A l’occasion de la cérémonie de clôture des assises du conseil national des jeunes de son parti (tenues les 6 et 7 septembre dernier à Conakry), le leader de l’union des forces républicaines s’est exprimé sur la manière dont la Guinée est gouvernée depuis l’avènement, en 2010, du Pr Alpha Condé à la tête de ce pays.

Avec des propos teintés d’accusation de corruption et de détournement de deniers publics, Sidya Touré a laissé entendre que l’argent qui devait servir à construire des infrastructures (routes, hôpitaux, écoles…) et donner du travail aux jeunes, est aujourd’hui détenu par un groupe d’individus qui ne veut pas quitter le pouvoir, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était au siège de l’UFR.

Face à ses militants (qui lui ont gratifié d’un accueil chaleureux à son arrivée au siège du parti), le président de l’union des forces républicaines a dénoncé l’indifférence des autorités face aux multiples problèmes qui assaillent les guinéens.

« Quand j’ai dit que nous étions dans un Etat néant, ils ont dit : voilà ! Le président Sidya exagère. Mais, ces derniers temps-là, allez-y voir un sous-préfet, tentez de lui donner un document en imaginant un tant soit peu que ce document va être traité pour arriver à la préfecture, puis à l’administration du territoire. Vous allez voir s’il y a un Etat. D’abord, les préfets et les sous-préfets n’ont même pas de secrétaire. Et puis, aujourd’hui, les machines ne sont plus mécaniques. Ce sont des machines électriques. Et, nous n’avons pas de courant. Quand vous avez à faire à des problèmes comme ceux que nous avons connus ces derniers temps dans ce pays, avec les fortes pluies et les routes qui sont parties dans tous les sens, dans n’importe quel Etat, il y a une solution. Il s’agit de réunir les ministres pour dire voilà les problèmes et que des décisions d’urgences soient prises et appliquées. Mais, nous on a eu quoi ? Rien du tout ! Voilà l’Etat néant », a dénoncé Sidya Touré, tout en accusant le pouvoir en place d’avoir focalisé le débat en Guinée sur le changement de la Constitution et le troisième mandat.

Pour l’ancien Haut représentant du chef de l’Etat, ce comportement du pouvoir actuel est dû simplement au fait que le mandat de l’actuel président de la République tire à sa fin.

« Si on voulait changer la constitution, on l’aurait fait en 2011, 2012. Mais, c’est parce que le mandat est terminé et qu’on trouve qu’être président en Guinée est trop doux. Il y a l’argent et on n’a rien à faire. Donc, on doit continuer. Mais, nous n’accepterons pas un troisième mandat octroyé ici à Alpha Condé », a averti Sidya Touré.

Par ailleurs, le leader de l’UFR a indiqué qu’il y a trop d’argent en jeu dans la situation actuelle de la Guinée. Avec des mots qui cachent des accusations de corruption et de détournement de deniers publics, Sidya Touré pointe du doigt un groupe d’individus qui détiendraient tout l’argent du pays.

« Tout l’argent que vous ne voyez pas pour faire des routes, des hôpitaux, des écoles ; pour vous donner du travail, faire en sorte que vous ayez l’eau, l’électricité et l’assainissement est détenu par un groupe d’individus qui n’a pas envie de quitter là (le pouvoir)… Ils ont les fonds publics ; et, tous les jours on vit des scandales qui ne s’arrêtent pas », a dénoncé le président de l’union des forces républicaines.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tel : 622 97 27 22

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