Après les engagements pris récemment par les présidents Alpha Condé et Georges Wéah, l’heure est à la matérialisation des promesses, notamment dans le secteur de la défense entre la Guinée et le Libéria. Une conférence de presse conjointe a été organisée à cet effet à Conakry ce mardi, 10 septembre 2019, par les autorités militaires des deux pays. La démarche vise à mettre en place un dispositif sécuritaire renforcé le long des frontières des deux pays en vue de sécuriser davantage les personnes et leurs biens, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette conférence de presse conjointe coïncide à la deuxième réunion de planification des forces armées libériennes et guinéennes à Conakry. Selon le Colonel Michaël Ange Bangoura, président du comité technique de la planification de la réunion des forces armées guinéennes et libériennes, les nombreuses visites réciproques effectuées par les autorités des deux pays ont ouvert la voie à la diversification de la coopération militaire. Selon lui, à l’issue de ces visites, « il a été question qu’aucun pays ne serve de base arrière pour déstabiliser l’autre pays. Cet engagement ferme a été donné par les autorités libériennes qui en première position nous ont rendu visite ici en Guinée.

L’initiative a été prise que les deux pays mettent en place deux comités techniques, qui vont travailler pour faire en sorte que la sécurité soit perceptible au niveau de nos populations. C’est dans ce cadre qu’une délégation technique s’est rendue à Monrovia les 22 et 23 juillet et nous nous sommes dit que sur le plan militaire, ayant reçu l’ordre des politiques, il était mieux de projeter une opération conjointe le long de nos frontières, avec des objectifs bien déterminés, pour rassurer les populations, pour leur dire qu’elles ne sont pas du tout oubliées,

Et, faire en sorte que les personnels des forces armées guinéennes et les forces armées libériennes travaillent conjointement dans un même cadre et au finish que les populations soient rassurées de l’impact de la présence de leurs forces armées respectives. C’est dans ce cadre là que les techniciens ont poursuivis leurs travaux ici à Conakry hier et aujourd’hui ».

Par ailleurs, le Colonel Michaël Ange Bangoura a indiqué que c’est un processus qui vient de commencer et qui va continuer dans le but de faire en sorte que la quiétude règne le long de nos frontières et dans nos pays respectifs. « C’est pour vous dire que nous sommes des pays limitrophes, nous sommes dans la même région qui est la CEDEAO. Nous nous engageons à vivre dans un climat de paix. Et, l’instrument pour apporter cette paix passe par les forces armées guinéennes à travers l’opération conjointe. (…)

Sur le plan militaire, la zone concernée, c’est la 4ème région militaire. La 4ème région militaire part de Gueckédou, en passant par Macenta, N’zérékoré, Lola, jusqu’à Beyla. Mais, sur le plan administratif, c’est la région de N’Zérékoré. Parce que toute la grande frontière qui nous lie avec le Liberia, part de Lola jusqu’à Gueckédou. Donc ça, ce n’est qu’une première opération conjointe. Nous allons par la suite parcourir toute la frontière, de part et d’autre ; et quand il sera question de poursuivre avec d’autres aspects, nous le ferons », a-t-il ajouté.

De son côté, la Générale de brigade et cheffe d’Etat Major Général adjointe des forces armées libériennes, Géraldine Georges, a fait savoir que son pays a traversé une période de crise. Selon elle, le Libéria n’est pas le seul pays de la sous-région à avoir souffert de cette crise. « Nous savons que la crise que notre pays a traversé s’est étendue dans d’autres pays. Pour donc éviter à notre pays de retomber dans une crise comme celle-ci, nous avons décidé de faire une manœuvre conjointe le long de nos frontières pour détecter et mettre fin à la criminalité transfrontalière et donner l’assurance aux populations…

Cette expérience est une première avec la Guinée. Nous avons des opérations comme ça avec la Côte d’Ivoire. La raison de cette opération avec la Guinée est que le pays a un contingent au Mali, la Côte d’Ivoire également, ainsi que le Liberia. Mais ce qui se passe en Côte d’Ivoire, le Libera et la Guinée ne sont pas loin de subir ces choses. Et, nous savons tous que nous avons de très longues frontières, qui sont aussi des frontières poreuses.

Les criminels usent de ces endroits pour entrer dans les pays et entreprennent des actions criminelles. C’est pour cette raison que nous essayons d’organiser ces opérations. Il y a un dicton au Libéria qui dit que mieux vaut tard que jamais. Même si ça a pris du temps, nous comprenons que c’est le moment pour nous de s’unir et de mener cette opération », a-t-elle laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél: 621 09 08 18

Facebook Comments

Commentaires

Alpha Guineematin.com