Le réseau routier guinéen continue son grand élan de dégradation aussi bien en milieu rural qu’à celui urbain. Les populations du secteur Nèrébougni, au quartier Lambanyi, dans la commune de Ratoma, connaissent un véritable calvaire en cette période de grandes pluies. La circulation est presque impossible dans cette zone à cause du mauvais état du tronçon reliant le carrefour ISSEG au carrefour Cimetière. Populations riveraines, responsables du quartier et chauffeurs de taxis, interrogés par un reporter de Guineematin.com, ont exprimé leurs difficultés.

De nombreux axes routiers de Conakry présentent un visage hideux aussi bien en saison sèche qu’en saison pluvieuse. Le tronçon reliant le carrefour ISSEG au carrefour Cimetière en est une parfaite illustration.

Selon Odilon Honomou, un conducteur de taxi-moto rencontré sur les lieux, la circulation sur cette voie leur pose d’énormes difficultés. « Le tronçon de l’ISSEG jusqu’au carrefour cimetière de Lambanyi, la route est extrêmement mauvaise. On a des difficultés à traverser, des problèmes pour circuler. Parce que si la route était goudronnée, tu pouvais faire 2 ou 3 minutes de course. Mais, avec l’état actuel de la route, il faut prendre plus de 30 minutes.

Si tu as des passagers sur ta moto, il y a des lieux, quand on arrive, on est obligé de faire descendre le passager pour traverser. On est obligé d’augmenter le transport parce qu’on a des difficultés d’aller dans certains lieux. Avec nos engins, on a énormément de problèmes. Chaque Dimanche, on est au garage chez les mécaniciens. Pour les pneus, chaque 2 jours, on part au garage », a-t-il expliqué.

Les mêmes plaintes sont enregistrées chez Lancinet Kourouma, professeur de Physique au collège Lambanyi, payent actuellement les frais de la dégradation de cette route. « On a beaucoup de difficultés ici. Que ce soit la saison pluvieuse ou la saison sèche, nous souffrons ici, parce qu’on est tous envahi ici. J’étais obligé d’enlever ma prestation ici puisqu’il y a moins de clients et toutes mes machines étaient couvertes de poussière. Mes intérêts sont gâtés, je ne sais même pas quoi faire. Actuellement aussi avec la pluie, les gens n’arrivent plus à circuler comme ils veulent ici. Il n’y a jamais eu de manifestation ici, mais il peut y en avoir si ça continu comme ça », prévient-il.

Interrogé par notre reporter, Amadou Souaré, assistant du chef secteur de Nèrébougni, est revenu sur les démarches entreprises pour mettre terme au calvaire des citoyens. « A chaque tombée de la pluie, nous constatons une dégradation poussée de cette route. Les eaux de ruissellements parfois débordent pour aller se loger dans les concessions des gens. Donc, vu ces problèmes, les jeunes nous ont proposé une initiative de venir aider la population riveraine pour faciliter la circulation. Nous nous lançons seulement des messages dans les mosquées pour que les gens viennent nous aider. Nous faisons le maximum d’alerter les autorités compétentes pour qu’ils nous viennent en aide à travers les écrits ».

Pour alléger le problème et rendre la circulation un peu plus facile, Kafoumba Chérif Haidara, fondateur et porte-parole de l’Union des Jeunes Leaders de Nèrébougni (UJLN), dit avoir mobilisé les jeunes pour remplir les nids de poules visibles tout au long du tronçon. « En tant que jeunes et citoyens, nous avons vu que l’état de nos routes est mauvais. Donc, la population, les piétons, les chauffeurs, ça agasse tout le monde. C’est ainsi que l’initiative est venue de moi, j’ai demandé à mes collègues de venir volontairement pour aider les populations. Il y avait un pont ici qui était sur le point d’être gâté, et ça allait devenir un blocage. Chaque dimanche, on va essayer de continuer les travaux que nous avions entamés.

Le dimanche passé (18 août 2019) il y avait plus de 30 jeunes sur le terrain. Nous pensons faire 4 kilomètres. L’Etat nous avait promis, ils ont dit qu’ils vont refaire cette partie. Mais jusqu’à présent, ça ne va pas. Mais ce que nous nous faisons, c’est pour nous-mêmes. Nous travaillons ici chaque année et ce que nous faisons, les gens apprécient beaucoup. Mais, on a des problèmes. C’est-à-dire le manque brouettes, de pelles, de pioche parce qu’il faut creuser, nous n’avons pas de gants donc, nous travaillons comme ça, volontairement. Mais, on demande l’aide tout un chacun, surtout aux autorités de venir maintenant goudronner ici ».

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: (00224) 622 07 93 59

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