Dans notre pays, il y a en général une division du travail selon le genre, avec des activités réservées aux hommes et aux femmes. Mais parfois, certains hommes se font remarquer en exerçant dans des secteurs réservés aux femmes et vice-versa. C’est le cas de Mohamed Lamine Doumbouya qui fait notamment de la coiffure pour dames au marché d’ENCO 5, dans la commune de Ratoma, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Mohamed Lamine Doumbouya exerce ce métier qu’il a appris avec son grand frère depuis plus d’un quart de siècle. « Vous savez dans ce monde, chacun a son travail. J’ai commencé ce travail depuis 1993. Mais, ce travail n’était pas mon travail, c’est mon frère qui faisait ce métier. Avant, j’étais un footballeur, je faisais la décoration également. J’ai aimé ce travail à cause de mon frère, parce que c’est lui qui faisait ce travail. Quand mon frère était débordé par le travail avec les clients, il m’appelait pour que je lui vienne en aide. C’est comme ça que j’ai appris ce métier avec lui. Et quand il est parti en Occident, j’ai pris la relève pour ne pas que le salon reste abandonné », a-t-il expliqué ce mardi, 27 août 2019.

Mohamed Lamine Doumbouya, coiffeur

N’ayant pas fait une formation professionnelle de coiffeur, Mohamed Lamine Doumbouya n’en demeure pas moins un grand créateur dans son domaine. « Quand je dis à quelqu’un que je n’ai pas fait une formation pour ça, les gens ne vont pas me croire, parce que je fais des coiffures que certaines personnes qui ont suivi des formations ne savent pas faire. Je crée des coiffures moi-même pour faire plaisir à mes clientes. Je fais Caprishon, les Rihanna, coupe, zéro-zéro et je fixe les faux cils, ongles et autres coiffures et je fais également du rasta Je coiffe aussi les garçons. C’est dans ça que j’ai eu beaucoup de relations, certaines filles et garçons sont venus travailler avec moi ici », a-t-il fait savoir.

Plus loin, monsieur Doumbouya a laissé entendre que ce travail n’était pas une passion pour lui, mais il parvient à se tirer d’affaires. « En vrai, ce travail n’est pas ma passion. Mais, je le fais et aujourd’hui ça m’a beaucoup aidé, parce que c’est dans ça que je soutiens ma famille et je subviens à mes besoins. Sinon, ma passion c’est le foot. J’ai douze jeunes filles qui travaillent avec moi, qui sont mes employées ».

Parlant des difficultés, Mohamed Lamine Doumbouya dit qu’il a dû s’adapter à la tendance puisque les jeunes filles préfèrent désormais les tissages et perruques. « Aujourd’hui, les tissages et les perruques sont les coiffures les plus prisées par nos sœurs. La clientèle dépend du temps. Contrairement au passé, nos sœurs faisaient des tirés, des caprishon, des bablish que je faisais à 80 000, à 50 000 FG et autres. Maintenant, on ne le fait plus presque, donc j’apprends à faire le tissage », dit-il.

Estelle Guilavogui, employée chez Lamine Doumbouya
Estelle Guilavogui, employée chez Lamine Doumbouya

Pour sa part, Estelle Guilavogui, employée chez Lamine Doumbouya, n’a pas tari d’éloges à l’endroit de son maitre. « Il est notre chef et il sait faire son travail. Car, il y a même des gens qui quittent la ville (Kaloum) pour ici pour mettre les rasta ou pour d’autres coiffures. Nous sommes avec lui, ce que nous faisons, c’est tissage et perruque », a-t-elle confié.

Daloba Kouroumah, cliente

La satisfaction est de mise chez la clientèle. C’est le cas de Daloba Kouroumah : « moi, ça fait 4 ans maintenant que je viens chez maitre Doumbouya pour me coiffer avec mes enfants, parce que son travail est bon et il sait satisfaire ses clients ».

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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