Le débat sur la pratique de l’excision a refait surface ces derniers temps dans notre pays. Deux groupes s’opposent de façon irréductible à ce sujet. Si les uns évoquent des raisons religieuses pour justifier la pratique, les autres balayent cet argument d’un revers de main et dénoncent les conséquences néfastes de l’excision sur la santé de la femme.

Pour évoquer cet épineux sujet, un reporter de Guineematin.com a donné la parole à Dr Djalikatou Diallo dans la journée d’hier, 03 septembre 2019. Sur la question, la députée et membre du RPG Arc-en-ciel est catégorique et fait partie des opposants catégoriques à l’excision.

Selon Dr Djalikatou Diallo, le combat contre l’excision doit se poursuivre pour que la Guinée quitte son classement peu honorable sur le plan mondial. « Cette pratique est néfaste pour la santé des filles. Elle est lourde de conséquences. Nous menons une lutte âpre pour que la tendance soit inversée. La Guinée occupe le deuxième rang au niveau mondial. C’est la tristement célèbre deuxième place derrière la Somalie en matière d’excision. Cela ne peut plus continuer. Il y a eu énormément de sensibilisation, beaucoup d’explications sur les effets néfastes de cette pratique pour la santé des filles et des femmes. Mais, on a l’impression que la vie des mauvaises habitudes est très tenace. Mais, il faut qu’on réussisse quand même à inverser la tendance ».

Dr Djalikatou Diallo, députée et membre du RPG Arc-en-ciel

Par ailleurs, Dr Djalikatou Diallo, au même titre que de nombreux citoyens, soutient que l’excision n’est pas une recommandation islamique. « Il faut que les femmes cessent d’exciser leurs filles parce que la religion ne le recommande pas. Ce n’est pas dans le Coran, ce sont des pratiques ancestrales qui se sont incrustées dans les mentalités, et jusqu’ici cette pratique continue. Nous sommes contre cela, parce que ça entraine beaucoup de conséquences chez les femmes à la longue », dit-elle.

Pour ce qui est des conséquences de l’excision, Dr Djalikatou a apporté des détails. « D’abord, les conséquences immédiates, il peut y avoir des infections, des hémorragies et voire des pertes en vies humaines. Les conséquences à long terme, elles sont aussi très nombreuses, dans la mesure où au moment de l’accouchement de la femme, il y a des déchirures périnéales qui peuvent entrainer beaucoup de pathologies. Après, ces femmes se retrouvent abandonnées par leurs propres familles avec les pathologies qu’elles ont. Donc, on doit éviter tout cela ».

Pour Djalikatou Diallo, l’argument selon lequel on pratique l’excision pour fidéliser la femme chez son mari, pour prévenir les grossesses précoces ou non désirées ne tient pas la route. « Cela ne tient pas la route. C’est une fausse interprétation et on doit arrêter cette pratique car ça n’existe nulle part dans le Coran. Il y a une année, un atelier a été organisé à Kindia où les imams religieux ont été invités. Les imams ont reconnu que ce n’est pas écrit dans le Coran. Donc, on doit arrêter cette pratique qui est une violation de l’intégrité physique et morale des filles. Au niveau du code pénal c’est réprimé, au niveau de la loi sur la santé de la reproduction, il y a des dispositions qui répriment. Au niveau du code civil, c’est réprimé. Donc, il faut que la loi soit appliquée pour mettre un terme à cette pratique en République de Guinée » a-t-elle martelé.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin