Très actif dans le débat autour du projet de nouvelle constitution que le pouvoir veut soumettre à un référendum et qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, Sidya Touré ne manque pas l’occasion de tirer sur ce projet et ses promoteurs. Le président de l’UFR en a fait de même ce vendredi, 30 août 2019, à l’occasion d’une conférence organisée par le FNDC à l’Université Kofi Annan de Guinée.

L’opposant a longuement fustigé la gouvernance du régime Alpha Condé et son projet de nouvelle constitution, assurant que le Front National pour la Défense de la Constitution se battra par tous les moyens légaux pour empêcher un troisième mandat pour l’actuel chef de l’Etat.

« Nous sommes aujourd’hui dans un Etat néant. Est-ce qu’il y a un gouvernement ici ? Non ! Est-ce qu’il y a un président de la République ? Non ! Est-ce qu’il y a une administration ? Non ! Quand vous voyez l’état du pays dans les différents secteurs, vous savez qu’il n’y a plus d’Etat. Alors, nous distraire avec des questions de troisième ou de cinquième mandat, franchement c’est nous faire perdre notre temps. Nous n’allons pas accepter cette idée.

Et je peux vous annoncer qu’aujourd’hui, des centaines de milliers de dollars sont en train d’être dépensés chez les lobbys aux Etats-Unis pour préparer, dit-ont, l’arrivée du chef de l’Etat avec des personnes pour rencontrer les autorités et pour défendre quoi ?

La seule chose qu’Alpha Condé devrait nous dire aujourd’hui, c’est depuis 9 ans voilà ce que j’ai fait de notre pays. Il n’a qu’à nous dire depuis qu’il a été élu président est-ce que les Guinéens se portent mieux. Dans la santé ? Non ! Dans les infrastructures routières ? Non ! On vient d’avoir un baccalauréat avec 24% d’admis, ça veut qu’il y a 76% d’échoués. Mais est-ce que nous sommes dignes de ça ? C’est ça la Guinée ? Un pays avec une capitale où on ne ramasse même pas ordures, où aucune ville ne peut disposer d’électricité ne serait-ce que 6 heures par jour, c’est quel pays ça ?

Alors, venir nous dire ce qu’on n’a pas pu faire avant, nous allons le faire pendant le troisième mandat, parce que le développement n’était pas inscrit dans l’ancienne constitution, donc on va l’inscrire dans la nouvelle constitution et vous allez vous développer miraculeusement, c’est du n’importe quoi. Pendant cette période difficile, nous les Guinéens, nous savons quels sont les problèmes aujourd’hui dans notre pays. Ce sont des problèmes de santé, d’éducation, de chômage mais même de nourriture. Mais il est incapable.

Alors, la population a eu le respect de la légalité pour te concéder tout ce temps pour que tu termines ton mandat. Cette idée saugrenue de modifier la constitution pour perpétuer un régime de ce genre, nous sommes ici pour vous affirmer que nous nous y opposerons par tous les moyens légaux à notre disposition…

Nous suivons toutes les gesticulations mais nous affronterons qui que ce soit sur cette question en République de Guinée parce qu’ici c’est la terre de nos ancêtres. Ici c’est chez nous, personne ne viendra nous imposer n’importe quoi, ça ne se fera pas ! Il va falloir dans ce cas affronter la totalité de notre population. C’est une question de vie ou de mort pour nos populations. Donc nous ne laisserons pas passer, nous sommes déterminés à aller de l’avant, nous attendons le moment venu.

Cette question des démembrements de la CENI, on essaye de nous opposer, mais ça n’a aucune importance. Parce que nous n’accepterons aucune élection avec 1 500 000 électeurs fictifs, nous n’accepterons pas que la révision du fichier électoral sans que l’opérateur qui a été désigné par appel d’offres conformément à l’audit que nous avons tous accepté. Si cela n’est pas fait, nous ne l’accepterons pas parce que l’idée c’est de faire passer les élections législatives pour le référendum. Donc pour nous, c’est du pareil au même ; même mère, même père. Donc on ne sera pas dedans ».

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pou Guineematin.com

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