Contrairement aux années passées, la région de Kankan fait face à une faible pluviométrie en cette période hivernale. La situation est jugée très préoccupante par les responsables du service météorologique local basé au quartier Météo dans la commune urbaine de Kankan, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La région de la savane guinéenne connait une diminution régulière de la pluviométrie, notamment pour les trois (3) dernières décennies. De nombreux facteurs, notamment provoqués par l’être humain, sont à l’origine de ce drame silencieux. Une situation qui inquiète les citoyens, mais surtout les spécialistes de la météorologie.

Selon Koumbozono Béavogui, observateur météo en service au centre météorologique de Kankan « de 1989 à cette année 2019, nous constatons que la pluviométrie ne cesse de baisser à un rythme très inquiétant. L’exception est survenue seulement au cours de l’année passée où nous avons même enregistré de terribles inondations dans la commune urbaine. En termes de comparaison, si nous prenons le mois de juillet 2018 et celui de 2019, nous avons connu un excédent de 5, 4 millimètres au cours du premier. Mais au cours de celui-ci, on était vraiment à un très faible niveau ».

Parlant des causes et des conséquences de ce déficit hydrique, Koumbozono Béavogui a fait savoir que c’est toute notre existence du futur qui est en danger. « D’abord, la première explication c’est la croissance démographique. Il y a aussi une mauvaise gestion de nos espaces forestiers et culturaux, les feux de brousse, la coupe abusive des bois. Tout cela affecte sérieusement la profondeur de nos cours d’eau, occasionne la précocité ou la tardiveté des cultures. Il y a aussi le risque imminent d’apparition de nouvelles épidémies. Nous vivons en ce moment des moments critiques et difficiles. Le climat a changé », a-t-il laissé entendre.

Pour faire face à cette situation, notre interlocuteur préconise un certain nombre de comportements à observer. « La population doit consulter la météo. Les projets de construction des barrages, par exemple, doivent être exécutés sur le terrain en tenant compte des paramètres météorologiques ; protéger nos espaces de forêt. Il est certes difficile d’empêcher la croissance démographique, mais il faut beaucoup miser sur le reboisement des espaces déjà dégradés et lutter contre les pratiques néfastes le long des cours d’eau », a-t-il conseillé.

Alors que la saison pluvieuse tire à sa fin, l’on se demande quelle sera la conséquence de cette faible pluviométrie sur le rendement de la campagne agricole 2019 dans la région.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla, pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Alpha Guineematin.com