Après avoir longtemps séjourné en Algérie et au Maroc dans le but de se rendre en Europe, le jeune Ousmane Bangoura s’est vu dans l’obligation de rentrer en Guinée. Aussitôt revenu, ce rescapé du Sahara et de l’enfer maghrébin, s’est retrouvé à la maison centrale de Coronthie, accusé d’abus de confiance et de vol sur un montant de 48 millions de FG par son ancien associé, Mohamed Lamine Cherif, frigoriste au quartier Dixinn. Son procès s’est ouvert ce mercredi, 11 septembre 2019, au tribunal correctionnel de Dixinn, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ousmane Bangoura a répondu aux questions du juge au tribunal de Dixinn dans une affaire d’abus de confiance et de vol présumés de 48 millions de FG. Ces infractions auraient été commises en 2018. Après son retour au pays, Ousmane Bangoura été mis aux arrêts et placé sous mandat de dépôt le 23 juillet 2019.

A la barre, le jeune homme a nié en bloc les faits articulés contre lui. « Je vendais dans son magasin des congélateurs et je lui rendais l’argent. Il me paye 200 mille francs guinéens par mois. On a travaillé un an et quelques mois ensemble. Un jour, il m’a accusé de vol d’une bouteille de gaz. Il y a eu altercation entre nous. Cela m’a poussé à quitter le magasin. Je suis allé au village, à Coyah. Après, je suis allé en aventure. Je suis allé au Mali, puis en Algérie et après au Maroc.

Trois semaines après mon arrivée en Algérie, c’est ma maman qui m’a appelé pour me dire que Mohamed Lamine Cherif est venu lui dire que j’ai volé son argent qui se trouvait dans son coffre-fort. Or, moi je n’ai jamais touché à son coffre fort, je n’ai jamais déposé de l’argent là-bas, et il ne m’a jamais remis les clefs de son coffre-fort. Comme je n’ai pas pu traverser pour aller en Europe, je suis revenu en Guinée. C’est ainsi qu’il m’a mis aux arrêts. Mais, je ne connais rien dans cette affaire », a-t-il insisté.

De son côté, le plaignant Mohamed Lamine Cherif soutient mordicus que c’est Ousmane Bangoura qui a pris son argent en défonçant son coffre-fort. « Son rôle, c’est de venir ouvrir le magasin. Il est venu prendre la clef chez sa tente où on confie la clef pour aller ouvrir le magasin. Ce jour, il est venu prendre la clef à 7 heures. Il est allé ouvrir le magasin. Il a gâté le coffre-fort à l’aide d’un tournevis. Il a pris les 48 millions de francs guinéens. Il était avec quelqu’un qui confectionne les clefs-minutes. Il a refermé le magasin et il a voyagé avec son compagnon », a expliqué le plaignant.

Poursuivant sa narration des faits, Mohamed Lamine Cherif dira que c’est un peu plus tard qu’il va découvrir la « supercherie ». « Je suis venu à 8 h 30. J’ai trouvé que le magasin est fermé. Je suis allé chercher la clef là où on a l’habitude de la confier. La dame me dit qu’Ousmane Bangoura est venu prendre la clef le matin et il l’a ramenée aussitôt. J’ai pris la clef, je suis allé ouvrir le magasin et j’ai trouvé que le coffre-fort est gâté. J’ai attendu Ousmane Bangoura jusqu’à 11 heures. Il n’est pas venu. C’est par après que les gens m’ont dit qu’il est parti à son village, à Coyah ».

Pour ce qui est de leurs relations avant qu’on en arrive là, le plaignant a fait savoir que pendant les deux ans qu’ils ont travaillé ensemble, son employé ne l’a jamais volé de l’argent. « On a travaillé ensemble pendant 2 ans. Mais, il ne m’a pas volé de l’argent, et je ne lui ai jamais donné les clefs du coffre-fort. Seulement, il m’a volé une bouteille de gaz. Sept mois après ce vol, il est venu défoncer le coffre-fort pour prendre ce montant de 48 millions de francs guinéens. Et, il a voyagé sans me dire au revoir », a-t-il ajouté.

Dans ses réquisitions, le procureur Boubacar 1 Bah, après avoir relaté les faits, a dit que les infractions d’abus de confiance et de vol ne sont pas établies a l’encontre du prévenu. « Dans cette affaire, il n’y a pas eu d’abus de confiance parce qu’il n’y a pas eu remise de l’argent ou d’un bien que le prévenu a refusé de rendre. Donc pour l’abus de confiance, le ministère public demande de le relaxer pour délit non établi. En ce qui concerne le vol, il est difficile de défoncer un coffre-fort le matin à Dixinn sans que cela ne retienne l’attention des gens.

L’effraction d’un coffre-fort demande beaucoup d’efforts. Donc, le ministère public ne peut pas imputer ce vol à Ousmane Bangoura. La partie civile elle-même a dit qu’elle n’a jamais remis la clef du coffre-fort à Ousmane Bangoura. C’est pourquoi, le ministère public vous demande de relaxer purement et simplement Ousmane Bangoura pour délit non constitué », a dit le procureur.

Le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 18 septembre 2019.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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