Plusieurs cultures sont sérieusement menacées cette année à Koumbia, sous-préfecture relevant de la préfecture de Gaoual. Cette situation est due aux effets des changements climatiques, a appris Guineematin.com de paysans locaux.

Selon Alsény Barry, agent technique agricole de Koumbia, les changements climatiques ont provoqué une perturbation du cycle pluviométrique dans cette localité de la Guinée. Ce qui risque de compromettre sérieusement la campagne agricole de cette année. « A cause des changements climatiques, le cycle pluviométrique est sérieusement perturbé ici. Cette année par exemple, à cause du retard des pluies, les gens ont perdu du temps avant de commencer les travaux de labour. Ce qui risque de se répercuter sur les récoltes. Quand le temps du semis a commencé, il y a eu aussi une interruption des pluies. Voyez-vous au mois d’août, les gens ont passé 10 jours sans la moindre goutte de pluie », a-t-il expliqué, craignant sérieusement les conséquences de cette situation sur les récoltes de cette année.

Alseny Barry, agent agricole à Koumbia

Mais, notre interlocuteur rappelle que ce n’est pas la première fois que les agriculteurs de Koumbia subissent les effets des changements climatiques. En 2017 et 2018, des inondations ont causé d’importants dégâts dans la localité. « Les gens ont perdu des habitations, du cheptel, de la volaille, des denrées alimentaires et des biens. Sans oublier que ces pluies diluviennes ont fini par détruire des cultures. Ce qui a eu des conséquences fâcheuses sur les récoltes. Difficilement, certains ont eu des semences. Et cette année, au début des labours dans le Bowé, des charançons sont apparus et ont détruit par endroits les semences surtout les arachides ».

En plus des calamités naturelles, Alsény Barry explique que les agriculteurs de Koumbia sont confrontés à d’autres problèmes, comme le manque de matériels. « Tout Koumbia, avec près de 50 mille habitants, n’a qu’un seul tracteur disponible pour les labours. Ce qui est nettement insuffisant pour l’exploitation des plaines. Et pour résoudre ce problème, il nous faut au moins 10 tracteurs et des charrues pour l’exploitation des 2000 hectares. Les paysans manquent également de moyens, et le personnel technique d’encadrement est nettement insuffisant », souligne cet agent agricole.

En attendant de véritables solutions à ces différents problèmes, M. Barry conseille les paysans à rester en contact avec les agents agricoles, et surtout de former des groupements. « C’est à travers les groupements agricoles que les interventions sont possibles et faciles pour résoudre les nombreux problèmes que nous venons d’aborder ici. Je rappelle que l’un des problèmes soulevés par les paysans est la rareté des projets agricoles. Les seules qui évoluent sur le terrain c’est la fédération des paysans du Fouta Djallon et la Fédération maraichère Bowé-Badiar, et souvent avec des moyens limités. Cette tendance devrait être changée, puisque le développement c’est à la base, et l’agriculture est le secteur le plus pratiqué par les populations », a-t-il souligné.

De retour de Koumbia, Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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