On ne le dira jamais assez, de nombreux axes routiers de la capitale guinéenne se trouvent dans un état de dégradation très avancée, surtout à cette période de saison des pluies. La route secondaire qui relie le carrefour de Bambéto au quartier Carrière, en passant par Dar-Es-Salam, n’échappe pas à cette dure réalité. Citoyens, usagers du tronçon et autorités locales sont plus que jamais préoccupés et expriment leur impuissance devant le calvaire qu’ils vivent en cette fin du mois d’août 2019, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette route, construite sous l’ère Moussa Dadis Camara, connait aujourd’hui une dégradation très poussée. En saison sèche comme en saison pluvieuse, les usagers de ce tronçon sont soumis au même calvaire. De nombreux citoyens, habitants de la zone ou simples usagers, se disent très préoccupés.

Mamadou Moussa Diallo, président du syndicat des conducteurs de taxis motos de Dar-es-Salam marché, dénonce l’état de ce tronçon. « Sur cette route, de Bambéto jusqu’au carrefour Boston, à la limite de Dar-es-Salam 2, autrement appelé carrefour gendarmerie, le constat est alarmant. La route est complètement dégradée. On a des difficultés de conduire sur cette route, que ça soit sur la moto ou la voiture. C’est des problèmes.

Tout est complètement gâté, surtout entre Bambéto et Dar-es-Salam marché. C’est devenu impraticable. Les chauffeurs de taxis ont même cessé d’emprunter cette route à cause de son mauvais état. Personne n’ose y mettre sa machine. Rouler sur cette route ne rapporte pas grand-chose, mais on n’a pas le choix », a-t-il expliqué.

A la question de savoir si quelque chose a été entrepris pour faire face à ce problème, Mamadou Moussa Diallo répond : « On a informé le syndicat de Bambéto, parce que chaque année c’est comme ça, la route continue à se dégrader maintenant elle est complètement dégradée. Et le syndicat des taxis motos, et le syndicat des taxis autos, on s’est donné ici les mains, on a acheté des blocs et des briques cassées pour remplir les creux, mais ce n’est pas facile.

On ne parvient pas à régler ce problème parce que nous, nous n’avons pas les moyens qu’il faut. Même la femme de Cellou Dalein nous a aidés pour cette route, elle beaucoup contribué, mais ça devient de plus en plus dégradé. Nous demandons aux autorités compétentes de nous aider à refaire cette route parce qu’elle est beaucoup pratiquée », a lancé le jeune homme.

De son côté, Ibrahima Diallo, chauffeur de taxi auto sur la ligne Bambéto-Boston, indique que la mauvais état de cette route leur cause des soucis avec les passagers. « Nous avons des soucis à l’heure actuelle avec ce tronçon Bambéto-Gendarmerie-Boston. La route n’est pas bonne depuis longtemps mais cette fois-ci, c’est le pire puisqu’on a cessé de l’utiliser à cause de son mauvais état. Nous nous sommes trouvé une déviation, mais cela a créé des problèmes entre les chauffeurs et les passagers pour les frais de transport.

On ne peut pas faire payer à 1500 GNF le tronçon, ça ne nous arrange pas. Il faut 2000 francs pour nous en sortir, mais les passagers n’acceptent cela. Certains d’entre eux payent, d’autres refusent. Donc, si vous voyez que nos taxis sont garés, c’est à cause de tout ça. On ne peut mettre nos taxis sur cette mauvaise route. Nous demandons au gouvernement et aux bonnes volontés de nous aider… »

Interrogé sur cette situation, Elhadj Boubacar Baldé, président du conseil de quartier Dar-es-Salam 1, est revenu tout d’abord sur l’historique de cette route. « Je vous dirai que c’est moi-même qui ai initié, avec certains collègues de Dar-es-Salam 1, pour que cette route là voit le jour depuis 2004. J’ai écrit au ministre Bana Sidibé des Travaux Publics, il est venu plusieurs fois dans mon quartier, il nous a assistés. C’est lui même qui m’a orienté vers le PDU3 (Programme de Développement Urbain). Quand je suis arrivé au PDU3, monsieur Kouyaté était le coordinateur du projet.

Il s’est félicité de mon écrit et l’a placé aux premiers dossiers à déposer à la Banque Mondiale. Donc depuis ça, nous avons eu deux projets : le projet de la banque mondiale et celui de des travaux publics grâce à l’appui de Bana Sidibé. C’est ainsi que ce projet là a été exécuté par le PDU3, c’est-à-dire la constitution de cette route de la T1 à la T2. C’est cette route qu’on appelle aujourd’hui, la route Gendarmerie Boston-Bambéto », a expliqué le responsable local.

Elhadj Boubacar Baldé se désole aujourd’hui du visage que présente cette route. « Maintenant-là, elle est entièrement dégradée. Il va falloir qu’on relance des demandes auprès du gouvernement et des différentes sociétés pour qu’ils essayent de nous assister parce ce n’est pas un investissement humain qui va refaire cette route, ce n’est pas un apport de mille francs guinéens qui va refaire cette route là.

Il faut qu’on soit assisté par ceux-là qui sont capables de nous assister. Mais, je vous dis les choses ne sont pas faciles. Aujourd’hui, beaucoup de routes de Conakry sont dégradées. De cela, je vais voir avec mes collègues des autres quartiers, pour voir comment revoir tous ces programmes et conjuguer les mêmes points de vue pour relancer les programmes de reconstruction des routes ».

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: (622919225 / 666919225

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