Oustaz Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam de la mosquée de Koloma

Le débat contradictoire sur la pratique de l’excision est loin de s’estomper d’autant plus que chaque camp soutient mordicus avoir raison. Les opposants à la pratique brandissent comme arguments les conséquences néfastes sur la santé de la femme et la non-prescription religieuse de l’excision. L’autre camp dément cette dernière version et soutient mordicus que l’excision est bien conseillée par l’islam. C’est le cas de l’imam de la mosquée de Koloma, Oustaze Mohamed Ramadan Bah.

Selon ce chroniquer islamique, la pratique de l’excision est rapportée dans certains hadiths du prophète de l’Islam. Il l’a dit dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com dans la journée d’hier lundi, 02 septembre 2019.

Sur le plan religieux, Oustaze Ramadan Bah a laissé entendre que la pratique de l’excision est autorisée par la religion musulmane. Selon lui, il n’y a certes pas un verset authentique du Coran qui parle de l’excision ; mais, la pratique est autorisée au regard de certains hadiths. « Il n’y a pas un texte dans le Coran qui parle de cette pratique. Et ce n’est pas ça seulement, qu’il n’y a pas de texte. Il y a beaucoup de choses. Nous savons que la législation en Islam, c’est le Coran et les hadiths du prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui). Les hadiths du prophète Mohamed (PSL), beaucoup n’ont pas compris ; un hadith, c’est la parole du prophète. Donc, en ce qui concerne l’excision, le prophète Mohamed (PSL) lorsqu’il est venu à Médine après l’immigration, il a trouvé une vieille femme qui pratiquait l’excision. Le Prophète Mohamed (PSL) ne l’a pas interdit. Plutôt, le Prophète a donné des conseils à la femme pour lui expliquer comment on doit le faire. Le prophète Mohamed (PSL) l’a conseillé de ne pas toucher la grande partie, mais de le pratiquer dans les règles de l’art. Donc, à partir du moment où le prophète Mohamed (PSL) ne l’a pas interdit, ça devient un hadith. Parce que c’est une pratique que le Prophète Mohamed (PSL) a observée et il ne l’a pas interdite », a laissé entendre l’imam de Koloma.

Par ailleurs, Oustaze Ramadan fait état d’un autre passage qui prouve que l’excision n’est pas une pratique interdite. « Il est dit par le prophète Mohamed (PSL) dans les livres de jurisprudence que quand les deux sexes circoncis et excisées se rencontrent, les grandes ablutions deviennent obligatoires. Ça aussi, c’est un hadith. Cela ne se trouve pas dans le Coran. Donc à partir de là, nous comprenons que cette pratique n’est pas interdite par la religion. Mais plutôt, elle est recommandée », a martelé notre interlocuteur.

Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam de la mosquée de Koloma

Plus loin Oustaze Ramadan a rappelé qu’on ne doit pas oublier aussi dans le Coran « Dieu nous dit que lorsque le prophète Mohamed (PSL) recommande quelque chose, il faut l’appliquer. Et lorsque le Prophète Mohamed (PSL) interdit une chose, il faut s’abstenir de le faire. Ça, c’est un verset du Saint Coran. Ce verset nous ramène sur les hadiths du Prophète Mohamed (PSL) qui a autorisé l’excision et qui se pratiquait à son temps. Donc, au nom de la religion, il n’y a pas à redire là-dessus », a-t-il dit.

En ce qui concerne les problèmes sanitaires que l’excision provoque chez la femme, l’imam s’interroge. « Aujourd’hui, la médecine moderne nous dit que cette pratique n’est pas bonne. Elle provoque des maladies et entraine parfois même la mort. Mais la question qu’on se pose, pourquoi nos grands parents qui la pratiquaient vivaient plus longtemps que nous ? Ils étaient beaucoup plus en bonne santé que nous… »

Devant la polémique autour de cette question, Oustaze Ramadan appelle les autorités religieuses à agir. « Cette question commence à faire des polémiques et ce n’est pas normal. Donc les autorités religieuses, à savoir le secrétariat général des affaires religieuses, la ligue Islamique, le conseil islamique, doivent nous aider pour trancher définitivement cette polémique, pour que tout le monde comprenne une fois pour toutes. Auparavant, il y avait des sermons qui venaient dans les mosquées et qui disaient aux gens de pratiquer l’excision. Mais ces derniers temps, ces sermons ne viennent plus. Donc, c’est aux autorités religieuses de venir en aide pour que tout le monde comprenne une fois pour toute », a-t-il conseillé.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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