Depuis la semaine dernière, l’Afrique du Sud enregistre des « émeutes xénophobes ». Ces violences dirigées contre « les étrangers » ont fait au moins 10 morts et causées d’importants dégâts matériels à Johannesburg, la plus grande ville du pays. On apprend qu’une autre personne a été tuée hier, dimanche 08 septembre 2019, dans un quartier défavorisé de la capitale économique du pays de Nelson Mandela.

Selon les informations relayées par presse sud africaine, c’est une foule de plusieurs centaines de personnes demandant le départ « des étrangers », qui s’est livrée à un pillage systématique de magasins situés dans un quartier défavorisé du centre de Johannesburg. La police est intervenue par des « tirs de balles de caoutchouc et de grenades paralysantes » pour disperser la foule. Mais, une personne y a tout de même perdu la vie dans ces violences survenues dans l’après-midi. Ce nouveau décès a été confirmé par la police à Johannesburg.

« Nous pouvons confirmer qu’une personne a été tuée dans les violences de l’après-midi. Mais, nous ne connaissons pas les causes de sa mort, ni qui en est à l’origine », a dit à l’AFP Xlolani Fihla, le porte-parole de la police de Johannesburg.

De son côté, le porte-parole de la police nationale sud-africaine, le capitaine Kay Makhubele, tout en confirmant ce décès, a annoncé que cinq (5) personnes ont également été blessées ; et, seize autres ont été interpellées.

Avec un taux de chômage qui serait de 29%, l’Afrique du Sud enregistre souvent des violences xénophobes. Et, les émeutes de ces derniers jours suscitent colère et indignation sur le continent où certains pays appellent déjà leurs citoyens vivant dans ce pays à la vigilance et à la prudence.

« Au Nigéria, des manifestations de représailles ont déjà été organisées contre les intérêts sud-africains ; en République Démocratique du Congo, le consulat de l’Afrique du Sud et un magasin d’enseigne sud-africaine ont été attaqués à Lubumbashi », rapporte le journal ‘’Le Monde’’.

Dans un courrier adressé à son homologue du Nigéria (dont les citoyens seraient parmi les victimes majoritaires de ces attaques), le président Guinéen, Alpha Condé, a dit que « ces violences xénophobes sont d’autant plus douloureux que pendant près de 30 ans, les peuples africains ont combattu avec véhémence le régime de l’Apartheid ».

L’actuel chef de l’Etat guinéen et ancien président en exercice de l’Union africaine assurent que « ces malheureux actes de violences démontrent non seulement la nécessité de bâtir une communauté africaine plus forte, mais aussi celle de revoir le système éducatif qui occulte souvent l’enseignement de notre histoire commune ».

A noter qu’en tant que première puissance industrielle du continent, l’Afrique du Sud attire de nombreux jeunes africains. Mais, avec le taux de chômage très élevé et les disparités socio-économiques que connaît la « nation arc-en-ciel », des violences xénophobes y sont souvent enregistrées. Des violences qui ciblent les étrangers qui sont soupçonnés de « voler les emplois » dans le pays.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tel : 622 97 27 22

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