Liberté de la presse en danger : ce que Yacine Diallo propose aux journalistes

Boubacar Yacine Diallo, ancien président du Conseil National de la Communication et ancien ministre
Boubacar Yacine Diallo, Journaliste, ancien ministre et ancien président du CNC

Journaliste, écrivain, ancien président du Conseil National de la Communication et ancien ministre, Boubacar Yacine Diallo est très préoccupé par la situation que vivent aujourd’hui les médias guinéens. Après ses récentes sorties à travers des écrits publiés dans la presse, le PDG de la radio Horizon FM a participé à la synergie des médias organisée ce jeudi, 29 août 2019, par les organisations professionnelles de médias du pays, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Il a dénoncé le placement sous contrôle judiciaire des journalistes poursuivis pour délits de presse, mais aussi le fait que les magistrats ignorent la loi sur la liberté de la presse pour utiliser celle sur la cyber-sécurité à l’encontre des hommes de médias

« Je suis singulièrement surpris que ce débat soit rouvert parce que depuis 2010, cette loi existe, les juges l’appliquent, les procureurs aussi. Et je suis étonné que depuis quelque temps, les journalistes subissent plutôt une autre loi. Je suis un peu déçu quand j’ai entendu quelques autorités dire que la loi sur la presse est une loi générale, je pense qu’elles doivent revoir leurs cours de droit. C’est une loi spécifique qui a été appliquée depuis 2010. Et je voudrais rappeler que le CNT a fait dans les formes ce projet de loi, et cette loi a été adoptée par le CNT.

A l’époque, moi j’étais conseiller en communication du général Sékouba Konaté (président de transition d’alors, ndlr). Quand cette loi est venue là-bas, le ministre Tibou a dit que ceux qui ont fait cette loi ont ma confiance. Et j’ai répété la même chose. Donc c’est ainsi que le général Sékouba Konaté a promulgué cette loi, elle a été appliquée jusqu’à maintenant. Que des gens inventent une autre loi et prétendent l’appliquer à la presse, nous disons non. Nous avons dit et répété que les journalistes sont des citoyens sujets de droit, nous sommes prêts à être jugés, mais uniquement que par la loi qui nous concerne », a dit Boubacar Yacine Diallo.

Face à cette situation, ce doyen de la presse guinéenne invite les journalistes à porter plainte désormais contre tout magistrat qui va les poursuivre sur la base d’une loi qui ne soit pas celle portant liberté de la presse en Guinée. « Moi je pense qu’il suffit simplement que les magistrats du siège qui sont réputés indépendants de l’exécutif, ne puissent pas suivre les réquisitions des procureurs, eux, qui dépendent de l’exécutif, du ministre de la justice. Il faut faire la part des choses.

D’ailleurs, ce que je vais suggérer aux journalistes désormais, comme il y a un conseil supérieur de la magistrature, quand un juge fait mal son travail, il faut saisir le conseil supérieur de la magistrature pour que réparation soit faite, pour que ce juge soit condamné. Qu’il subisse la rigueur de la loi parce qu’autant il peut juger, autant il peut être jugé par le conseil supérieur de la magistrature », préconise l’ancien président de l’URTELGUI, qui dit avoir confiance au conseil supérieur de la magistrature.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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