En séjour chez lui à Banankoro, l’imam Cheikh Ahmed Towil Sanoh a fait un sermon qui a retenu les attentions hier, vendredi 30 août 2019. Alors qu’une crise liée à des querelles intestines mine le RPG Arc-en-ciel dans cette localité depuis plus d’une année, le leader religieux a remué le couteau dans la plaie. Il a fustigé la division entre les responsables et militants du parti au pouvoir, mais aussi la corruption et la manipulation qui la caractérise.

Guineematin.com vous propose ci-dessous un extrait de son sermon de vendredi, tenu devant de nombreux fidèles musulmans de la sous-préfecture.

« Populations de Banankoro, de Kérouané, et de la Haute Guinée en général, faites attention ! Ne permettez pas que la politique divise les personnes qui constituent la même famille. Quand un malheur arrive à quelqu’un ici, c’est vous qui compatissez à sa douleur. Quand il y a mort d’homme, c’est vous qui vous mobilisez pour inhumer le défunt. Quand il y a un ennemi, vous vous protégez les uns les autres. A quoi sert donc de vous battre pour le pouvoir ?

Les politiciens sont à Conakry, ils vous regardent en train de vous battre comme les lutteurs traditionnels de Dakar. Auparavant, c’est le RPG qui combattait l’opposition en Haute Guinée ; mais, aujourd’hui, que ce soit à Kankan, à Siguiri, à Kouroussa et ici à Kérouané, ce sont les militants du même parti qui s’affrontent à cause de la corruption, de la haine entre vous.

Banankoro est aujourd’hui divisé entre les militants du même bord politique, et cette division touche tous les secteurs d’activités. A quoi sert donc l’islam ?

Chers imams, Banankoro est pris en otage. Il faut le libérer de ces emprises politiques. Si vous voulez vous battre entre vous, battez-vous alors au siège ; mais, épargnez la population de votre manipulation.

La Haute Guinée est divisée partout, Banankoro est divisé entre les militants du même parti, le RPG Arc-en-ciel. Pour quelle raison ? Vous avez eu quoi comme intérêt ? Alors aujourd’hui, je demande à tout le monde de s’unir pour un avenir meilleur. Car, les hommes passent ; mais, la cohabitation restera, la coexistence restera. Pardon, unissez-vous pour l’avenir de notre sous-préfecture ».

Propos recueillis par Moussa Oulen Traoré, correspondant de Guineematin.com à Banankoro

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin