Comme prévu l’axe Coyah-Kindia qui était bloqué depuis deux semaines au niveau du pont KK a été totalement libéré ce lundi, 02 septembre 2019. Les travaux qui étaient en cours sur place sont terminés et la circulation a repris son cours normal. Dans la zone l’heure est maintenant au bilan, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Ils n’étaient pas les premiers concernés par les glissements de terrain qui ont bloqué la circulation peu avant le pont KK (Coyah), mais les riverains des lieux ont bien ressenti aussi d’une manière ou d’une autre les conséquences de cette situation. Ce sont notamment les habitants de Gbalaou, un secteur relevant de la commune rurale de Kouria. Selon Ibrahima Sory Bangoura, le chef de secteur adjoint, le bilan de ces deux dernières semaines est très lourd.

Ibrahima Sory Bangoura, chef secteur adjoint de Gbalaou

« Nous avons beaucoup souffert ces jours-ci. On a eu à gérer les embouteillages ici durant deux semaines. Il y a même eu des morts ici. Quatre personnes sont mortes le jour des glissements de la boue. La première victime s’appelle Mamadou Bano Diallo, habitant de Wannindara (Conakry). Il a été emporté par les eaux, son corps a été retrouvé mais la moto n’avait pas été retrouvée. Il y a un jeune de Moriakhori et un autre qui sont décédés. Et puis, il y a un apprenti chauffeur d’un Magbana (mini bus) dont je ne connais pas l’identité qui est toujours porté disparu. Donc en tout, on a pu récupérer trois corps, et la quatrième victime n’a pas été retrouvée », a-t-il indiqué.

L’autorité locale déplore la gestion de cette crise par les autorités préfectorales de Coyah. « Ce qui nous a beaucoup énervés, c’est le silence des autorités de Coyah face à souffrance des gens ici. Le préfet de Coyah et ses proches sont tous à Coyah, ils ont entendu parler du glissement de terrain qui a bloqué la route. La seule chose qu’ils auraient dû faire, c’était de venir jeter un coup d’œil, voir au moins ce qu’il s’est passé. Mais, ils sont restés à la préfecture, le préfet n’est jamais venu voir ce qu’il s’est passé, ni même tenter d’assister les gens ici. Ça, n’est pas être un bon chef », a laissé entendre le chef de secteur adjoint.

Facinet Soumah, président de la jeunesse de Gbalaoui

Facinet Soumah, président de la jeunesse de Gbalaoui, a aussi des mauvais souvenirs de ce blocage de la route. Il souhaite que cette situation soit la dernière. « Les gens ont beaucoup souffert ici ces derniers jours. Comme les usagers, nous les riverains, nous avons aussi souffert. Les gens étaient bloqués dans les bouchons, il fallait souvent les assister. Par exemple, le jour où il y a eu le glissement de terrain, les jeunes sont sortis, nous avons assisté les usagers. Nous avons essayé pendant plusieurs jours d’enlever la boue sur la route. Cela, pour faciliter le passage…

Nous voulons que ce problème de route soit définitivement réglé. Il y a près de deux ans depuis que les autorités ont procédé à la pose de la première pierre pour la construction de cette route. Mais depuis, rien n’en est. Il n’y a pas eu de travail et la route est bloquée. C’est malheureux. Ici, c’est la route nationale n°1, les gens ne doivent pas souffrir ici. Nous souhaitons donc que l’Etat règle définitivement ce problème de route afin d’aider les citoyens guinéens », a-t-il lancé le jeune homme.

Alpha Amadou Soumah, premier imam de Gbalaoui

Alpha Amadou Soumah, premier imam de Gbalaoui, a observé aussi avec tristesse et amertume les souffrances des usagers de la route durant les deux dernières semaines sur place. Aujourd’hui, il pense que « l’Etat doit faire face à ce problème car le développement d’un pays n’est pas possible sans des bonnes routes. Aujourd’hui, le tronçon Kindia-Conakry est quasiment impraticable. J’ai quitté Kindia avant hier, mais la souffrance était à son comble. Tu es souvent obligé d’emprunter des taxis motos pour traverser certains endroits. Et ça, tout le monde sait comment c’est coûteux.

Parce que les conducteurs de taxis motos en ont profité pour augmenter les frais de transport. Normalement, le transport entre Kouria et Coyah, c’était à 5 mille francs, mais avec ces bouchons, ils ont augmenté 20 mille francs sur le tarif normal. Donc, le tronçon qui était à 5 mille était à 25 mille pendant cette période. Donc les gens ont beaucoup souffert ici. J’exhorte les autorités à revoir cette route afin d’aider la population, car elle souffre énormément », a dit l’imam de Gbalaoui.

A noter que depuis la fin des travaux qui étaient en cours sur cette route, les bouchons ont complètement disparu et la circulation est devenue fluide sur place. Est-ce la fin définitive du calvaire ? Rien n’est encore sûr.

De retour de Gbalaoui, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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