Le président de la République, le Pr Alpha Condé, s’est adressé à la nation dans une allocution diffusée sur les antennes des médias dans la soirée d’hier mercredi, 04 septembre 2019. De nombreux acteurs politiques et de la société civile de Kankan ont réagi face à cette sortie présidentielle qui place désormais le Premier ministre au centre d’une consultation nationale. Les réactions sont contradictoires dans la ville de Kankan, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Au lendemain de cette allocution du chef de l’Etat, de nombreux observateurs se disent déçus de la prestation du président Alpha Condé. Selon eux, le président aurait dû clarifier sa position sur le débat autour de la modification ou du projet de nouvelle Constitution. Cet avis ne fait toutefois pas l’unanimité.

Dr Lounceny Chérif, président du conseil régional des organisations de la société civile de Kankan

Selon Dr Lounceny Chérif, président du conseil régional des organisations de la société civile de Kankan, cette sortie va dans le sens de l’apaisement. « Je fais une très bonne lecture de cette déclaration. A mon sens, elle a retardé. Mais, rien n’est tard tant que ça va dans le bon sens. Et l’analyse que j’en fais, c’est qu’elle en valait la peine. Bien sûr que ça va dans l’intérêt de la Guinée, parce que certains trouveront une autre lecture. Mais, en tant qu’acteur de la société civile, je pense que ça va dans le sens de l’apaisement et ça permet de dissiper beaucoup d’inquiétudes. La question du troisième mandat, je n’en parle pas. Tant que le premier intéressé n’en parle pas, je ne peux pas le devancer, et il faut qu’on évite de voir dans tous les propos du chef de l’Etat une insinuation du troisième mandat », a-t-il laissé entendre.

Le président de la République a instruit au Premier ministre d’entamer une série de consultations avec les forces vives de la nation pour connaitre la position de chacun sur toutes les questions, y compris celles qui fâchent.

Mamoudou Camara, secrétaire fédéral de l’UFR

Pour Mamoudou Camara, secrétaire fédéral de l’Union des Forces Républicaines (UFR), une modification constitutionnelle est impossible en Guinée. « Par rapport à cette allocution du président, il a demandé une consultation entre tous les acteurs des forces vives de la nation qui sera présidée par le Premier ministre. C’est une chose qui est prématurée, il y a des avis qu’on ne peut pas partager avec lui, notamment ceux qui sont liés à la modification de la Constitution. Le mandat, c’est 5 ans, renouvelable une seule fois, et pas plus. Il a demandé la tenue des élections législatives plutôt que possible, mais attendez, c’est absurde ça. Les élections doivent se préparer 6 mois à l’avance. Pour cela, il n’a fait que parler », soutient monsieur Camara.

Antoine Dogbo Guilavogui, secrétaire fédéral de l’UFDG

Même son de cloche chez Antoine Dogbo Guilavogui, secrétaire fédéral de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Pour lui, le moment est mal choisi pour une concertation. « La réalité est très claire. Après tout ce temps, il doit faire en sorte que la démocratie reste en Guinée. Les guinéens doivent faire une prise de conscience maintenant. Si Alpha croit qu’il peut avoir un troisième mandat, mais non, il se trompe. Moi, je suis allergique à ces façons de faire. Tous les guinéens qui veulent le bonheur de la Guinée doivent dire non. Regardez, les chefs de quartiers ne sont pas encore installés. Il veut encore qu’il y ait un autre vote, est-ce qu’il est démocrate ? Donc, il est un antidémocrate. Alpha Condé doit changer sa façon de faire pour qu’il y ait la paix dans ce pays », martèle le représentant du principal parti de l’opposition.

A noter que toutes nos tentatives pour avoir la réaction d’un responsable local du RPG sont restées vaines.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin