En prélude à l’organisation prochaine des élections législatives en Guinée, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a organisé une formation en faveur de soixante dix (70) formateurs de ses démembrements. La démarche s’inscrit dans le cadre de l’installation des membres des démembrements de la CENI.

Pour en savoir davantage sur ce processus, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu hier jeudi, 22 août 2019, avec le commissaire Kabinet Cissé, directeur du département Formation et Education Civique à la CENI. Avec lui, il a été question du contenu de la formation et du processus de déploiement des participants sur le terrain après la formation.

Guineematin.com : qu’est-ce qui explique l’organisation de cette session de formation des formateurs qui s’est étalé sur deux jours (les 21 et 22 août 2019) ?

Kabinet Cissé : cette formation des formateurs s’inscrit dans le cadre de l’installation des membres des démembrements de la CENI. Ça veut dire tout simplement que nous formons des personnes qui auront la responsabilité d’aller former les démembrements dans les communes rurales et urbaines du pays. Naturellement c’est en prélude aux prochaines élections législatives que la CENI doit organiser très prochainement.

Guineemtin.com : quels sont les thèmes qui ont été abordés durant cette formation ?

Kabinet Cissé : c’est des modules qui rentrent dans la phase active du processus électoral. Autrement dit, il y a un premier module qui porte sur ce que c’est qu’un OGE (Organe de Gestion Electorale). Donc, c’est à l’image de la CENI, la CENI est un OGE. Donc, les démembrements qui seront installés les jours à venir sont censés connaitre ce que c’est qu’un OGE, ils sont censés connaitre les principes directeurs, ils sont censés connaitre aussi les types d’OGE qui existent de façon universelle. Il y a aussi un autre qui thème qui porte sur les démembrements mêmes : c’est quoi les démembrements ?

Au point de vue de la loi, si on veut mieux élaborer là-dessus, il faut aller sur la Loi organique 044, en ses articles 22 et 23, qui disent que la CENI est représentée dans ses différents espaces géographiques par des entités qu’on appelle démembrements qui sont les CECI (Commission Electorale Communale Indépendante), les CEPI (Commission Electorale Préfectorale Indépendante) et les CESPI (Commission Electorale Sous-préfectorale Indépendante). Il y a un autre module qui va clarifier le rôle et la responsabilité que ces démembrements ont avec les acteurs, les différentes parties prenantes du processus électoral.

Parce que comprenez, ce n’est pas seulement la CENI qui est l’unique acteur du processus électoral. Alors, il y a  tout un ensemble d’acteurs que sont : les partis politiques, l’administration et la société civile. Alors, en tant que démembrements, ces gens sont censés connaitre  la responsabilité qu’ils ont selon les différentes phases du processus électoral.Donc globalement, ce sont des modules qui permettent de donner des notions à ces démembrements, des notions sur le processus électoral, mais surtout sur leur mission.

Parce qu’installer ces démembrements est une chose, mais les amener à faire leur travail correctement dans le respect des règles définies par nos lois est une autre chose. Donc nous au niveau de la CENI, on s’est engagé à améliorer ce qui a été fait depuis des années, notamment en ce qui concerne les ressources humaines. Nous avons un manuel qui recense tous ces modules qui sera le bréviaire qui va servir de fil conducteur pour les personnes que nous sommes en train de former pour dérouler sur le terrain ce qu’ils sont en train de recevoir.

Guineematin.com : cette formation tire à sa fin pratiquement. Quelles en sont les recommandations qu’on peut en retenir ?

Kabinet Cissé : ce n’est pas un séminaire ordinaire. Il s’agit d’une formation et qui parle de formation doit répondre à des besoins de formation. Les besoins que nous estimons être les plus fondés pour nous, c’est ce que je viens de dire. C’est-à-dire comment leur donner les outils nécessaires pour qu’ils puissent travailler correctement. Donc, les recommandations dans ce sens, c’est que le formateur doit observer la neutralité.

Ce n’est pas parce que vous êtes acteur de la société civile que vous devez venir dire des choses qui sont à l’avantage de la société civile ou parce que vous êtes quelqu’un qui a des rapprochements avec un parti politique et vous devez en tant que formateur profiter de cette posture pour dire des choses qui peuvent désavantager un parti politique par rapport à un autre. Donc, la neutralité est l’une des premières règles que nous enseignons à ces formateurs. Mais également, on tient au respect de la loi. La loi, elle a été votée, ce n’est pas la CENI ni ces formateurs qui ont la responsabilité de voter une loi.

Alors, si le législateur a voté une loi, pour ce qui nous concerne ainsi que les formateurs, c’est d’aller appliquer cette loi. Alors, on ira sur le terrain pour dire selon la loi, voici les responsabilités qui incombent aux démembrements, le bureau exécutif des démembrements, quel est le rôle d’un président des démembrements, quel est le rôle d’un rapporteur et comment il doit être constitué. Est-ce que c’est seulement à l’avantage d’un parti ou-bien c’est la parité dans le choix. Tout cela a été défini par la loi. Le respect de la loi est la deuxième règle. L’autre recommandation, c’est la pédagogie.

On a insisté et nous continuerons encore à insister. Les gens qui passent sur le terrain, ils vont rencontrer certainement des gens qui ont plus d’expériences qu’eux, c’est évident qu’il y a des gens, ce n’est pas parce qu’ils sont à l’intérieur du pays qu’ils ne connaissent rien du processus électoral. Ils sont là, ils font ça depuis des années. Donc, ça suppose qu’il faut privilégier des méthodes interactives, des méthodes basées sur l’andragogie. Ce sont des personnes qui ont de l’expérience, ils sont âgés.

Donc, les formateurs doivent en tenir compte. Un dernier élément en termes de recommandations, c’est le rôle de facilitateur, il y a un guide qu’on mettra à leur disposition. Donc, voilà entre autres quelques recommandations qui ont émergé de cette formation.

Guineematin.com : après la formation, c’est le déploiement. Comment va se faire le processus de ce déploiement sur le terrain ?

Kabinet Cissé : permettez-moi de rappeler que les démembrements, selon la loi, seront autour de 5144. Parce que, c’est plus de 5000 qui seront installés. Et dedans, il y a ceux-là qui doivent être installés sur le territoire guinéen. Donc, qui sont autour de 4900 et quelques. Il y a nos ambassades et consulats, qu’on appelle les CAMI, qui sont physiquement hors du territoire guinéen, qui vont être installés. Alors, la présente formation a mobilisé 70 formateurs. Ces 70 formateurs seront déployés sur tout le territoire en binôme.

Donc, on se retrouvera selon le planning que le département formation, éducation civique va déployer avec quelque chose de 123 équipes pédagogues. Donc, il va y avoir dans certaines préfectures comme Macenta par exemple, où il y aura deux groupes pédagogiques. Donc, nous avons calibré le nombre de personnes à former par équipe. Donc, après la formation des formateurs, nous allons déployer ces 70 formateurs selon un plan que je ne peux livrer ici. Arrivées, ces personnes ne vont pas rentrer en action tout de suite. Ils vont d’abord s’installer.

Parce que pour former, il faut savoir d’abord qui former. Une fois que ces formateurs seront installés, on va d’abord former une première équipe. Parce que tenez-vous bien, former 5000 personnes dans l’espace d’une semaine, c’est très compliqué. Donc, on va faire la formation de ces personnes en différentes phases. Mais, la formation est prévue en début de la semaine prochaine, selon les plans d’installation des démembrements.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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