerne le montant l’enveloppe financière accordée à sa municipalité, le maire de Koumbia a fait savoir que « pour cette année, nous avons obtenu 1 milliard 860 millions de francs guinéens et nous avons une prévision de 2 milliards 600 millions FG pour 2020 ».

Malgré la performance de l’équipe communale et les belles annonces de l’ANAFIC, seuls 30% du montant alloué à Koumbia ont été décaissés, à la date du 12 août 2019. « De ces trois projets, seule l’école de Guidaly a été financée à hauteur de 30% du montant prévu. Les deux autres projets, à savoir la réparation des forages et la reconstruction de la route (le 1er tronçon), n’ont rien reçu jusqu’ici.

Pour le cas de l’école, l’entrepreneur qui est d’ici est à plus de 75% d’exécution des travaux. Pour cela d’ailleurs, il a toutes nos félicitations. Actuellement, il est au niveau de la couverture. Disons que nous n’avons reçu que 30% du montant annoncé par l’ANAFIC », a dit Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba.

Si ailleurs ce faible taux de décaissement est justifié par l’ANAFIC à cause du mauvais montage des projets par les communes, cette justification passe mal à Koumbia. « Je ne saurai le dire, si c’est à cause d’un mauvais montage des projets. Il n’y a que le fiduciaire et l’ANAFIC qui peut répondre à cette question. Ce que je sais, si l’Etat a raison de dire qu’il faut faire attention dans l’utilisation de l’argent, puisqu’il y a des communes qui ne sont pas habituées à gérer, mais une chose est sûre, si on multiplie les interventions, c’est là où commencent les petites combines.

Par exemple, l’agent de développement local, l’ingénieur conseil, n’écoutent que peu le maire. Ils écoutent le fiduciaire. Ce qui n’est pas bon pour le fonctionnement correct de la commune », a estimé Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba.

De Koumbia, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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